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[Etude] Les actionnaires individuels des sociétés cotées se sentent délaissés

Sondage OpinionWay pour JIN - Kaïros Consulting - LeaderXXchange

Les actionnaires individuels français de sociétés cotées s’estiment délaissés et leur demandent un engagement plus fort. C’est l’enseignement majeur du sondage réalisé par OpinionWay pour les sociétés de conseil JIN, Kaïros Consulting et LeaderXXchange.

Cette étude est réalisée auprès de 533 actionnaires individuels, particuliers et actionnaires salariés français d’une société cotée. L’objectif est d’approfondir la compréhension des attentes et des comportements des actionnaires individuels. Après une année marquée par la pandémie, un marché boursier très volatile et le regain de l’activisme actionnarial sur des thématiques financières, environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), la voix et le poids des actionnaires individuels et salariés sont plus importants que jamais dans la vie des entreprises

Les actionnaires individuels français sont des acteurs importants de la place de Paris en investissant en moyenne dans 6 sociétés cotées :

  • Des profils multigénérationnels qui détiennent un portefeuille diversifié…

Les actionnaires individuels en France sont des hommes (72%) actifs (55%) de catégorie socio-professionnelle supérieure (41% CSP+). 25% des actionnaires individuels ont entre 35 et 49 ans et 62% sont âgés de 50 ans et plus. L’étude révèle que les actionnaires individuels ne sont pas concentrés en Ile-de-France et se répartissent géographiquement à quasi-égalité entre l’Ile-de-France (25%), le Sud Est (25%) et le Nord-Ouest (22%). La région du Sud-Ouest rassemble 11% d’entre eux.

Les actionnaires individuels investissent en moyenne dans 6 sociétés cotées, 35% d’entre eux dans 2 à 5 et 32% dans plus de 6.

L’étude JIN, Kaïros Consulting et LeaderXXchange confirme l’importance croissante des jeunes générations dans le capitalisme français : 24% des moins de 35 ans détiennent des actions d’une société, et 32% détiennent des actions de 2 à 5 sociétés.

32% des actionnaires interrogés de moins de 35 ans sont salariés de l’entreprise dont ils sont actionnaires. Le développement de l’actionnariat salarié en France pourrait contribuer à accroître leur appétence à investir dans d’autres sociétés cotées.

Le critère de revenu n’est pas différenciant pour ceux qui investissent dans 2 à 5 sociétés : 33% dont le revenu mensuel du foyer est inférieur à 2000 euros, 39% de 2000 à 3499 euros, 34% de 3 500 euros et plus. Le critère du revenu devient différenciant au-delà d’un portefeuille d’actions composé de plus de 6 sociétés cotées.

  • … ils se sentent délaissés par les entreprises dans lesquelles ils investissent et se désengagent

60% des actionnaires individuels interrogés estiment qu’ils ne sont pas une priorité pour les entreprises cotées dans lesquelles ils ont investi. L’insatisfaction des actionnaires individuels révélée par cette étude pourrait expliquer leur désengagement de la vie de l’entreprise : ils sont très majoritaires à ne pas participer aux assemblées générales, que ce soit en présentiel (86% n’y assistent pas) ou en digital (76%). En effet, 9% seulement assistent aux assemblées générales.

Plus important encore, 30% d’entre eux n’exercent pas leur droit de vote, privant ainsi les entreprises de précieux soutiens à leur stratégie à long terme et de relais d’image et de réputation, face à des investisseurs à court terme ou encore des fonds activistes qui n’ont pas les mêmes objectifs.

Les jeunes de moins de 35 ans exercent le plus souvent leur droit de vote (87%) et les femmes inactives sont celles qui l’exercent le moins (44%).                

Les actionnaires individuels et salariés sont des investisseurs à long terme et en attente d’informations et d’échanges avec les entreprises cotées dont ils détiennent des actions

  • Des actionnaires avec des objectifs d’investissement dans le temps clairement défini

18% de l’échantillon interrogé – et 32% chez les jeunes de moins de 35 ans - sont des actionnaires salariés de l’entreprise.

Les actionnaires individuels achètent des actions de sociétés cotées majoritairement pour faire fructifier leur patrimoine à long terme (62%), en générant une plus-value dans plus de 3 ans pour 57% d’entre eux, et dans 1 à 3 ans pour 23% d’entre eux. 28% d’entre eux le font pour augmenter leurs revenus en percevant des dividendes réguliers.

Pour les hommes dont les revenus sont souvent moins élevés et issus de catégories populaires, le dividende constitue un moyen important de compléter ses revenus en investissant dans des sociétés cotées - 47% contre 28% dans la population globale interrogée.

  • Des actionnaires très attentifs aux résultats financiers, à la réputation, à la raison d’être de l’entreprise et - dans une moindre mesure - au développement durable, quand ils achètent ou vendent des actions

L’étude JIN Kaïros Consulting LeaderXXchange révèle des variations considérables en ce qui concerne l’importance des critères extra-financiers, selon que l’actionnaire est un homme ou une femme.

Les résultats financiers sont, de loin, le critère le plus important pour les actionnaires au moment d’acheter ou vendre des actions : 91% le considèrent important et 50% comme très important.

Des éléments extra-financiers sont également intégrés dans le processus de décision d’investissement des actionnaires individuels. La réputation d’une société est importante pour 88% des actionnaires (dont 34% très important), sa raison d’être et sa politique en matière de développement durable, sont également importantes pour une majorité d’actionnaires (respectivement 75% et 62%). L’étude révèle que si les critères extra-financiers d’investissement sont importants pour une majorité des actionnaires individuels, ils le sont plus pour les femmes que pour les hommes. En effet, 85% des actionnaires féminins considèrent la raison d’être d’une entreprise comme importante dans leur processus de décision d’investissement, contre 71 % des actionnaires masculins. Cet écart se manifeste également pour le développement durable : 75% des actionnaires féminins considèrent que celui-ci est un critère important dans leur décision d’investissement contre 57% d’hommes.

  • Des attentes claires à l’égard des dirigeants des sociétés dans lesquelles ils investissent

Les 3 attentes les plus fortes des actionnaires individuels et salariés à l’égard des dirigeants des sociétés dans lesquelles ils investissent :
- communiquer une vision claire et précise de l’entreprise qu’ils dirigent (56%)
- atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés (55%)
- articuler leur stratégie avec des objectifs de performance précis (41%)

L’étude révèle que pour les moins de 35 ans, la présence et la visibilité d’un dirigeant sur les réseaux sociaux pour communiquer la vision, la stratégie, les valeurs et les résultats de l'entreprise était leur principale attente, (48% contre 13% pour la moyenne des actionnaires sondés tous âges confondus), avant même l’atteinte des objectifs. Cette inversion générationnelle des attentes des actionnaires individuels est une des principales révélations de cette étude.

  • Des actionnaires qui s’informent dans les médias financiers et via le digital, tant pour suivre l’actualité des sociétés dont ils sont actionnaires que pour prendre des décisions d’achat et/ou de vente de ces actions

Les grands médias financiers en ligne, les sites internet des entreprises dans lesquels ils investissent et les forums en ligne (Boursorama, Fortuneo, Reddit…) constituent le top 3 des sources d’information des actionnaires individuels.

Les outils digitaux sont une importante source d’informations sur la vie de l’entreprise. Les médias financiers en ligne représentent la principale source pour la majorité des actionnaires individuels (51%), suivi du site internet des entreprise (42%) et les forums en ligne (23%).

Même constat lorsqu’il faut décider d’acheter ou de vendre ses titres : les actionnaires individuels de moins de 50 ans utilisent beaucoup les outils d’information digitaux : 39% utilisent les sites internet des entreprises et 25% utilisent les forums en ligne pour leur décision d’investissement. Par ailleurs, 13% des moins de 35 ans se tournent vers les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, LinkedIn) pour leurs décisions d’investissement, contre 9% des moins de 50 ans et 2% des plus de 50 ans.

  • Des actionnaires individuels qui souhaitent que les entreprises échangent beaucoup plus avec eux en utilisant des outils dédiés

Les actionnaires individuels interrogés souhaitent plus d’échange et d’informations de la part des entreprises cotées dans lesquels ils investissent. 76% d’entre eux considèrent qu’une communication digitale qui leur serait adaptée en dehors de la période des assemblées générales devrait être une priorité pour les entreprises, 70% réclament des interlocuteurs dédiés pour répondre à leurs questions et 67% souhaiteraient un espace digital dédié.

Pour Augustin Leclerc, directeur général de Jin : « L’actionnaire se digitalise à grande vitesse et cela change la donne. La crise du covid et notamment l’épisode Gamestop ont mis en lumière la place de plus en plus grande prise par le digital dans les décisions d’investissement des actionnaires individuels. Cette étude confirme la place croissante des Forums, réseaux sociaux, médias en ligne dans leur prise de décision, en particulier chez les plus jeunes. Les entreprises se doivent donc d’investir ces territoires ».

Anne-Sophie Gentil, présidente de Kaïros Consulting, poursuit : « Les actionnaires individuels - et notamment les actionnaires salariés - sont un atout et un soutien considérables pour les entreprises. Leur engagement en fait des ambassadeurs et un appui indispensable alors qu’elles ont besoin plus que jamais d’avoir une stratégie à long terme, notamment à l’heure des actionnaires activistes en France. Les sociétés cotées doivent innover dans leur communication pour resserrer les liens avec leurs actionnaires individuels et salariés qui sont des investisseurs informés, prêts à les écouter et à les accompagner dans la durée. » 

Sophie l’Helias, présidente de LeaderXXchange, conclut : « A l’heure où les entreprises développent des stratégies durables et à long terme, le soutien des actionnaires individuels et salariés est une clef de leur succès. D’où l’importance de cette étude sans précédent, qui permet aux entreprises de mieux appréhender les aspirations de ces actionnaires à long terme, et de mieux y répondre. »

 

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