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[Questions de Gestion] Pour 72% des Européens, la technologie facilite leur vie

Qualifier l'année 2020 d'étrange serait sous-estimer l'impact d'une série d'événements qui se répercuteront tout au long de la prochaine décennie.

L’étude de eToro, qui examine l'état de la numérisation en Europe, en apporte la preuve. Son but, fournir un panorama européen de la transformation numérique dans chaque pays à travers plusieurs prismes : l’adoption numérique en Europe, l’impact de la Covid-19 sur les usages, et le potentiel de croissance dans les différents pays. 


Une transformation digitale accélérée

 
Cette étude en dit long sur nos usages et notre vision de la technologie. Plusieurs tendances européennes se dessinent : il existe tout d’abord un large consensus autour des avantages de la technologie dans notre vie quotidienne, avec presque trois personnes sur quatre (72%) affirmant que les solutions technologiques numériques facilitent leur vie. La digitalisation d’un large éventail de secteurs est également appréciée, notamment dans l'énergie et la finance.

Selon Ronan Chastellier, sociologue : « Le côté « fluidificateur » des Tech numériques est ce qui permet de convertir le plus largement à l’usage. La fluidité apparaît comme un potentiel multiplicateur, une augmentation des opportunités d'accès à une grande diversité d'expériences. La fluidité est un idéal de perfection qui s'appuie sur "un désir de toute puissance" de l’usager comme l’ont noté les psychanalystes, et une fois acquis les avantages liés à la Tech, on ne reviendra plus en arrière. »

Cependant, cette accélération digitale est assez hétérogène selon les pays. En effet, selon l’indice de transformation numérique, la France se classe 7ème sur les 9 pays sondés. La France obtient le score le plus bas dans le potentiel de déploiement technologique plus large à l’avenir. Pourtant, la France est plutôt performante dans la santé, la majorité (52%) des Français interrogés étant favorables à une numérisation accrue dans le secteur de la santé, soit la quatrième proportion la plus élevée parmi les pays sondés. Les résultats varient selon les différentes générations : 57% des Français âgés de 18 à 34 ans sont favorables à une numérisation accrue, contre moins de la moitié (44%) des personnes âgées de 55 ans ou plus.

En termes de comparaison, nos voisins tels que l’Espagne ou le Royaume-Uni s’en sortent beaucoup mieux en occupant la seconde et troisième marche du podium de la transformation digitale. L’Espagne brille par sa maturité numérique, avec une grande partie de personnes prêtes à adopter de plus en plus de solutions digitalisées. Le Royaume-Uni quant à lui, se distingue par son taux de pénétration numérique dans la vie de ses citoyens.


L’impact de la Covid-19 accentue la transformation numérique
 
Cette étude confirme aussi que la pandémie a boosté cette accélération dans toute l'Europe : plus d'un tiers (36%) des personnes interrogées confirment utiliser plus d’outils technologiques en dehors du travail. Ces changements de comportement semblent avoir modifié en profondeur les appétences ainsi que les habitudes d’usage de ces technologies, un Français sur cinq s’attend à ce que leur utilisation en dehors du travail soit plus importante après la pandémie.

Ronan Chastellier détaille : « Le télé travail et les technologies induites auront aussi des conséquences sur la diffusion des Tech de la sphère professionnelle vers la sphère privée. »

Yoni Assia, PDG et co-fondateur d'eToro
, poursuit : « Du travail à la famille, de l'argent aux médias, la façon dont nous interagissons avec quasiment tous les éléments de notre quotidien a changé cette année avec la Covid-19. L'année 2020 a été marquée par l'accélération numérique. Le monde entier a appuyé sur la pédale d’accélération et nous avons adopté en quelques semaines une technologie qui, dans un différent contexte, aurait mis quelques années à s'imposer dans notre vie quotidienne. »

Les Européens ont, dans l'ensemble, bien réagi à l'accélération de l’utilisation des outils numériques pendant la pandémie. 46% ont déclaré que l'expérience leur avait enseigné de nouvelles compétences et un tiers (33%) a indiqué que cela leur avait donné envie d'essayer de nouvelles technologies. Les avantages ont été particulièrement soulignés par les générations plus âgées, avec 55% de personnes âgées de 55 ans et plus déclarant que l'utilisation accrue de la technologie avait amélioré leur vie. À une échelle nationale, la majorité des Français (53%) s’entend à dire que l'utilisation accrue des outils ​technologiques leur a facilité la vie et 33% ont déclaré avoir acquis de nouvelles compétences.


La cybercriminalité et la fracture numérique : des sujets d’inquiétude

 
Si, comme les Français, la majorité des Européens (72%) estiment que les technologies numériques facilitent la vie et sont généralement favorables à une numérisation accrue dans l'ensemble des secteurs de l'économie, les recherches révèlent des inquiétudes sur le rythme et l'ampleur de la transformation numérique qu'il convient de poursuivre.

Deux Européens sur cinq estiment que les technologies numériques se répandent trop rapidement. Un avis partagé en France par près de la majorité des Français (46 %) alors que 37 % se sentent également dépassés par le rythme de ce changement. Des résultats pas tellement surprenant, compte tenu de l'accélération de la transformation numérique constatée en conséquence de l’épidémie de Covid-19.

À titre d’exemple, la grande majorité des personnes interrogées (97%) s'inquiètent des risques de cybercriminalité à mesure que de plus en plus de données et d'activités sont transférées en ligne. En France, plus d'un quart (26%) se disent extrêmement préoccupés.

Les implications sociales de la technologie numérique pèsent également lourdement sur l'esprit de nombreux Européens, dont les Français. En effet, 95% d'entre eux sont au moins un peu préoccupés par la "fracture numérique" ​croissante, ayant conscience que les personnes qui n'ont pas accès aux technologies numériques sont laissées pour compte. Cela montre bien qu'encourager un accès équitable à la technologie numérique s’avère essentiel pour l'acceptation générale d’une utilisation plus large de la technologie.


L'avenir est numérique


Bien que les recherches montrent que des défis évidents se profilent à l'horizon, il y a aussi beaucoup de positif. Un grand nombre de technologies numériques sont déjà profondément ancrées dans la vie quotidienne des citoyens européens. La plupart sont en faveur d’une numérisation accrue dans de nombreux secteurs de l'économie tels que l'énergie et des services publics (71%), la finance (65%) et les loisirs (64%). La proportion de Français qui seraient à l'aise pour payer leurs impôts et accéder aux services publics en ligne (75%) est la deuxième plus élevée d’Europe, derrière la Roumanie (77%). Aussi, l'utilisation des moyens de paiement numériques en France est la deuxième plus importante après le Royaume-Uni. Les avancées technologiques dans ces domaines sont bien entendu à applaudir, même si elles peuvent en inquiéter certains.

Yoni Assia conclut : « Notre avenir sera numérique, et la grande majorité s'accorde à dire que la technologie nous rendra la vie plus facile. Cependant, pour que ce monde réussisse, nous ne devons pas perdre de vue l'élément humain qui est au centre de cette transformation. Nous savons que les préoccupations relatives à la désinformation et à la protection des données ont déjà incité les cohortes parmi les millenials et la génération Z à agir. Nous savons que les risques posés par une fracture numérique ne sont pas limités aux individus, mais à des pays entiers. La viabilité de notre avenir numérique dépend donc de notre capacité à faire en sorte que ce nouveau monde soit inclusif, moral et - en fin de compte - humain. »

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