Connexion
/ Inscription
Mon espace

La «conception innovante», une solution à la réindustrialisation de la France

ABONNÉS

Réindustrialiser la France ? Face à cette problématique cruciale, le Centre de Gestion Scientifique (CGS) MINES ParisTech explique comment, dans nouvel ouvrage expliquant sa méthode, la conception innovante permettrait de relancer la dynamique de l’innovation dans l’industrie française, pour faire renaitre une stratégie industrielle, moteur de croissance.

 

Crise économique ou crise de l’innovation ?

Depuis 2008 la France est confrontée à une crise économique sans précédent. Structurelle, elle interroge notamment sur le manque d’innovation et la désindustrialisation de la France.

Pour le Centre de Gestion Scientifique (CGS) de MINES ParisTech, laboratoire pionnier dans le domaine des sciences de gestion, la ré-industrialisation ne pourrait se faire qu’avec des industries nouvelles et une capacité renforcée des grandes et petites entreprises à l’innovation de rupture.

 

La crise actuelle est avant tout une crise de l’innovation. L’innovation traditionnelle ne parvient plus à insuffler les ruptures technologiques permettant d’accompagner utilement les transformations de l’économie et les besoins sociaux du pays. La R&D aurait-elle failli ? Non apparue au XIXème siècle, elle reste trop dépendante des méthodes de « conception réglée » qui ont diffusé dans tout le tissu industriel pour rationaliser le développement d’objets nouveaux. Or, si elle répond à un besoin de production massif d’objets, la conception réglée, de par ses pesanteurs, et sa difficulté à « raisonner dans l’inconnu » est incapable de générer et de gérer des innovations de rupture.

Alors que faire lorsque les entreprises ont besoin d’accélérer le renouvellement de leurs produits et de proposer des innovations de rupture ?

 

Les Start up, nouveau creuset de l’innovation ?

Face à cette crise de la conception réglée et des grandes entreprises qui peinent à innover où trouver cette innovation ? Pépites de créativité, les « start-ups », ou « jeunes pousses » offrent un modèle possible, qui via des incubateurs d’innovation, apporterait les ruptures nécessaires aux industries existantes. Mais cette voie n’est pas sans problème : la création et la survie des start-ups restent trop aléatoire et trop fluctuante pour s’ériger comme seule source d’innovation pérenne.

 

Conception réglée + conception innovante = la formule gagnante ?

Des alternatives existent. Depuis 1994, le CGS MINES ParisTech développe une méthode scientifique de la conception et de l’innovation qui permet à la fois de raisonner dans l’inconnu et d’organiser le travail dans les projets innovants. Issue du monde de l’ingénierie et mobilisant des grands résultats mathématiques peu connus (Extensions génériques en théorie des ensembles), la théorie de la conception innovante se comprend et s’enseigne aisément. Elle s’appuie sur la distinction entre deux espaces : K, espace des connaissances, ou somme des savoirs établis et organisés, et C, espaces des concepts, qui rassemble toutes les propositions qui caractérisent les « inconnus désirables » que l’on veut faire exister. Les différentes opérations qui vont de K à C permettent de décrire rigoureusement les différentes voies de ruptures cohérentes avec les connaissances existantes ou à construire.

 

Cette méthode offre de nombreuses perspectives nouvelles. Elle permet notamment de mobiliser et rationaliser l’ensemble des explorations (R&D, design, Marketing, usages, brevetabilité) en situation d’innovation de rupture. Elle aide aussi à mieux comprendre et représenter le processus de conception, d’en évaluer les outils et de structurer le travail collectif.

 

Ainsi, affirmer que la ré-industrialisation de la France doit se faire sur des industries nouvelles, ne signifie pas forcément la condamnation sans appel des industries anciennes et historiques. On a pu montrer qu’un bon couplage des méthodes de la conception innovante et de la conception réglée de stimule l’innovation de rupture dans les industries existantes et fait renaitre la capacité d’innovation des acteurs historiques de notre industrie.

 

De telles réalisations existent déjà. Dès ses premiers travaux le CGS MINES ParisTech a tissé de nombreux partenariats avec de grands acteurs de l’industrie française. Un de ses partenaires historiques, Renault, témoigne d’ailleurs ici par la voie de Dominique Levent - Directrice du département Créativité - Vision de l’apport passé et présent de cette méthode.

 

Aujourd’hui sept industriels (Dassault Systèmes, RATP, Renault, SNCF, STMicroelectronics, Thalès et Vallourec) soutiennent la chaire TMCI, Théorie et méthodes de la conception innovante, qui a donné  une impulsion nouvelle à ces travaux.

 

---------- s'abonner aux lettres et newsletters d'Esteval Editions ----------

 

Lire la suite...


Articles en relation