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[Enquête] Un dirigeant français sur trois connaît l’existence du Pacte vert pour l’Europe

  • 40% des entreprises interrogées au niveau européen ont connaissance de l’existence du Pacte vert contre 29% en France
  • Près de la moitié des entreprises européennes s’estiment préparées à ces nouvelles exigences
  • 77% des entreprises françaises prévoient dans leurs plans de dépenses d’importants investissements financiers pour devenir plus durables

Adopté en décembre 2019, le Pacte vert a pour objectif de réduire d’au moins 55% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Une ambition qui encourage les entreprises à se transformer durablement. Or, quelques années après l’adoption des premières mesures, le Pacte vert reste encore méconnu, notamment en France.

Tel est le constat posé par le cabinet de conseil et d’audit PwC France et Maghreb qui dévoile les résultats de son étude EU Green Deal menée auprès de 300 dirigeants de dix pays de l’Union Européenne sur les mesures prises par leur entreprise.


Malgré des efforts significatifs des entreprises, un long chemin reste à parcourir

En Europe, le niveau de connaissance du pacte demeure limité parmi les dirigeants interrogés, que ce soit au niveau de ses objectifs (40% s’en déclarent familiers) ou de ses contraintes et incitations (49%).

En France, seulement 29% des répondants déclarent connaître les objectifs du pacte, et 39% les contraintes et incitations.

En France, très peu de dirigeants (6%) se disent vraiment préparés à la mise en place du Pacte vert, comme en Europe au global (11%). Ces résultats s’expliquent par un manque d’information, en priorité (55% des dirigeants Français contre 38% en Europe), mais aussi par un manque de compétences pour mettre en œuvre les changements requis (35% en France contre 38% en Europe). Enfin, 19% des Français éprouvent le sentiment que le pacte n’aura pas d’impact particulier contre 20% en Europe.

L’aspect le plus complexe du Pacte vert pour l’Europe concerne sans doute les nouvelles taxes et mesures connexes qu’il envisage afin de financer le coût de cet ambitieux programme et d’encourager la mise en œuvre d’actions en faveur du climat. Ainsi, les grandes entreprises dotées d’équipes spécialisées en fiscalité et en finance, et de départements R&D et développement durable se sentent mieux informées et préparées aux défis qui s’annoncent.

« Notre enquête montre que de nombreuses entreprises n'en sont qu'au début du parcours de la transition écologique et qu'il reste encore un long chemin à parcourir. Certes, les enjeux fiscaux sont majeurs mais au-delà, le Pacte vert est un bouleversement pour la stratégie globale des organisations opérant en Europe, pouvant les conduire notamment à repenser leur stratégie en matière d’approvisionnement. Une ouverture vers un horizon d’opportunités pour l’industrie européenne se dessine alors », se félicite Fabien Radisic, Avocat Associé ESG leader chez PwC Société d’Avocats.


Des actions concrètes déjà engagées par les entreprises françaises en matière de transition écologique

Les entreprises françaises interrogées ont, pour beaucoup d’entre elles, déjà amorcé des actions concrètes pour devenir plus durables. Ainsi 32% d’entre elles compensent actuellement leurs émissions de CO2 en soutenant d’autres initiatives durables. 77% d’entre elles prévoient dans leurs plans de dépenses pour les 3 à 5 années à venir, d’importants investissements financiers pour devenir plus durables. C'est 9 points de plus qu’en Europe. Enfin, 55% envisagent de changer la localisation de leurs activités d’approvisionnement, de fabrication ou de stockage à court terme (contre 51% en Europe). L’étude relève également que, dans toute l’Europe, ces investissements sont réalisés de manière ponctuelle, plutôt que dans le cadre d’un plan intégré.

Les priorités des entreprises interrogées sont une consommation plus importante d’énergie propre (78%), la réduction de la consommation d’énergie (60%), la réduction des déchets et de l’utilisation du plastique (59%) et la réduction des émissions de carbone (59%).

Sur le transport, 42% des entreprises françaises déclarent que leur entreprise contribue activement à la réduction de l’empreinte carbone. 61% utilisent des véhicules à carburant alternatif. Ce domaine constitue là encore un point d’amélioration : en Europe, seulement 28% des entreprises interrogées affirment utiliser des sources de carburant propre à grande échelle.

« Il est urgent de réduire les émissions de carbone et la transition nécessaire est radicale. Nous avons besoin de décarboner et de transformer les entreprises, les industries à une échelle et à une vitesse sans précédent. La vague d’entreprises, d’investisseurs et de gouvernements qui s’engagent est un signe prometteur de l’émergence d’un sentiment commun d’urgence, nous sommes dans une décennie charnière. La France fait partie des bons élèves du G20 mais elle a également des efforts supplémentaires à consentir notamment sur le secteur des transports », souligne Sylvain Lambert, Associé coresponsable des activités Développement Durable chez PwC France et Maghreb.

Côté consommation, presque un dirigeant européen sur deux (45%) pense que leur entreprise a cherché des moyens de remettre à neuf ou de réutiliser des produits dont la durée de vie est limitée. Les entreprises des secteurs de la manufacture, la distribution et l’approvisionnement sont 70% à utiliser des énergies propres « à grande échelle » pour alimenter leurs opérations. Elles sont près de la moitié à réduire leur empreinte carbone et un tiers à compenser leurs émissions de carbone par des initiatives durables.

Vers le MACF, prochaine étape du pacte

La disposition susceptible d’impacter le plus fortement les entreprises est la proposition de mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), applicable à certaines importations à forte intensité de CO2.

Le MACF est conçu pour prévenir les fuites de carbone, c’est-à-dire le transfert de production à forte intensité de carbone en dehors de l’Europe. Selon l’étude, un peu plus de la moitié des répondants (51%) ont l’intention de relocaliser les activités clés de leur chaîne d’approvisionnement à court terme, dans l’Union Européenne ou dans d’autres pays de la région pour une grande majorité d’entre eux (79%).

 

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