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Investissements bas carbone des entreprises : peut mieux faire...

Pour être en bonne voie d’atteindre l’objectif de zéro émissions nettes d'ici 2050 - le nouvel objectif climatique de l’UE - les entreprises devraient doubler la part des investissements bas carbone dans leurs dépenses totales en capital, de 12% à 25%

Les entreprises européennes ont déclaré un total de 124 Mds€ de nouveaux investissements bas carbone l'année dernière, mais vont devoir doubler leurs dépenses d'investissement en capital (CAPEX) pour atteindre le nouvel objectif climatique de l’UE, selon un nouveau rapport.

Le rapport, « Doubling Down : Europe’s Low Carbon Investment Opportunity » , publié par l’organisation à but non lucratif CDP et la société internationale de conseil en management Oliver Wyman, constate que 882 sociétés européennes cotées ont déclaré 59 Mds€ de nouveaux investissements et 65 Mds€ de nouvelles dépenses en recherche et développement (R&D) bas carbone l’an dernier.

Les entreprises analysées génèrent des émissions annuelles équivalentes aux trois quarts du total émis par l'UE et représentent 76% de l’intégralité de la capitalisation boursière européenne.

Parmi les principaux domaines visés par ces nouveaux investissements figurent la recherche & développement (R&D) dans les technologies liées aux véhicules électriques, avec 43 Mds€, et les investissements dans les énergies renouvelables (16 Mds€), les infrastructures de réseaux énergétiques (15 Mds€) et les programmes de maîtrise de la demande pour l’énergie intelligente (8 Mds€).

Le rapport estime cependant que les entreprises devraient doubler leurs dépenses d’investissement de capital (Capex) bas carbone de 12 à 25% par an pour être en ligne avec la trajectoire d'émissions nettes nulles d'ici 2050, ce qui sera nécessaire pour atteindre le nouvel objectif de neutralité climatique définie par l'UE.

Le nouveau rapport présenté ce 25 février aux CDP Europe Awards, indique une véritable logique commerciale liée à la réalisation de nouveaux investissements bas carbone. Dans l'ensemble, les entreprises européennes prévoient de se passer de 2,4 gigatonnes d'émissions - plus que les émissions annuelles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de la Pologne réunis - tout en poussant leurs résultats nets à la hausse, à hauteur de plus de 40 Mds€.

Les entreprises européennes identifient également 1 220 Mds€ en nouvelles opportunités commerciales bas carbone, notamment grâce à une demande accrue pour les véhicules électriques et les infrastructures vertes. La valeur de ces opportunités représente plus de six fois leur coût d'investissement de 192 Mds€.


Parmi les nouvelles opportunités bas carbone, figurent :

- L'entreprise de construction ACS (Actividades de Construccion y Servicios), qui voit une opportunité de 11 Mds€ dans des projets de construction et d'infrastructure écologiques.

- Volkswagen AG, qui prévoit que les véhicules électriques à batterie représenteront 25% des ventes annuelles d'ici 2025, soit une opportunité financière de 59 Mds€.

- Le groupe énergétique E.ON SE prévoit 7 à 10 millions de véhicules électriques présents en Allemagne d'ici 2030, ce qui représente une opportunité de 12 Mds€ grâce aux infrastructures de recharge et aux solutions matérielles et logicielles associées.

Les investissements bas carbone sont aujourd’hui concentrés dans quelques secteurs clés et les entreprises des secteurs des transports, de l'énergie et des matériaux représentent plus de 9€ pour chaque 10€ dépensés. Les entreprises de ces secteurs représentent plus de 80% des émissions directes de l’échantillon sous revue, ce qui signifie que leurs investissements ont un impact majeur sur les émissions européennes globales et sur la probabilité que l'UE atteigne son objectif de neutralité climatique.

De nouveaux investissements importants pour déployer des technologies bas carbone ont été déclarés dans le secteur énergétique européen, avec 45 Mds€ de nouvelles dépenses dans les énergies renouvelables, les infrastructures de réseau, la maîtrise de la demande en énergie et les technologies de digitalisation.

Dans le secteur des transports, où la réalisation des objectifs de l'UE nécessitera une transition rapide vers l'électrification, 43 Mds€ ont été déclarés pour de nouveaux investissements en R&D, principalement pour le développement des véhicules électriques et des technologies autonomes. Néanmoins, les entreprises du secteur des matériaux, qui comprennent des industries très émettrices en carbone telles que le ciment, la chimie, la sidérurgie et le secteur minier, n'ont déclaré que 5% de tous les investissements bas carbone pour 2019, bien qu'elles représentent près de 40% des émissions directes.

Ces industries doivent développer des technologies de rupture si elles veulent décarboniser leurs activités conformément aux ambitions de l'UE, mais leurs niveaux d'investissement restent faibles. Moins de 1% du total des investissements bas carbone en Europe a été orienté vers le développement des technologies liées au captage, au stockage et à l’utilisation du carbone (CCUS) ou à l'hydrogène, qui peuvent être déployées dans les industries lourdes pour remplacer les combustibles fossiles.

Steven Tebbe, Directeur Général de CDP Europe, déclare : « Les entreprises européennes investissent massivement dans des technologies transformatives bas carbone qui peuvent aider l'UE à atteindre son objectif de neutralité climatique d'ici 2050. Pour de nombreux domaines d'investissement, la logique commerciale en faveur de la transition des entreprises vers une trajectoire à faible émission de carbone est claire et les opportunités sont vastes. Mais les niveaux d'investissement actuels globaux sont encore loin de mettre les entreprises européennes sur la bonne voie pour atteindre « zéro émissions nettes ». Pour les industries où la décarbonisation est plus difficile, il y a un besoin pressant de la part des marchés financiers et des décideurs politiques de créer de meilleures conditions pour les investissements bas carbone et d’offrir des incitations plus fortes afin de stimuler l'investissement dans les technologies de rupture, où les dépenses d’investissement sont souvent élevées et les bénéfices ne sont mesurables qu’à long-terme. »

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