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Les biotechnologies, un secteur d’avenir

 Billet mensuel du Docteur Leber, fondateur d’Acatis, société de gestion indépendante allemande.

Après la blockchain et l’électromobilité, place aux biotechnologies. Trois facteurs viennent se conjuguer : une technologie de séquençage du génome, dont le coût diminue à toute allure, une quantité faramineuse de données génétiques, comme par exemple la base de données de 23andMe* qui contient les données de millions de personnes, et la possibilité de modifier activement le génome (technique CRISPR/Cas).
*23andMe, société de biotechnologie basée à Mountain View en Californie, propose, moyennant finance, une analyse du code génétique des clients.

 

On éprouve un certain malaise à la lecture des rapports scientifiques évoquant des essais génétiques avec des mouches noires qui passent à la couleur jaune et dont les yeux, suite à une expérimentation réussie, rougeoient dans l’obscurité, ou encore lorsque des maladies héréditaires sont supprimées « d’un coup de ciseau » de l’embryon humain par manipulations génétiques.

Pendant des millénaires, les hommes se sont soignés avec une poignée de médicaments. Depuis le milieu du siècle passé, de nombreux médicaments inédits tels que les antibiotiques ont été découverts.

A présent, nous commençons à comprendre comment les médicaments agissent.

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

23andMe détient les données génétiques de 2 millions de clients ayant pour certains répondu à un questionnaire personnel. Il devient ainsi très facile d’identifier l’origine géographique, certaines caractéristiques (par exemple la prédilection génétiquement programmée pour la coriandre) et les causes des maladies. On peut aujourd’hui éliminer ces maladies du code génétique d’un « coup de ciseaux », ou bien modifier les cellules de l’organisme pour qu’elles attaquent et détruisent de manière ciblée certains types de cellules. Nous en sommes désormais au point où l’on peut diagnostiquer un cancer en fonction du profil génétique et non plus de ses manifestations extérieures. Lorsque la probabilité de contracter un cancer s’élève à 80%, il est recommandé de recourir, à l’exemple d’Angelina Jolie, à une opération préventive.

On parvient aussi, depuis peu, à attaquer de manière ciblée les gènes identifiés comme prédisposant au cancer. Des recherches sont conduites dans ce domaine par des entreprises comme Loxo, Juno et Kite. Novartis va prochainement débuter la commercialisation d’un traitement contre la leucémie qui consiste à reprogrammer les cellules T du patient afin d’amener le corps à combattre les cellules malignes, en obtenant dans de nombreux cas une guérison complète. Les coûts du traitement se chiffrent à 300 000$.

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La société Stratipharm propose un test permettant d’établir selon le profil génétique de l’individu les médicaments qui ont une efficacité supérieure ou moindre qu’à l’ordinaire. Son prix en pharmacie avoisine 500€.

Par une modification ciblée des ribosomes, il est possible de créer de nouveaux antibiotiques à même de vaincre les bactéries habituellement résistantes aux traitements. Du fait de leur faible coût, ils ne sont pas rentables pour les grandes sociétés pharmaceutiques. Le développement de ces produits est donc assuré par de petites entreprises comme Nabriva, Melinta ou Basilea.

Et ce n’est que le début. Le corps humain est extraordinairement complexe et son fonctionnement encore peu élucidé. Mais une technologie peu coûteuse, dont le prix baisse pratiquement d’heure en heure, les importants volumes de données et la possibilité technique d’intervenir de manière ciblée, ouvrent la porte à la médecine prédictive et personnalisée. Sécurité oblige, les moulins de l’industrie pharmaceutique tournent très lentement.

http://www.acatis.de

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