Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Etudes] Vieillir en bonne santé chez soi, une priorité pour 8 seniors européens sur 10

« Choc démographique en Europe : quand la consommation change d'âge »

 

Une étude européenne réalisée dans 10 pays auprès de 10 792 personnes, dont plus de 3 000 en France.

 

Alors que la dénatalité s’accélère en Europe, le vieillissement de la population, réel enjeu de société, devient un sujet clé de transformation de la consommation des ménages. Cette 38ème édition de l’Observatoire Cetelem de la Consommation met en évidence l’impact du vieillissement de la population sur la transformation structurelle de la consommation des ménages en Europe.

 

 

Le moral est bon en Europe, les Français restent les plus pessimistes

 

Malgré des crises internationales qui s’inscrivent durablement dans les esprits, le moral des Européens à l’égard de leur pays reste bon et stable en 2026. Ainsi, la note sur une échelle de 1 à 10 pour décrire la situation de leur pays atteint 5,2 points pour la seconde année consécutive. La France s’illustre est toujours à contre-courant, enregistrant avec la Roumanie la note la plus basse : la perception de la situation globale du pays s’établit à 4,7 points cette année (+0,1 point par rapport à 2025).

 

Concernant la situation personnelle, celle des Européens progresse légèrement, à 6,1 points (+0,1 point), tout comme celle des Français qui atteint 6 points (+0,1 point).

 

Le différentiel entre les notes de satisfaction concernant la situation de leur pays et leur situation personnelle conduit les Européens à se montrer circonspects quant à leur situation financière. Seul un quart d’entre eux (26%) estime qu’elle est meilleure que celle de la majorité des autres habitants, une proportion qui est similaire en France (24%).

 

Pouvoir d’achat : des perceptions diverses

 

4 Européens sur 10 (40%) affirment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des 12 derniers mois, marquant la stabilité avec l’année précédente (39% en 2025). Presque la moitié des Français (47% contre 48% en 2025) déclarent être confrontés à cette réalité, la proportion la plus élevée juste derrière les Roumains (53%). A noter que cette part est plus grande chez les seniors, puisqu’un senior sur 2 a cette perception.

 

L’examen des résultats depuis la crise sanitaire fait apparaître des poussées nettes et opposées. Malgré un score toujours très élevé, les Français sont les plus enclins à constater sur cette période un recul de la perception de la baisse de leur pouvoir d’achat (-12 points entre 2019 et 2026). A l’inverse, les Allemands et les Roumains s’enfoncent dans le pessimisme (respectivement +21 et +20 points).

 

Des Européens prêts à consommer

 

Revenue autour des 2% par an, l’inflation n’est plus un problème économique en Europe mais reste néanmoins présente dans l’esprit des Européens. Près d’un Européen sur 2 (48%, +3 points) estime que les prix ont nettement augmenté l’an dernier, et près de 9 sur 10 (88%, +2 points) considèrent qu’ils sont en hausse. Les Français figurent (37%, +1 point), avec les Belges (36%), parmi les plus mesurés dans leur perception de l’évolution des prix.

 

Avec un pouvoir d’achat qui résiste et un moral en légère hausse, il n’est pas surprenant de constater une augmentation des intentions d’achat. 45% des Européens envisagent d’augmenter leurs dépenses en 2026 contre 43% l’année dernière. Mis à part en Roumanie (59%, -3 points), en Italie (47%,1 point) et en France (40%, -1 point), ce chiffre est en hausse dans tous les pays. Ces intentions d’achat que nous suivons depuis plus de 20 ans constituent un bon indicateur avancé de la consommation des ménages qui devrait rester robuste en 2026 et soutenir la croissance en Europe.

 

Depuis la crise du Covid 19, l’épargne des ménages est restée au cœur de l’actualité car elle se situe à un niveau très élevé et nettement supérieur à ce qu’il était en Europe jusqu’en 2019. La tendance se confirme en 2026 avec 56% des Européens souhaitant mettre davantage d’argent de côté, soit une hausse de 1 point par rapport à 2025. En France, malgré un taux d’épargne proche des 19%, les intentions d’épargne pour 2026 sont en forte hausse (47%, +4 points sur 1 an).

 

 

Être senior aujourd’hui

 

Les seniors vus comme une chance

 

Alors que la dénatalité augmente et que le vieillissement de la population s’accélère, la population des seniors fait aujourd’hui l’objet de maintes attentions. Mais à quel âge devient-on « senior » ?

Les Européens placent le plancher à 62 ans et à 61 ans en France.

 

Près de 7 Européens sur 10 (68%) estiment que les seniors dans leur pays sont une chance pour la société, un chiffre qui est similaire en France (69%). Pour un tiers des Français (33%), le vieillissement de la population est un enjeu très important dans leur pays, un chiffre inférieur à la moyenne européenne (40%).

 

Ce vieillissement suscite des inquiétudes, 66% des Européens jugeant qu’il aura un impact négatif sur le système de santé. Une nette césure générationnelle apparaît : alors que 8 seniors sur 10 appréhendent les effets négatifs du vieillissement sur le système de santé, seulement 52% des moins de 30 ans partagent cette crainte. Les problématiques de croissance économique (63%), de compétitivité du pays et d’emploi (60%) arrivent ensuite dans le classement, avec là encore des seniors plus inquiets que les jeunes générations.

 

Les Européens s’accordent pour juger que la querelle des anciens et des modernes n’aura pas lieu d’être. Près de 6 d’entre eux sur 10 (58%) affirment que les relations intergénérationnelles sont bonnes, avec la France qui se situe dans la moyenne (57%).

 

Santé et bien-être, des enjeux majeurs pour demain

 

La santé constitue, de loin et quelle que soit la tranche d’âge, le principal centre d’intérêt des Européens. Pour 8 d’entre eux sur 10 (79%) et pour 9 seniors sur 10 (91%), vieillir en bonne santé est une priorité. Cette préoccupation est au plus haut en Italie (85%) et en France (83%). Le renforcement du système de santé est par ailleurs perçu comme la mesure la plus prioritaire à mettre en œuvre pour plus d’un tiers des Européens (38%) et pour près de la moitié des seniors (48%).

 

La santé est un enjeu d’avenir pour lequel le recours aux nouvelles technologies (télémédecine, IA, médecine prédictive) sera un atout. Ainsi, 4 seniors sur 10 utilisent ou sont prêts à y recourir dans un proche avenir. Les Français font partie des plus circonspects (33%).

 

Vieillir chez soi est un enjeu clé pour les seniors : 83% d’entre eux y sont attachés, alors que la moyenne en Europe est de 65%. Cet attachement marqué au « home sweet home » est particulièrement prononcé dans les pays de la « vieille Europe », avec la France, l’Allemagne et l’Italie en tête (71%, 69% et 69%). Toutefois, vivre chez soi de façon autonome ne peut se concevoir que dans un cadre de vie de qualité. De fait, parmi toutes les mesures qui pourraient l’améliorer, 1 senior sur 2 (50%) privilégie l’adaptation du logement des personnes âgées pour leur rendre la vie plus facile et plus agréable.

 

Enfin, les seniors aiment se faire plaisir tout en restant raisonnables : 9 d’entre eux sur 10 (91%) souhaitent se faire plaisir de temps en temps et recherchent le confort (88%). En matière de dépenses superflues, 8 seniors sur 10 (80%) les évitent, contre 69% chez les moins de 60 ans.

 

Une consommation diversifiée et responsable

 

Les deux critères d’achat principaux restent les mêmes quelle que soit la génération de consommateurs : le prix est le premier critère suivi par la qualité des produits. C’est donc le rapport qualité/prix qui reste devant les autres critères d’achat. C’est le cas pour 8 seniors sur 10 en Europe.

 

L’âge est souvent associé à la responsabilité, voire à la sagesse. Une consommation plus responsable est observée chez les seniors depuis 10 ans. Ainsi, plus d’1 senior sur 3 préfère faire réparer un produit plutôt que de l’acheter à nouveau (35% en Europe et en France). L’occasion et le reconditionné séduisent aussi plus du quart des plus de 60 ans (27%, 30% en France).

 

Les loisirs sont la priorité des seniors dans l’ensemble des pays étudiés. 7 d’entre eux sur 10 (70%) considèrent consacrer suffisamment de temps à leurs loisirs au cours d’une semaine normale, une proportion qui atteint 3 seniors français sur 4 (74%).

 

Concernant les plateformes de services, les seniors se montrent moins adeptes des abonnements que les moins de 60 ans. 4 seniors sur 10 (42%) et un tiers des seniors en France (33%) sont abonnés à une plateforme de streaming vidéo. Et à peine 15% des seniors et 10% des seniors français sont abonnés à une plateforme de streaming musical.

 

Le e-commerce a encore un potentiel de croissance important

 

La préférence pour les points de vente physiques se confirme dans le parcours d’achat des seniors. 8 d’entre eux sur 10 (79%) fréquentent les magasins pour se faire une idée avant d’acheter. Pourtant, la numérisation du parcours d’achat progresse depuis 10 ans. C’est notamment le cas en ce qui concerne la recherche de commentaires laissés en ligne par les consommateurs : près de 6 seniors sur 10 (58% contre 55% en 2016) les consultent avant d’acheter un bien d’équipement. A noter aussi que l’intelligence artificielle est une réalité qui devient concrète avec 1 senior sur 5 âgé de 50 ans et plus (19%) déclarant solliciter ses capacités.

 

Sur Internet, 45% des seniors achètent d’abord des voyages (43% en France). Viennent ensuite les loisirs (livres, places de concert…) avec 41% (39% en France) et les équipements électroniques (téléviseur hi-fi, smartphone, ordinateur…) avec 38% (30% en France). Quel que soit le type d’achat, les seniors français affichent des chiffres systématiquement inférieurs à la moyenne européenne.

 

Seulement 15% des seniors se considèrent comme numériquement « hyperconnectés » (14% en France), un chiffre en baisse par rapport à 2016. Ce faible pourcentage masque une réalité plus complexe et des comportements numériques plus affirmés : en 10 ans, l’intensité de connexion tend à se banaliser pour toutes les générations, et surtout la part d’internautes seniors réguliers a fortement augmenté. Ainsi, 4 sur 10 emploient les technologies numériques de façon utilitaire et 3 sur 10 pour les loisirs.

 

Le vieillissement de l’Europe et l’effet générationnel à venir offrent un potentiel de croissance important au e-commerce. Les seniors de demain qui sont les actifs d’aujourd’hui, hyper connectés, ne changeront pas leurs habitudes dans ce domaine resteront de grands utilisateurs de services numériques.

 

« Dix ans après nos premiers travaux, le vieillissement démographique s’impose comme un fait structurant de nos sociétés. Les seniors, acteurs centraux de la consommation européenne, occupent désormais un rôle de pivot économique, social et politique. Une génération estimée et reconnue, dont l’importance n’est négligée ni par elle-même ni par les autres générations. Mobile physiquement, comme en témoigne son appétence pour les loisirs, elle l’est également intellectuellement, avec une capacité à numériser sa vie, et notamment sa consommation, qui va à l’encontre de certaines idées reçues. Ce choc démographique en Europe pose des questions essentielles sur de nombreux sujets mais nul doute sur le fait qu’il engendrera également de profondes mutations dans la structure de consommation des ménages qui reste le moteur numéro 1 de la croissance en Europe » conclut Flavien Neuvy, Économiste, Directeur de l’Observatoire Cetelem.

Lire la suite...


Articles en relation