«
Shopper sans bouger du canapé ».
Alors qu’auparavant les Français « faisaient les magasins », ils font désormais leur shopping sans bouger de chez eux, entre deux gratins au four ou deux épisodes de série. Ce geste, en apparence banal, raconte une petite révolution silencieuse qui se joue dans les salons français, comme le révèle l’étude intitulée « SOFA so good : shopper sans bouger du canapé », réalisée par BNP Paribas Personal Finance.
Le canapé est devenu le nouveau cœur du
commerce : un lieu de détente, mais aussi un espace de décision et d’achat,
souvent massif. Le smartphone, toujours à portée de
main, s’impose comme l’outil numéro un de ce shopping domestique, il
simplifie le parcours d’achat, l’accélère et rassure le consommateur.
Parallèlement, l’intelligence artificielle redéfinit le conseil et le choix, en
accompagnant, guidant et parfois même en influençant la décision.
Le canapé est devenu le nouveau centre commercial
Pendant longtemps, faire ses achats signifiait sortir en ville, dans une
galerie marchande ou chez un commerçant. Aujourd’hui, avec l’essor d’Internet,
une large majorité de Français consomme sans quitter son domicile. Ainsi, 72%
d’entre eux admettent acheter des biens et des services en ligne au moins une
fois par mois. Parmi eux, une écrasante majorité (93%) effectue ces achats
depuis leur domicile. Au total, 68% des Français achètent en ligne depuis chez
eux au moins une fois par mois : ce sont les consommateurs SOFA.
L’intérêt de l’achat à domicile est de permettre au commerce de venir à
soi, plutôt que de devoir se déplacer, et c’est précisément ce qui séduit les
Français : 75% de ceux qui achètent en ligne moins d’une fois par semaine
pourraient augmenter la fréquence de leurs achats depuis leur domicile.
Le confort est une des principales raisons pour lesquelles les Français
réalisent leurs achats en ligne depuis leur domicile plutôt qu’ailleurs
(transports en commun, travail…). Ce qui explique que le canapé soit le lieu
privilégié pour consommer en ligne pour 40% d’entre eux, loin devant le bureau
(27%) et la table (17%).
Cette dynamique est également portée par le prix des biens et services,
composante majeure de cette économie. Ce sont ainsi 67% des consommateurs SOFA
qui admettent que les offres spéciales, les promotions et l’accès à des prix
plus attractifs pourraient les inciter à acheter plus fréquemment en ligne
depuis chez eux. La possibilité d’être livré à domicile constitue aussi un
levier important : près de 4 d’entre eux sur 10 (38%) indiquent que ce confort
les encouragerait à augmenter leur fréquence d’achat.
Des freins à la consommation en ligne existent pourtant : 48% des
Français citent leur préférence pour le contact humain et le service en
magasin, tandis que 41% évoquent les coûts de livraison jugés trop élevés,
susceptibles de les dissuader d’acheter plus fréquemment en ligne depuis leur
domicile.
Le téléphone est devenu la télécommande des achats des Français
La démocratisation des smartphones a entraîné de nombreux changements
dans les habitudes de consommation des Français. Aujourd’hui, 65% des
consommateurs SOFA déclarent réaliser leurs achats depuis leur téléphone, alors
que l’ordinateur portable est utilisé par 54% et l’ordinateur fixe par
seulement 29%. Rapide, intuitif et toujours à portée de main, contrairement à
l’ordinateur, le smartphone s’impose désormais comme le panier idéal pour faire
ses achats. Elément surprenant : les jeunes ne sont pas les seuls à utiliser
massivement ce canal. Les plus de 50 ans s’approprient aussi le téléphone pour
leurs achats, notamment pour les courses alimentaires, le high-tech ou les
produits du quotidien.
Au-delà du support utilisé, l’étude met en avant les plateformes sur
lesquelles les consommateurs SOFA réalisent leurs achats. Les plateformes
spécialisées dans le e-commerce et les marketplaces sont incontestablement les
plus utilisées (57%), loin devant les boutiques en ligne des marques et
magasins physiques (21%), et les sites de seconde main (10%).
Les produits jugés les plus faciles à acheter en ligne par les
consommateurs SOFA sont les équipements de sport (86%), les produits de
bien-être et le maquillage (86%), ainsi que les équipements électroniques,
informatiques et high-tech (86%). A l’inverse, les produits d’alimentation
périssable et les boissons sont perçus comme plus complexes à acheter en ligne
depuis son domicile : 35% des consommateurs SOFA les considèrent comme moins
faciles à acquérir par ce canal.
L’IA commence à décider avec le consommateur, voire à sa place
L’étude s’intéresse aux outils utilisés par les consommateurs dans leur parcours d’achat. Sans surprise, les moteurs de recherche (Google, Qwant, Bing…) restent incontournables : 94% des consommateurs SOFA ont déjà réalisé un achat en les utilisant. Toutefois, l’arrivée de l’intelligence artificielle générative (IA Gen) pourrait profondément rebattre les cartes. Ainsi, plus d’un sur 2 (54%) affirme avoir déjà acheté un produit à la suite d’une recherche effectuée via une IA Gen (ChatGPT, Gemini, Copilot, Perplexity…). Ce n’est donc plus seulement le consommateur qui cherche un produit, c’est aussi l’IA qui l’aide à trouver, voire à choisir. Avec l’intégration de publicités ciblées et de marques au sein de ces interfaces, l’utilisation de l’IA dans le processus d’achat du consommateur devient un véritable enjeu commercial. Le commerce n’est plus seulement digital, il devient conversationnel, redessinant la façon dont les consommateurs découvrent, comparent et achètent les produits.
Selon Vincent Sussfeld, Directeur Général Délégué de BNP Paribas Personal Finance « Notre étude SOFA illustre un véritable changement culturel. Nous ne consommons plus uniquement pour répondre à un besoin : nous consommons dans un moment, dans un espace personnel, intime, familier. Le commerce s’est invité dans notre quotidien… sans faire de bruit. Le canapé n’est plus seulement un meuble : il est devenu le premier point de contact entre les Français et le commerce moderne, ce qui représente une vraie révolution ! La SOFA Economics ou l’économie depuis le canapé s’impose donc comme un révélateur des profondes mutations de notre société digitale. Elle ouvre des opportunités inédites pour les entreprises capables d’innover et de placer l’expérience client au cœur de leur stratégie. Mais elle invite aussi à la vigilance : fragmentation des usages, risques d’exclusion, enjeux environnementaux et nécessité de préserver un équilibre entre praticité numérique et lien social ».


