Le Conseil National de la Transition Écologique, dont le Réseau Action Climat est membre, a voté à l’unanimité le 19 février 2026 l’avis portant sur la Stratégie nationale bas carbone (SNBC3).
Cet avis reconnaît
ainsi la nécessité que la SNBC3 fasse rapidement l’objet de déclinaisons
opérationnelles, précises et chiffrées et la nécessité de mettre en cohérence
l’ensemble des politiques publiques avec cette stratégie.
Il appelle par exemple
à ce que le Programme National Nutrition Santé intègre une trajectoire
explicite et partagée d’évolution des régimes alimentaires vers une
consommation moindre, plus qualitative et mieux valorisée, des produits
animaux, notamment de la viande.
Pour le CNTE, une
attention toute particulière doit être apportée au renforcement du levier de la
sobriété, indispensable à l’atteinte des objectifs fixés. Tout comme à
l’intégration renforcée des enjeux sociaux, notamment pour les ménages les plus
modestes, sachant que les objectifs de rénovations énergétiques d’ampleur ont
été révisés à la baisse alors que la précarité énergétique touche plus de 3
millions de ménages en France.
Un plan
d’électrification a été annoncé devant le CNTE par la ministre de la Transition
Écologique au printemps et concerne quatre secteurs en particulier :
l’industrie, les transports, le numérique et le logement. Le Réseau Action
Climat attend que ce plan intègre pleinement le levier de la sobriété et veille
à permettre au plus grand nombre, en particulier à celles et ceux qui
aujourd’hui n’en ont pas les moyens, d’accéder pleinement aux solutions et donc
aux bénéfices de la transition écologique.
Si le gouvernement ne
met pas rapidement sur la table des politiques publiques ambitieuses et des
financements renforcés en faveur de la transition écologique, la SNBC3, dont la
mise en consultation publique va être lancée avant son adoption définitive par
décret d’ici avril à mai 2026, risque rapidement de faire office de vœux pieu.
Pour le Réseau Action
Climat, la SNBC3 a le mérite de fournir un cadre structurant pour permettre à
la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050, sans recours aux crédits
carbone internationaux. Par ailleurs, et pour la première fois, y figurent l’inscription
d’objectifs sur les soutes internationales ainsi que d’objectifs indicatifs de
réduction de l’empreinte carbone de la France.
Si ces avancées
méritent d’être saluées, le Réseau Action Climat rappelle que les objectifs
fixés par la SNBC3 sont loin de correspondre à la réalité actuelle de la baisse
des émissions.
Depuis 2024, les émissions baissent à un rythme bien trop lent.
Selon les chiffres du CITEPA, la réduction n’a été que de 1,8 % en 2024 et ne devrait atteindre que 1,6 % en 2025, loin des 4,6 % annuels nécessaires d’ici 2030 pour atteindre la neutralité carbone en 2050. En cause : les multiples reculs, stagnations et coupes budgétaires ayant affecté le rythme de la transition écologique.


