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[Point de vue] PME, pensez "acquisition" face à la crise

Par Hervé Yahi, serial entrepreneur et operating partner chez I&S Adviser.

 

Alors que l'actualité relaie chaque jour les annonces de nouveaux plans de licenciements et de dépôts de bilan, de nombreuses PME luttent pour maintenir leur activité à flot et assurer leur pérennité. Comment déjouer les prévisions alarmantes qui sont faites, assurer sa croissance et éviter la défaillance ?

 

Les prévisionnistes n'annoncent vraiment rien de rassurant : la crise est devant nous et surtout, elle sera violente.

- L'OFCE, dans sa note du 19 juin dernier, anticipe une augmentation de 80% des défaillances d'entreprises en France en lien avec la crise de la Covid19.

- L'assureur-crédit Coface table sur une hausse +21% d'ici fin 2021.

- Le cabinet Altares explique quant à lui s'attendre à une accélération des mises en cessation de paiement à compter de fin août 2020.

 

Pour l'heure, les aides de l'État et le dispositif de chômage partiel ont évité la précipitation du nombre de faillites. Mais pour combien de temps encore ?

 


Renforcer et enrichir les offres et le business model de l'entreprise

Parmi les pistes qu'il est intéressant pour les PME d'explorer afin de tenir dans la tempête figurent le renforcement et l'enrichissement de leurs compétences par le biais de partenariat(s) et d'acquisition(s). L'enjeu de cette démarche est de se donner les moyens de sur-performer par rapport à son plan de développement initial et ainsi d'être en mesure d'absorber le ralentissement économique tout en assumant ses engagements, dont ceux rajoutés avec entre autres la souscription du PGE (prêt garanti par l'Etat).


Réfléchir vitesse d'enrichissement des offres et du business model joue aussi un rôle de levier de sur-accélération pour la phase d'après-crise, un élément que tout chef d'entreprise prend en considération.

 
Trois étapes à respecter

- Tout d'abord, formaliser le cap à atteindre en précisant ce qui doit être renforcé ou ajouté. Par exemple, mettre au point une offre différenciée sur un marché d'acquisition à croissance forte.

- La seconde étape consiste à identifier les raccourcis pertinents dans la feuille de route de l'offre pour délivrer au marché en encapsulant des technologies ou des éléments tiers.
- Enfin, la troisième étape d'arbitrage : l'exécution rapide dans la complétion de l'offre et sa délivrance au marché.

 

Choisir entre partenariat et acquisition

Certaines PME qui se diversifient optent pour des partenariats. C'est notamment le cas de la PME marseillaise Corania qui était jusque-là spécialisée dans les eaux de toilettes, a lancé une activité pérenne de gel hydro-alcoolique, puis a noué un partenariat avec l'entreprise de mobilier urbain La Serrurerie la Parette pour commercialiser une borne de distribution sans contact de son gel.

 

La conjoncture économique actuelle imposant d'aller vite, l'option de l'acquisition s'avère néanmoins souvent une piste gagnante, a fortiori si la PME doit accélérer dans le digital. Plusieurs raisons à cela :

- Racheter une entreprise existante évite de partir de zéro et permet donc de lancer plus vite les phases de déploiement opérationnel des offres et/ou du business model, tout en ayant déjà des débouchés commerciaux.

- Elle permet de capitaliser sur les retours d'expérience de la structure acquise, avant et pendant la crise, aidant à opérer les ajustements nécessaires compte tenu des objectifs et du marché.

- Elle enrichit les deux équipes existantes de savoir-faire qui, si l'intégration a été bien gérée, pourront nourrir ou renouveler d'autres pans de l'activité de la PME.

 

Une démarche à aligner sur le cap à atteindre

Nous sommes loin ici des démarches d'acquisition prédatrices qui veulent juste profiter du malheur des autres pour capter des parts de marché. La démarche est à 100% guidée par le nouveau cap du plan de développement, l'objectif final étant la création de valeur pour la nouvelle entité.

 

La crise qui se profile impose d'agir vite pour se doter de toutes les ressources et de tous les atouts nécessaires pour l'affronter.

 

Alors que privilégierez-vous : « make » ou « buy » ?

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