L’empreinte
environnementale est un sujet majeur d’expertise de la commission de
l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat**. Après le
numérique, il n’était pas possible d’ignorer le domaine éminemment stratégique
et en plein essor de l’intelligence artificielle.
C’est cette raison qui l’a conduite, en décembre 2025, à créer une mission d’information transpartisane sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle conduite par trois rapporteurs :
- Guillaume Chevrollier (Les Républicains – Mayenne),
- Damien Michallet (Les Républicains – Isère) et
- Simon Uzenat
(Socialiste, Écologiste et Républicain – Morbihan).
Le mercredi 4 février,
une table ronde a préfiguré le lancement des travaux de cette mission
d’information, avec quatre regards croisés d’experts : Baptiste Perissin
Fabert, directeur général délégué de l’Ademe, Guillaume Pitron, chercheur
associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), Anne
Bouverlot, co-présidente du Conseil de l’intelligence artificielle et du
numérique, et Audrey Herblin-Stoop, directrice des affaires publiques de
l’entreprise Mistral. Les quatre intervenants ont insisté sur les différents
aspects de l’empreinte de l’IA (émission de CO2, consommation d’électricité,
artificialisation, extraction minière, eau…), sur le caractère précurseur de la
législation française en matière d’empreinte environnementale du numérique
ainsi que sur la nécessité d’une standardisation des outils de mesure de cette
empreinte.
Pour Guillaume
Chevrollier,
« la loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale
du numérique en France, dite " loi REEN " a été particulièrement
précurseure pour moderniser notre arsenal juridique. Ce texte s’est inscrit
dans le prolongement direct des travaux de la mission d’information sur
l’empreinte environnementale du numérique conduit en binôme avec mon ancien
collègue sénateur Jean-Michel Houllegatte, sous la présidence de Patrick Chaize
».
Jean-François Longeot
(Union Centriste – Doubs), président de la commission de l’aménagement du
territoire et du développement durable, alerte : « l’essor rapide de
l’intelligence artificielle, qui redessine en profondeur notre économique,
impose une actualisation du diagnostic établi en 2020. La mission d’information
aura donc pour objectifs d’apprécier les conséquences du développement de l’IA,
de repérer les moyens d’en limiter les effets négatifs et, le cas échéant, de
favoriser l’émergence d’une IA durable ».
Simon Uzenat estime
qu’un travail de pédagogie est nécessaire : « il s’agit donc de mesurer que
l’usage de l’IA n’est pas anodin et que, contrairement à ce que l’on croit, les
outils numériques ne sont pas des biens communs d’intérêt général sans aucun
impact, mais que tous ces usages cumulés ont des incidences sur notre
environnement ».
Enfin, Damien Michallet
insiste sur la nécessité d’accompagner les acteurs français de l’IA, qui sont
en avance sur la question de l’objectivation de l’empreinte environnementale : « les plus grandes
entreprises dans la recherche autour de l’IA sont – à l’exception de Mistral –
soit américaines, soit chinoises. Nous avons la possibilité d’accompagner
Mistral pour permettre un sursaut français et européens ».
Les rapporteurs engageront leurs travaux préparatoires dès la fin de ce mois de février.
**La commission de l'aménagement du territoire et du développement durable est présidée par Jean-François Longeot (Union Centriste – Doubs).


