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[Expertises] Réglementations ESG pour les entreprises françaises en 2026 : naviguer dans le flou Européen

Après une année faite de bouleversements en matière de réglementations sociales et environnementales à l’échelle européenne, la question se pose : à quoi va ressembler 2026 ? 

 

Il y a quelques mois la commission européenne a annoncé vouloir “ réduire d'au moins 25% les charges administratives des entreprises d'ici à 2030 - et d'au moins 35% pour les PME. ”

Derrière cette volonté se cache un double mouvement : la rationalisation des obligations de reporting, notamment via une réduction de moitié des datapoints CSRD/ESRS ; et la concentration des efforts sur la matérialité et l’impact réel des entreprises. Le programme de travail 2026 de la Commission européenne confirme ce virage : l’accent est mis sur la simplification.

Pour les entreprises, qui doivent conduire leurs plans de développement et de chantiers prioritaires en matière de réglementation, il est crucial d’investir dans des solutions digitales et des acteurs capables de naviguer dans ce flou réglementaire. osapiens, le leader SaaS de solutions pour la croissance durable des entreprises, partage un guide des réglementations à suivre l’année prochaine pour accompagner les organisations hexagonales dans leurs réflexions stratégiques.

 

Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF ou CBAM)

À partir du 1er janvier 2026, la phase de « reporting-only » de la réglementation MACF s’achève, ce qui signifie que les importateurs vont devoir acheter des certificats carbone. Mais dans le même temps, la Commission envisage un seuil “de minimis” élargi, épargnant potentiellement les plus petits opérateurs sans diluer l’ambition climatique.

 

La CSRD et la CS3D

La réforme de simplification Omnibus a considérablement remodelé la portée et le calendrier de la CSRD et de la CSDDD en réduisant de manière substantielle le nombre d'entreprises soumises à des exigences obligatoires et en reportant leur application, tout en laissant intactes les attentes fondamentales en matière de durabilité. En vertu de la CSRD revue, les obligations de reporting ne s'appliqueront qu'aux entreprises de plus de 1 000 salariés et dont le chiffre d'affaires est supérieur à 450 millions d'euros, ce qui réduira d'environ 90% le nombre d'entreprises concernées, avec une entrée en vigueur progressive entre 2027 et 2028 pour les nouvelles entités couvertes. La CSDDD s'est encore restreinte, ne s'appliquant qu'aux très grandes entreprises de plus de 5 000 employés et dont le chiffre d'affaires net est supérieur à 1,5 milliard d'euros. Son application a été reportée à juillet 2029, la diligence raisonnable se concentrant sur les domaines de la chaîne de valeur où les impacts négatifs sont les plus probables. Dans l'ensemble, la pression réglementaire s'est atténuée. Cependant, les attentes des investisseurs, des partenaires, des financiers et des conseils d'administration en matière de fiabilité des données sur la durabilité restent fortes, et la demande d'informations comparables et pertinentes pour la prise de décision continue de croître.

 

L’Éco-score (s’étend au textile en France)

Après les appareils électroménagers, les logements et les aliments, c’est au tour des vêtements d’afficher leur impact sur la planète. Pour les acteurs du textile, l’éco-score est entré en vigueur depuis octobre 2025 en France, un dispositif qui s’inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021, mais qui n’est pas obligatoire pour les marques. Basé sur l’analyse du cycle de vie, il offre aux consommateurs une lecture claire de l’impact des produits et devient un outil stratégique pour les marques. La France est le premier pays européen à faire une proposition sur le sujet, bien que la commission européenne travaille sur un système d’affichage environnemental harmonisé.

 

Dès octobre 2026, des organismes tiers – associations, bureaux d’études ou plateformes spécialisées – pourront publier un score pour des marques qui ne l’auront pas fait elles-mêmes.

 

Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) et Passeport Numérique des Produits (DPP)

La REP s'étend à des secteurs comme le textile ou l’emballage et s’articule désormais avec le futur Passeport Numérique des Produits (DPP). L’objectif de ce dernier est d’assurer une traçabilité de bout en bout, de la conception à la fin de vie, tout en renforçant les obligations de reprise, de recyclabilité et de circularité.

Le DPP, pilier du règlement ESPR, s’imposera progressivement à partir de 2027 dans des filières stratégiques comme les batteries, le textile ou encore l’électronique. Véritable carte d’identité numérique, il ambitionne de rendre accessibles les informations sur la composition, la réparabilité, la provenance ou encore l’empreinte carbone.

Enfin, le prochain règlement sur les emballages et les déchets d'emballages (PPWR) marque un changement majeur en traitant les emballages comme des produits entièrement réglementés par des règles harmonisées à l'échelle de l'UE couvrant la conception, les matériaux, l'étiquetage, la recyclabilité et l'ensemble du cycle de vie. Il a été introduit pour remédier à la stagnation des taux de recyclage, à la fragmentation des réglementations nationales et aux lacunes en matière de données, tout en soutenant le pacte vert pour l'Europe et l'économie circulaire. Il sera mis en œuvre en trois phases : les exigences en matière de conception et de matériaux s'appliqueront à partir d'août 2026, les nouvelles règles d'étiquetage à partir de 2028-2029 et la recyclabilité totale d'ici 2030. Elle concerne presque toutes les entreprises qui commercialisent des produits emballés sur le marché européen et nécessite une planification anticipée, des données et une documentation plus solides, une collaboration interfonctionnelle et des outils numériques pour garantir la conformité.

 

En 2026, les entreprises françaises devront accélérer leur traitement des données

Malgré un avenir incertain pour certaines réglementations, la tendance de fond est claire : le produit devient le centre de gravité de la responsabilité ESG. L’ère du reporting abstrait s’efface au profit de la donnée concrète, mesurable, traçable et la transparence devient la clé d’entrée du marché européen. Pour les entreprises françaises, en 2026 l’enjeu ne sera plus seulement de cocher les cases de la conformité, mais de construire une cohérence globale entre discours, données et pratiques :

•   Aligner les récits RSE avec des données tangibles, issues de la Taxonomie, de la CSRD ou encore du futur Passeport Numérique des Produits (DPP).

•   Intégrer les coûts carbone et de fin de vie dès la conception des produits, pour anticiper les exigences réglementaires et les attentes du marché.

•   Faire de la donnée ESG un levier de performance, qu’il s’agisse de réduire les risques, d’attirer les talents ou de sécuriser l’accès aux financements durables.

 

Cette quête de cohérence impose un dialogue renforcé entre les directions financières, RSE et supply chain. En 2026, ces fonctions ne peuvent plus avancer en parallèle car elles partagent désormais une même responsabilité, celle de la transparence et de l’impact réel. L’année prochaine doit être une année d’opportunité : celle de prouver que la durabilité n’est pas un coût, mais une capacité d’adaptation stratégique, avec des entreprises françaises et européennes qui peuvent devenir des modèles à l’échelle mondiale.

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