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Vers une gestion des déchets d'entreprises en pleine conscience


Tribune de Mathieu Labro, co-fondateur de Take a waste*.

 

Une étude de Citéo montrait qu’en 2017, 89% des français triaient leurs emballages, dont 51% le faisaient systématiquement. Deux indicateurs en augmentation constante ces dernières années. Mais paradoxalement, dès qu’on quitte son foyer, le geste de tri devient plus compliqué. Sur nos lieux de travail, encore trop peu d’établissements proposent une poubelle spécifique pour le tri des emballages. Même constat hors de nos lieux de vie et de travail : dans les fast-foods, pour ne citer qu’eux, à peine 40% des enseignes proposent de tels dispositifs (étude Zero Waste France 2019). Et pourtant, le secteur tertiaire (services, hôtels et restaurants, administrations et services publics, commerces) génère plus de 20 millions de tonnes de déchets chaque année, soit autant que les déchets générés par l’ensemble des ménages français dans leurs foyers. Dit autrement, si on ne fait le tri qu’à la maison, on oublie 50% du problème.

 

Pourtant, plusieurs décrets obligent les établissements à mettre en place des dispositifs permettant aux usagers de trier leurs déchets pour les valoriser. Rares sont les établissements qui sont en complète conformité avec cette réglementation, souvent plus par omission que par volonté farouche de ne pas la respecter. La gestion de nos déchets du quotidien en est donc à cette croisée des chemins très singulière, entre prise de conscience massive par la population de l’importance du sujet et dispositifs de tri adéquats encore trop rares dans nos quotidiens, hors de nos foyers.

 

Cachez ce déchet que je ne saurais voir 

 

Aujourd’hui, il est temps de changer de référentiel et de passer de la logique purement logisticienne à une approche volontariste. Le déchet, une fois généré, est trop souvent caché, stocké loin des regards, et sommé de disparaître, vite. Au contraire, reconnaissons au déchet sa place prépondérante dans nos vies : on en produit plus d’un kilo par jour et par personne, on lui doit bien ça ! La première difficulté consiste à le mesurer.

 

Car à la différence de l’électricité, il n’y a pas de compteurs sur les contenants déchets. Même si on constate l’émergence de technologies permettant la pesée embarquée des contenants ou la mesure de leur taux de remplissage, on est encore loin de la généralisation de cette pratique sur le marché des prestations de collecte des déchets.

Une fois mesuré, le déchet doit être correctement géré. Se pose alors la question de ce qu’on entend par là. Car, souvent synonyme de gaspillage, on aurait tendance à vouloir s’en débarrasser rapidement. Là encore, il est question d’assumer le déchet qu’on produit. Et pour l’assumer correctement, on milite pour un triple référentiel :

  • Le respect de la réglementation. La gestion des déchets doit être passée au crible des réglementations concernant les différents flux et le résultat doit être sans appel : conformité ou non-conformité.
  • La mesure rigoureuse de l’impact des pratiques de gestion. Avec la démocratisation des bilans carbone, cet indicateur devient parlant pour une bonne partie de la population. Bonne nouvelle : les procédés de destruction, de recyclage et de transport des déchets ont leur part de responsabilité dans les émissions de CO2, et tout cela se mesure très bien. Enfouir ou incinérer ses déchets n’a pas le même impact sur l’environnement, et c’est encore plus parlant quand on met des chiffres sur ces procédés.
  • La quantité de déchets produite. S’il n’existe pas de réglementation sur le volume total de déchets générés (mais il existe des interdictions pour certains types de produits en plastique comme les pailles ou les gobelets), la réduction de ceux-ci est une variable inconditionnelle d’une bonne gestion des déchets. Cela reste le meilleur moyen de réduire son impact sur l’environnement - même si on recycle - et la clé de voûte de toute politique d’amélioration de la gestion des déchets.

Sans approche méthodique, le sujet de la gestion des déchets en entreprise restera le parent pauvre de la réduction de l’empreinte environnementale.

 

 

A propos de Take a waste et de son fondateur

 

Consultant 6 ans chez Deloitte Développement Durable (ex- BIO Intelligence Service), Mathieu Labro est diplômé de l’ESSEC. Chez Deloitte, il a réalisé plusieurs missions d’accompagnements d’entreprises et établissements publics pour mettre en place des stratégies de gestion durable des déchets. Ensuite, Mathieu Labro a co-fondé Take a waste en décembre 2018 du constat que le parcours de la gestion des déchets en entreprise n’est pas toujours facilité et rendu transparent par les différents prestataires. La start-up a développé une offre d’accompagnement des entreprises allant de l’élaboration du diagnostic initial jusqu’au zéro déchet. La start-up est spécialisée sur 4 secteurs : distribution, hôtellerie, restauration, santé (maisons de retraite et cliniques). Elle compte parmi ses clients : Hyatt Hôtels, Relais & Châteaux, Prêt à Manger, Elsan, Korian…

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