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[Lecture] Les pratiques de leadership en matière de finance éthique existent « sous notre nez »

Les dommages irréversibles causés par l’humanité à la planète nous obligent à repenser entièrement notre culture et nos modèles comptables et financiers.

Ces secteurs exercent depuis bien trop longtemps une action délétère sur notre environnement et notre société, et ne s’en soucient que dans le but de les exploiter et d’en tirer profit. Cette idéologie n’a aucun fondement scientifique et n’est pas durable. L’économie est l’une des causes majeures de la destruction de notre environnement. Et comme chacun le sait : chassez le naturel, il revient au galop.

Pour lutter contre ce phénomène, un nouveau livre sur les pratiques financières durables et éthiques est paru.

Écrit par Atul K Shah, professeur à la "City, University of London" et commentateur dans les médias, ce livre intitulé Inclusive and Sustainable Finance (La finance inclusive et durable) (Routledge) rassemble des entretiens avec des chefs d’entreprise et des leaders d’opinion qui pratiquent la finance raisonnée dans une optique de croissance à long terme.

Dans cette étude unique en son genre, le professeur Shah démontre comment de nombreuses cultures et sagesses traditionnelles fonctionnent de manière inclusive en respectant la nature, les animaux et les communautés, d’une manière qui favorise la confiance et les relations au lieu de les détruire.

Le livre présente les récits de chefs d’entreprise de diverses confessions, de l’hindouisme au jaïnisme, en passant par l’islam, le christianisme et le judaïsme, pour montrer que les communautés religieuses donnent souvent aux dirigeants une conscience et un sens du devoir particuliers quant à la protection de la nature et de la société. L’ouvrage est divisé en chapitres intitulés « Tradition », « Communauté » et « Expérience », des thèmes absents des manuels de finance d’entreprise.

Ces communautés permettent surtout de développer une approche spirituelle de l’environnement, qui est la clé d’une protection durable de celui-ci. Cet ouvrage a pour but d’enseigner aux étudiants en finance à limiter leur empreinte environnementale et à apprendre des différents modèles qui existent déjà sous notre nez.

Il présente des méthodes fondamentalement nouvelles d’enseignement et de formation des professionnels de la comptabilité et de la finance dans le but de façonner une société égalitaire, inclusive et durable.

D’après le professeur Shah : « Des milliards de dollars sont réinvestis dans la construction d’une nouvelle économie « verte », alors que c’est précisément l’économie néolibérale qui détruit notre environnement depuis des siècles. Nous avons absolument besoin d’une pensée radicale, qui soit à la fois authentique et inclusive. »

Cette publication dans l’air du temps est la première étude multiconfessionnelle et multiculturelle de ce type sur la finance et le leadership durables. Les récits et les études de cas mentionnés sont tirés de diverses cultures mondiales, dont la culture juive, yoruba, ismaélienne, hindoue, jaïne, catholique, sikh et bouddhiste.

L’enseignement moderne de l’économie, de la comptabilité et de la finance ignore bien souvent les croyances et les communautés, se privant ainsi d’un contexte essentiel au dialogue et à la conduite éthiques. Dans son sillage, des scandales importants et toujours plus nombreux ont éclaté dans le domaine de la comptabilité et de la finance, notamment au sein d’institutions prestigieuses telles que les « Big Four » ou les banques d’investissement.

Selon le professeur Shah, des professions entières telles que les avocats, les comptables et les banquiers ont bien souvent joué un rôle de catalyseur de la criminalité financière et de l’expropriation. Cette situation, dit-il, n’est pas viable.

Dans ce livre, il présente une nouvelle façon d’étudier et d’enseigner la finance en s’intéressant aux communautés de confiance, et à la manière dont elles fixent des objectifs et une approche relationnelle à long terme. Ces communautés offrent un contexte essentiel pour la discussion et l’enseignement éthiques.

« La foi religieuse crée souvent des communautés de relations et de confiance, et encourage les dirigeants à agir avec conscience et compassion, en veillant à ce que les travailleurs et les clients soient traités équitablement », souligne le professeur Shah.

Trente ans de recherche, d’engagement communautaire et d’enseignement ont été nécessaires à la réalisation de ce livre. Les dirigeants précurseurs présentés dans ce livre constituent un modeste échantillon des milliers de personnes dont l’histoire et l’expérience sont ignorées par l’approche utilitaire et technocratique moderne de la finance.

Le Dr Abhay Firodia fait partie des personnes interviewées. Son père est l’inventeur du pousse-pousse automatique à trois roues, qui est le véhicule de transport public le moins cher et le plus populaire d’Asie. Il s’est inspiré du jaïnisme, l’une des plus anciennes traditions religieuses du monde, qui place le respect de tous les êtres vivants au cœur de sa philosophie.

Parmi les autres exemples, citons le réfugié ougandais d’origine asiatique Satish Kanabar, qui a travaillé pour Barclays et aidé de nombreuses entreprises ougandaises à se développer et à prospérer en Asie à une époque où le racisme régnait et où les banques leur refusaient tout financement. Bon nombre de ces entreprises sont aujourd’hui devenues des multinationales. C’est en organisant des sessions de formation dans les temples et les centres communautaires qu’il a permis à son équipe de comprendre les principes de la confiance et des relations bancaires. Les conséquences de ses actions sont encore visibles aujourd’hui dans les entreprises en Asie ; il a d’ailleurs récemment accordé un entretien à la BBC à ce sujet. »

Même si l’éthique est enseignée, les jeunes diplômés considèrent souvent celle-ci comme transactionnelle et sans rapport avec la vie réelle : les différentes cultures, croyances et communautés ancrent cet enseignement dans un contexte réaliste.

L’ouvrage montre qu’il existe des cultures anciennes qui privilégient la protection de tous les êtres vivants et dont la philosophie n’est pas anthropocentrée mais respectueuse des animaux et de l’environnement.

« Les dirigeants dont le profil est présenté dans le livre ont cet état d’esprit », affirme le professeur Shah. « Leurs pratiques font croître la moralité, la confiance et les relations au lieu de les appauvrir. »

 

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