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[Etudes] Moins d’une start-up sur dix dans les technologies de pointe est fondée par une femme

L'Observatoire des brevets et des technologies de l'OEB publie une nouvelle étude consacrée aux femmes dans les STIM. Elle met en évidence la lenteur des progrès ainsi que les écarts persistants dans les dépôts de brevets, l'entrepreneuriat deep tech, les professions liées aux brevets et les trajectoires de carrière des titulaires de doctorat.


Publié à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, le rapport fournit des données paneuropéennes solides pour appuyer la stratégie de l'UE en matière d'égalité entre les femmes et les hommes, les objectifs de l'Espace européen de la recherche et l'ambition de l’Europe de renforcer sa souveraineté technologique dans le cadre du Nouvel agenda européen de l'innovation.

 

« L'Europe a tout à gagner à encourager la participation des femmes à l'innovation, a déclaré António Campinos, président de l'OEB. La diversité n'est pas un simple atout, c'est le moteur des innovations de rupture. Cette étude met en évidence les obstacles persistants sur la voie du progrès, afin que l'Europe puisse libérer tout son potentiel d'innovation dans la recherche, les brevets et l'entrepreneuriat.

L'OEB joue un rôle actif dans cette mission. Aujourd'hui, environ un quart de nos examinateurs sont des femmes, et ce chiffre augmente chaque année grâce à des efforts de recrutement ciblés. L'année dernière, 31% des nouveaux examinateurs recrutés étaient des femmes, et la proportion de femmes dans notre programme pour les jeunes professionnels est restée supérieure à 50%, ce qui garantit un solide vivier de talents pour l'avenir. »

 

L'étude montre que la part des inventrices en Europe n'a progressé que marginalement ces dernières années, atteignant 13,8% en 2022 (contre 13% en 2019). Bien que les femmes soient de plus en plus présentes au sein des équipes d'inventeurs, elles restent nettement moins susceptibles d'être désignées comme inventrices individuelles, ce qui souligne la persistance d’obstacles structurels. Parmi les pays européens, le Portugal et l'Espagne se distinguent par des tendances prometteuses avec les écarts les plus faibles.

 

Les femmes restent fortement sous-représentées dans l'entrepreneuriat deep tech

 

L'écart entre les sexes est particulièrement marqué dans les start-up déposant des brevets : seules 13,5% d’entre elles comptent une femme parmi leurs fondateurs. Les écarts au sein de l’Europe sont importants : L'Espagne, le Portugal et l'Irlande affichent les taux de participation féminine les plus élevés, tandis que les Pays-Bas, l'Autriche et l'Allemagne enregistrent les taux les plus faibles. Ces résultats interviennent alors même que la stratégie industrielle de l'UE et le Conseil européen de l'innovation (EIC) insistent sur l'importance d’écosystèmes d'innovation inclusifs pour renforcer la compétitivité de l'Europe dans les technologies stratégiques.

 

Les start-up les plus récentes affichent une proportion plus importante de femmes fondatrices (14% dans les jeunes entreprises, contre environ 5,9% dans celles établies depuis plus de 20 ans), ce qui suggère que les nouvelles structures deviennent plus diversifiées. Cependant, les entreprises cofondées par des femmes semblent rencontrer davantage de difficultés à changer d’échelle : leur représentation diminue lors des tours de financement ultérieurs, plus avancés.

 

Des écarts qui se creusent au fil du temps et un potentiel d'innovation inexploité

 

Dans tous les pays, les femmes restent sous-représentées parmi les titulaires de doctorat impliqués dans des dépôts de brevets, alors même qu’elles sont fortement représentées au niveau doctoral. L'écart se creuse à chaque étape de la carrière, illustrant la persistance du phénomène du « tuyau percé », particulièrement visible lors du passage de la recherche à la commercialisation des inventions. L'étude montre également que les recherches menées par les femmes présentent une capacité d’innovation comparable à celles conduites par des hommes. La faible participation des femmes aux dépôts de brevets ne s’explique donc pas par un manque de résultats scientifiques de qualité mais plutôt par des facteurs sociaux, institutionnels et économiques qui influencent les trajectoires professionnelles.

 

La participation des femmes varie fortement selon les domaines technologiques. Les produits pharmaceutiques (34,9%), les biotechnologies (34,2%) et la chimie alimentaire (32,3%) affichent les proportions les plus élevées d’inventrices, reflétant une présence féminine plus forte dans la recherche axée sur les sciences de la vie. En revanche, plusieurs domaines d’ingénierie à forte intensité de brevets enregistrent les niveaux les plus bas : les machines-outils (5,7%), les processus de communication de base (5,5%) et les éléments mécaniques (4,9%) figurent en bas du classement. Les universités et les organismes publics de recherche présentent de loin la proportion la plus élevée d'inventrices (24,4%), tandis que les PME et les déposants individuels de brevets affichent les taux de participation les plus faibles.

 

Réduire l’écart entre les sexes dans les professions liées aux brevets

 

L’étude adopte une approche multidimensionnelle de la contribution des femmes dans les domaines de
la science et de l'innovation, au-delà du seul rôle d’inventeur (et donc de des dépôts de brevets).
Elle montre que les femmes sont également de plus en plus présentes dans les professions qui font fonctionner le système d'innovation : elles représentent désormais 29,2% des avocats spécialisés en brevets européens, une proportion en hausse. Ces évolutions positives soutiennent les efforts plus larges menés à l’échelle européenne pour promouvoir la diversité et l'inclusion dans les domaines scientifiques et technologiques.

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