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Croissance mondiale : les dirigeants d’entreprise pessimistes

Présentée lors de l’ouverture du Forum économique mondial à Davos, la 23ème édition de la « Global CEO Survey », menée entre septembre et octobre 2019 auprès de quelques 1 600 dirigeants d’entreprise dans 83 pays, donne les tendances sur le climat des affaires en 2020, dont pour la 1ère fois en France.

La confiance des dirigeants en déclin, la France plus optimiste ?

Pour l’année à venir, seuls 27 % des dirigeants se déclarent « très confiants » dans la croissance de leur entreprise au cours des douze prochains mois (contre 35% l’an passé), le plus faible score observé depuis 2009. Si les niveaux de confiance sont globalement en berne à travers le monde, on constate d’importants écarts d’un pays à l’autre : la Chine et l’Inde affichent les taux de confiance les plus élevés parmi les grandes économies (45 et 40% respectivement), suivies des États-Unis (36%), du Canada (27%), du Royaume-Uni (26%) et de l’Allemagne (20%).

En France, les dirigeants sont 18% à se déclarer très confiants. Ces derniers restent néanmoins optimistes puisqu’ils sont 62% à être « assez confiants » dans les perspectives de croissance de leur propre entreprise, soit une moyenne supérieure au niveau mondial (45%).

L’analyse menée par PwC auprès des dirigeants sur les dix dernières années montre que leur confiance envers les perspectives de croissance du chiffre d’affaires de leur entreprise est corrélée statistiquement avec la hausse réelle du PIB mondial durant l’année suivante. Ainsi, la confiance des dirigeants dans leur propre croissance constitue un indicateur majeur des perspectives de croissance économique mondiale (voir graphique). Si cette tendance se vérifie, la croissance mondiale pourrait ainsi pointer à 2,4% en 2020, en deçà de nombreuses estimations, dont celle du FMI formulée à 3,4% en octobre dernier.

« Cette année, le pessimisme des dirigeants continue de grandir et atteint un plus bas niveau comparable à 2009, au moment de la crise des subprimes. Anticipent-ils une crise ? Autre hypothèse : les enjeux climatiques, la disruption technologique, la montée des inégalités, le vieillissement de la population et les taux d’intérêts négatifs provoquent des conséquences politiques et sociétales encore mal comprises. Ce nouvel environnement bouleverse profondément les stratégies d’entreprises. Le prisme unique de la création de valeur au profit du seul actionnaire est remis en cause. Le dirigeant doit prendre en compte toutes ses parties prenantes pour agir au cœur même de la société et de son environnement. L’urgence est là ! », explique Bernard Gainnier, Président de PwC France et Afrique francophone.

 

Un pessimisme record dans les perspectives de croissance économique mondiale

Au-delà de leurs propres perspectives de croissance, les dirigeants mondiaux sont également pessimistes s’agissant de la croissance économique mondiale.  53% d’entre eux craignent un ralentissement de la croissance économique en 2020, contre 29% en 2019 et à peine 5% en 2018. Il s’agit du score le plus élevé depuis que PwC pose cette question dans le cadre de son baromètre annuel. Le nombre de dirigeants prévoyant une amélioration de la croissance économique a chuté de 42% en 2019 à seulement 22% en 2020.

Cette tendance est particulièrement marquée en Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest et au Moyen-Orient, où ils sont respectivement 63%, 59% et 57% à anticiper une détérioration de la croissance mondiale dans l’année à venir. En France, plus d’1 dirigeant sur 2 pensent que le PIB mondial va chuter en 2020 (51%, soit -2 points par rapport au niveau mondial).


La Chine en quête de croissance se détourne des États-Unis

Au classement global, les États-Unis conservent de justesse leur rang de premier marché cible pour générer de la croissance sur les douze prochains mois : 30% des dirigeants le désignent comme tel, soit un point de pourcentage au-dessus de la Chine (29%). Cependant, les tensions politiques et commerciales actuelles ont fortement dégradé l’attractivité des États-Unis aux yeux des dirigeants d’entreprise chinois.  Cette perte pour les États-Unis joue en faveur de l’Australie : les chefs d’entreprise chinois sont désormais 45% à faire figurer le continent australien parmi leurs trois principaux marchés de croissance, contre 9% seulement il y a 2 ans.

Le top 5 des pays générateurs de croissance reste par ailleurs inchangé par rapport à l’an dernier : on y retrouve l’Allemagne (13%), l’Inde (9%) et le Royaume-Uni (9%), un résultat notable compte tenu des incertitudes suscitées par le Brexit). La France recule légèrement par rapport à l’année dernière pour se placer à la 8e position en termes d’attractivité. 

 

Excès de réglementation, conflits commerciaux et croissance économique incertaine : le top 3 des menaces identifiées

Cette année, les dirigeants sont largement préoccupés par la croissance économique incertaine : elle fait un bon en 3e position des menaces pour les perspectives de croissance de leur entreprise. L’an passé, elle figurait en dehors du top 10, à la 12e position. L’excès de réglementation domine une fois de plus le classement, suivi des conflits commerciaux.

Le changement climatique monte de 2 places dans ce classement (12e), mais il ne figure toujours pas dans le top 10 des principales menaces perçues comme pesant sur la croissance, malgré le nombre croissant de catastrophes naturelles et l’intensité des débats. La cybersécurité (4e position) ou les tensions géopolitiques (7e position) demeurent parmi d’autres menaces identifiées.

Le déficit de compétences humaines constitue le principal frein à la croissance pour les entreprises françaises. Les conflits commerciaux arrivent à la seconde place du classement en France. Plus largement, la montée du populisme, le protectionnisme et les incertitudes géopolitiques inquiètent les dirigeants français. 


Prendre le tournant de la montée en compétences, la question ne se pose plus

Les dirigeants ont conscience que la montée en compétences (upskilling) est l’un des leviers afin de pallier la pénurie de talents. Ce défi est d’autant plus urgent à relever dans un contexte où l’automatisation de certains métiers augmente et de vieillissement de la population active. Néanmoins, les dirigeants sont peu à progresser réellement dans cette voie : seuls 18% d’entre eux déclarent avoir réalisé des « progrès nets » dans l’élaboration d’un programme de montée en compétences. En France, ce chiffre est légèrement plus élevé et atteint 23%.

Pourtant, les effets positifs de l’upskilling sont bien concrets. Au niveau mondial, les entreprises qui ont le plus avancé dans la mise en place de programmes d’upskilling observent de nettes améliorations dans le renforcement de la culture d’entreprise et l’engagement des collaborateurs (60%), une hausse de l’innovation et une accélération de la transformation digitale au sein des équipes (51%), et une augmentation du chiffre d’affaires (37%).

Par ailleurs, une étude menée par PwC en 2019 montre que 77% des 22 000 salariés interrogés dans le monde entier souhaiteraient apprendre davantage ou se reconvertir. Seuls 33% d’entre eux ont le sentiment de s’être vu donner la possibilité d’acquérir un bagage numérique en marge de leurs activités normales.

« La montée en compétences sera l’un des principaux sujets abordés cette semaine à Davos. Les dirigeants d’entreprise, les établissements et organismes de formation, les pouvoirs publics et la société civile doivent travailler ensemble afin que la population active du monde entier puisse rester mobilisée de manière productive dans un travail épanouissant et porteur de sens. À cet égard, les dirigeants ont un rôle essentiel à jouer. Même s’ils peuvent nourrir des craintes quant à l’avenir, les salariés sont désireux d’apprendre et de se former, et ils attendent des chefs d’entreprise qu’ils balisent le terrain », indique Bob Moritz, Président du réseau international de PwC.


Changement climatique : défi ou opportunité ?

Bien que le changement climatique ne figure pas parmi les dix principales menaces pesant sur les perspectives de croissance des dirigeants, ces derniers reconnaissent de plus en plus les bienfaits d’agir pour réduire leur empreinte carbone. Par rapport à il y a 10 ans, les dirigeants sont aujourd’hui deux fois plus nombreux à estimer que la mobilisation dans les initiatives de lutte contre le changement climatique leur donnera une longueur d’avance du point de vue de la réputation (16% « tout à fait d’accord » en 2010, 30% en 2020). Par ailleurs, 25% des dirigeants considèrent que ces initiatives se traduiront par de nouvelles opportunités en matière de produits et services, contre 13% en 2010. 

Alors que la perception de telles opportunités en matière de produits et services est restée relativement stable aux États-Unis et au Royaume-Uni durant la décennie écoulée, un renversement complet s’est opéré en Chine. En 2010, seuls 2% des chefs d’entreprise chinois voyaient dans le changement climatique une opportunité ; ils sont 47% en 2020 - de loin la hausse la plus marquée, tous pays confondus.  Toutefois, pour que ces opportunités se transforment en success stories durables, les principes de l’action contre le changement climatique doivent figurer au cœur de la stratégie de l’entreprise, de l’expérience client jusqu’au sourcing des ressources en passant par la chaîne logistique.

 

Détail de l'étude accessible ICI

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