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[Tribune] Les 8 tendances qui vont marquer le secteur de l’assurance en 2022 selon EIS

Entreprises, climat, santé, cybersécurité… L’année écoulée, les assureurs ont été sur tous les fronts affirmant avec force leur rôle au sein de l’économie et de la société. Dans les douze prochains mois, en plus d’apporter des réponses de long terme à ces enjeux, les assureurs devront également composer avec une concurrence acérée et de nouveaux impératifs de la part de leurs clients. Ils devront y répondre aux côtés de leurs partenaires et avec le concours d’une technologie maîtrisée.

A partir de l’analyse de ces défis, EIS a défini les 8 grandes tendances qui vont marquer le secteur en 2022.

1/ La constitution d’écosystèmes devient la priorité

Le terme "écosystème" est devenu un mot à la mode dans le domaine de l'assurance, mais la capacité des acteurs du secteur à comprendre les écosystèmes et à s’y intégrer fait cruellement défaut. 2022 sera l'année du changement. Les besoins des consommateurs ont évolué et aucune organisation n'est aujourd’hui en mesure de satisfaire tous les besoins de ses clients. Pour cette raison, les assureurs devront repenser leur proposition de valeur afin de déterminer la façon dont ils peuvent s'intégrer aux écosystèmes de consommation existants et émergents et gagner de nouveaux clients.  Avec cette approche écosystémique, aucun partenaire1 n'a besoin de construire et d'orchestrer seul l'ensemble des composants. Elle permet donc d’accélérer l'innovation en matière de produits et de services - les efforts d'une entreprise favorisant tous les autres. 66% des assureurs établissent déjà des partenariats avec des non-assureurs pour diversifier leurs offres clients et ils devraient tirer un bénéfice beaucoup plus important de cette innovation en 2022.

2/ La place centrale de l’assurance embarquée dans la mise en place de stratégies d’écosystème

L'assurance embarquée est une stratégie clé des écosystèmes pour les assureurs. Les achats importants, tels que les voitures et les maisons, sont de plus en plus pilotés numériquement avec peu ou pas d'interaction humaine. C’est le cas notamment d’AutoHero, grâce auquel les clients ont la possibilité d’acheter une voiture d'occasion en ligne et de la livrer à leur domicile, ou d’Homeloop qui applique ce modèle à l’achat d'une maison. Avec l'adoption croissante des nouvelles technologies, les assureurs saisiront l'occasion d'intégrer l'achat de polices directement dans ces expériences d'achat numériques. Par exemple, l’utilisation des API leur permettra de relier leurs produits à un canal de distribution au sein de l'écosystème d'un secteur tiers (les distributeurs, les acteurs tech, les institutions financières, les marchés immobiliers en ligne et les constructeurs automobiles) et par la suite, d’avoir accès à de nouvelles typologies de clients.

3/ La Coretech au cœur de la transformation de l’assurance

Ces dernières années, les compagnies d'assurance ont investi massivement dans les assurtechs. Les financements de 2021 devraient d’ailleurs dépasser largement les 7,1 milliards de dollars investis en 20202. Pour les assurances, l'avantage d’un partenariat avec les assurtechs est double : compléter leur portefeuille de produits existants et simplifier rapidement et à moindre coût leurs opérations internes, sans avoir à développer eux-mêmes une expertise interne ou des applications.

Cependant, jusqu'à présent, la transformation amenée par les assurtechs s’est faite à une relativement petite échelle, par le biais de projets autonomes ou de solutions ponctuelles. Pour capitaliser sur le potentiel de ces assurtechs, les assurances doivent les intégrer à leur cœur de métier. Or, la plupart d’entre elles ont hérité de systèmes inadaptés à ce genre de démarche qui requiert la mise en place d’un système cœur cloud axé sur les API, basé sur des microservices : la coretech. Celle-ci a la capacité de créer de nouveaux écosystèmes dans lesquels convergent à la fois le fonctionnement traditionnel de l'assurance et la capacité d'innovation de l’assurtech.

4/ L'informatique embarquée et la télématique comme voie d’accès au client préférentiel

Nous avions prédit en 2020 que 2021 serait l'année où l’informatique embarquée et la télématique arriveraient à maturité. Cette évolution se poursuivra et s'accélérera en 2022, à la fois que ce soient les modèles économiques du paiement au kilomètre ou des récompenses conducteur, transformant au passage le secteur de l’assurance auto. La généralisation de l’utilisation des données télématiques, une plus grande interaction et une éducation des assurés permettent d’encapaciter les assureurs à sélectionner des clients privilégiés, qu’elle se fonde, par exemple, sur le paiement au kilomètre ou sur les récompenses du conducteur.

Grâce à cette technologie, les scores des usagers s’améliorent rapidement et le taux d’incidents chez les meilleurs conducteurs reste minime, ce qui se traduit par un meilleur ratio de sinistralité.

5/ La généralisation de l’assurance paramétrique

Les progrès de l’IoT, de l'analyse prédictive et de l'intelligence artificielle (IA) permettent une indexation plus robuste sur une plus grande variété de critères et ouvrent donc la voie aux assureurs pour repenser leurs modèles de produits et de distribution. Ces avancées ont créé des opportunités intéressantes pour les applications de risque paramétrique, en particulier dans l'assurance commerciale P&C (Property and Casualty).

L’assurance paramétrique est fondamentalement dans l’ère du temps car elle offre une protection face aux plus grandes menaces contemporaines comme les risques climatiques, sanitaire et terroriste. En effet, elle couvre les villes et les aéroports touchés par un événement terroriste, les hôtels en cas d'épidémie de maladie infectieuse, les entreprises agroalimentaires et les compagnies maritimes lorsque le niveau des eaux fluctue.

Les solutions paramétriques garantissent surtout la clarté des paiements pour les clients et les assureurs. Les réclamations sont résolues plus rapidement et sans contestation. De plus, le fait d’avoir déterminé au préalable les évènements couverts et le mécanisme d’indemnisation garantit à la structure concernée le paiement d’un montant prédéfini.

6/ Les assurances, soutiens de l’esprit entrepreneurial

Les nouvelles générations sont particulièrement séduites par le statut d’indépendant, la flexibilité qu’il engendre et par la possibilité de créer leurs propres entreprises. Les assurances devront être en première ligne pour soutenir cette dynamique entrepreneuriale.

A l’échelle mondiale, on observe que le marché des plateformes de travail en ligne (TaskRabbit, Uber, Deliveroo…) a augmenté de 30 % en deux ans3. Pour répondre à cette nouvelle problématique, accentuée par la pandémie et l’écart de couverture qu’elle a révélé, les assureurs proposeront plus de solutions pour les travailleurs indépendants et tous ceux dont les conditions de travail sont précaires et instables.

7/ Accélération des politiques de souscription et émission instantanée des polices d’assurance

Le processus de souscription, long et fastidieux, reste l’une des plus grandes frustrations des clients. La souscription accélérée résout ce problème en s’appuyant, entre autres, sur l'automatisation, les données, les règles ou les modèles…

Les assurances vont élargir leur recours aux API pour absorber davantage de données provenant d'une multitude de nouvelles sources (les données sociales, de crédit, comportementales, économiques, les wearables, les capteurs IoT, les données financières et l'identité…) et pour réduire les risques. En associant ces données à des algorithmes, à l'intelligence artificielle, à l'analyse prédictive, à l’automatisation des processus robotiques (RPA) et à l'informatique cognitive, les assureurs seront en mesure d’accélérer la prise des décisions et, dans de nombreux cas, de garantir une validation instantanée.

Dès 2022, les groupes de souscription les plus performants seront ceux qui réussiront à associer l'analyse avancée au jugement humain.

8/ Les réclamations visuelles au chevet des assureurs

Une étude récente du cabinet d'études ValuePenguin a révélé que 68 % des plaintes des assurés étaient liées à des réclamations. Le dépôt d'une demande d'indemnisation prend beaucoup de temps, tant pour l'assureur que pour l'assuré. Les réclamations visuelles peuvent résoudre ce problème.

En effet, elles permettent aux clients d'entrer en contact avec la compagnie d'assurance via une application mobile et une caméra. L'expérience est entièrement interactive et offre aux assurés un processus de réclamation plus rapide et plus simple. A titre d’exemple, dans le cas d'un accident de voiture, le client peut communiquer à distance avec la compagnie d'assurance en partageant des séquences vidéo en temps réel et les agents seront en mesure d’évaluer des facteurs tels que les dommages au véhicule, les conditions météorologiques, les marques de dérapage, la signalisation et la position du véhicule.

Etant donné que toutes les images et les vidéos sont capturées et livrées numériquement, l’assureur n’a plus à mener d’inspection sur place, ce qui permet d’économiser du temps et de l'argent. Grâce à l’utilisation de l'analyse assistée par l'IA, les règlements des sinistres et les services de réparation peuvent même être gérés automatiquement en cas d’accident. En enclenchant le processus d'évaluation des incidents de manière immédiate et en temps voulu, les assureurs pourront prendre des décisions plus précises en matière de sinistres, accélérer le règlement des indemnités et, par conséquent, améliorer la satisfaction des clients à partir de 2022.

 

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