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Près de 40% des startups visent trop ‘bas’ pour leur levée de fonds

La nouvelle étude d'Early Metricsl’agence de notation des startups et des PME innovantes, s’est intéressée aux montants levés par ces dernières, afin de mesurer l’écart entre les montants souhaités et effectivement obtenus. Les résultats révèlent que près de 4 startups sur 10 (38,3%) demandent moins de financement que ce qu’elles obtiennent in fine. L’étude souligne les écarts fréquemment observés entre l’auto-évaluation des entreprises et la valeur que les investisseurs leurs attribuent. Early Metrics relève par ailleurs 5 indicateurs qualitatifs de succès pour une levée de fonds.


Startups : l’art de savoir se valoriser au juste prix

Cette étude a été menée sur un échantillon d’entreprises européennes issues de la base de données de 2 000 startups notées par l’agence depuis 2014. Parmi cette base, Early Metrics a sélectionné les startups et PME innovantes ayant exprimé le souhait de lever des fonds lors de leur notation et ayant réussi à le faire dans les 12 mois qui ont suivi (soit un total de 132 startups). L’étude n’inclut pas les startups ayant échoué à lever des fonds dans l’année suivant leur notation ou qui ont levé des fonds sans l’avoir prévu au moment de la notation. Toutes les sociétés de l’échantillon sont dans leur phase de financement initial ou dans leur premier tour de table (Série A).

Principaux enseignements

- En moyenne, les startups se sont fixé pour but de lever 1,2 M€ et ont touché en réalité 933 000€, parvenant ainsi à lever 83% de leur objectif initial.
- Les startups « pré-revenu » (sans CA) ont obtenu 74% de leur objectif initial en moyenne, tandis que les startups « post-revenu » ont levé 91%.
- 52,7% des entreprises ont visé trop haut, levant moins que ce qu’elles pensaient lever initialement.
- Parmi celles-ci, il est intéressant de noter que 18,2% ont tout de même levé plus de 70% de la somme attendue et ne sont finalement pas si loin de leur objectif.
- 9% de startups ont levé exactement la somme qu’elles s’étaient fixée comme objectif. Ce résultat témoigne du fait qu’il est très difficile pour une jeune pousse d’estimer correctement sa propre valeur, en particulier en l’absence de garanties financières (turnover, etc.). Son manque de références comparables sur le marché rend d’autant plus difficile son évaluation via des méthodes traditionnelles
- 38,3% des startups ont levé plus que prévu. Ce taux est relativement haut lorsqu’on prend en considération le jeune âge des ces entreprises et montre que les investisseurs peuvent parfois voir plus de potentiel de croissance dans une entreprise que son dirigeant.


La réalité derrière ces chiffres

Il existe plusieurs facteurs pouvant expliquer l’écart entre l’objectif initial de levée de fonds et la somme réellement levée. Le premier est qu’il n’est pas toujours facile de déterminer de quel montant de capitaux une entreprise a besoin pour franchir les différentes étapes clés de son développement. C’est pourquoi les jeunes pousses réajustent souvent leur demande en fonction des conseils de mentors et des investisseurs. Il arrive que des entrepreneurs réalisent qu’ils ont besoin de plus de fonds que prévu initialement pour que leur solution high-tech arrive sur le marché, ce qui explique pourquoi tant de startups lèvent davantage qu’escompté. Ces entreprises peuvent décider par ailleurs de baisser leur demande de fonds parce que leur activité ne demandera pas beaucoup de cash, du moins aux premières étapes.

Un autre facteur important qui pèse dans les négociations est le risque de dilution. Même si les jeunes pousses s’en sortent vraiment bien, les investisseurs obtiendront un moindre retour sur investissement si l’entreprise décide de répartir ses parts entre de nombreux actionnaires et à travers de multiples levées de fonds. Afin d’éviter cela, les investisseurs ont tout intérêt à investir plus et demander un meilleur pourcentage de l’actionnariat. Pour autant, si la startup ne souhaite pas faire de compromis sur la structure du capital ou bien doit prévoir plusieurs levées de fonds, l’investisseur pourrait proposer moins que requis.

Il est aussi commun que les startups visent un peu plus haut afin d’impressionner les investisseurs et leur montrer qu’elles ont du potentiel pour être ‘la prochaine pépite’, une des raisons pour lesquelles plus de la moitié des jeunes entreprises a levé moins que le montant initialement fixé.


La levée de fonds des startups se professionnalise

Bien que l’étude ne soit pas exhaustives, ces données préliminaires sont encourageantes car elles soulignent un changement de mentalité où les jeunes pousses ne visent plus vraiment la lune sans réfléchir mais essayent de se fixer des objectifs réalistes. Les chiffres soulignent que la moitié des startups de l’échantillon se sont montrées réalistes en obtenant entre 70 et 150% de leur objectif.

« Il est compliqué pour une jeune startup de prévoir exactement quel capital sera nécessaire pour croître et savoir combien demander pour sa levée de fonds. Les investisseurs connaissent la même difficulté pour estimer le retour sur investissement et bien mesurer les risques. Cela explique l’écart non négligeable entre la somme visée par les startups et le résultat de leur levée de fonds », explique Antoine Baschiera, PDG et co-fondateur d’Early Metrics « Pour autant, l’écart observé n’est pas si important qu’on aurait pu l’imaginer. Cela souligne que la levée de fonds est en train de se professionnaliser et que les entrepreneurs sont de plus en plus avertis. »


Les 5 facteurs qualitatifs de succès pour une levée de fonds

Early Metrics s’est également intéressé aux facteurs de succès qui démarquent les startups ayant atteint leur objectif de levée de fonds (ou l’ayant dépassé). 5 caractéristiques montrent une forte corrélation avec le succès de la levée de fonds, en faisant des indicateurs fiables de l’issue d’une levée :

1. La vitesse d’exécution
2. L’influence dans la presse et sur les réseaux sociaux
3. La complémentarité des compétences de l’équipe dirigeante
4. Le caractère innovant du projet ou du produit
5. Les compétences en gestion financière des dirigeants

« Les investisseurs en ‘early stage’ ne peuvent pas baser leur décision sur la performance financière de ces dernières, à cause du manque d’historique. Ils s’intéressent alors à aux caractéristiques qualitatives de la jeune entreprise. Ils n’accordent ainsi pas seulement de l’importance au caractère innovant du projet mais également aux compétences de l’équipe et à la réputation de l’entreprise. Si cette dernière est influente et présente dans les médias, cela peut booster l’acquisition de nouveaux clients et présager de bonnes perspectives pour le futur », conclut Antoine Baschiera. 

Early Metrics. À travers l'analyse de critères extra-financiers (équipe, produit/service, écosystème), Early Metrics mesure le potentiel de croissance de jeunes pousses. À ce jour, près de 2000 startups et scale-ups européennes et internationales ont été notées pour le compte de plus de 200 clients, grands groupes et investisseurs privés et institutionnels. Early Metrics est implantée à Paris, Londres, Berlin et Tel-Aviv. 
http://earlymetrics.com/ 

 

 

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