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Loi gaspillage alimentaire : donner le surplus de nourriture, un emplâtre sur une jambe de bois ?

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Des chercheurs anglais affirment que céder aux associations et aux banques alimentaires les invendus consommables des supermarchés ne peut résoudre durablement les problèmes de gaspillage et la pauvreté

En effet, selon le rapport de la Food Research Collaboration**, un système à grande échelle de don de nourriture n'est pas une solution à long terme et ne répondra ni aux besoins des personnes en situation précaire, ni aux problèmes de gaspillage de nourriture. Ce processus pourrait en fait avoir des conséquences négatives sur le plan social et sur la santé des groupes de personnes qu'il est censé aider.

« La redistribution du surplus alimentaire et des déchets des supermarchés vers les relais d'aide alimentaire d'urgence n'est pas une solution au gaspillage et à l'insécurité alimentaire. Cela ne répond pas aux droits des pauvres et des nécessiteux à un régime alimentaire approprié et sain. - affirme leProfesseur Martin Caraher de la City, University of London. Lorsque l'on tient compte des données disponibles, nous pouvons affirmer que les points négatifs de ce type de système de dons l'emportent sur les points positifs. Alors qu'à court terme la redistribution des rebuts alimentaires aux fournisseurs d'aide alimentaire d'urgence peut offrir un soulagement immédiat, il n'existe aucune preuve montrant que cela répond à l'insécurité alimentaire ».

Rédigé par le Professeur Martin Caraher et le Dr Sinéad Furey de l'Université d'Ulster, ce rapport réévalue les données et les recherches disponibles concernant les problèmes de gaspillage et de pauvreté alimentaire, ainsi que l'utilisation des banques alimentaires et les dons de denrées alimentaires des entreprises.

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Tandis que la France et l'Italie ont déjà approuvé la législation exigeant des supermarchés qu'ils donnent leurs surplus alimentaires aux associations caritatives, des discussions parlementaires à ce sujet sont en cours au Royaume-Uni. Dans ce contexte, les chercheurs anglais recommandent aux gouvernements de tenir compte de l' « inapplicabilité, de la moralité et du détournement de l'objectif principal » que constitue la redistribution des surplus alimentaires et de s'intéresser plutôt aux causes profondes et structurelles de la pauvreté.


Le constat
 : une solution à court terme qui ne résout pas les problèmes structurels

- La législation exigeant des vendeurs qu'ils distribuent leurs surplus alimentaires est un « emplâtre sur une jambe de bois » et n'est pas une solution pour aborder le problème de la famine, ni celui des droits fondamentaux des citoyens à l'alimentation ou encore celui de leurs besoins nutritionnels.
- Il est dégradant d'avoir une approche à deux niveaux où certains citoyens peuvent choisir leur nourriture par des moyens socialement acceptables alors que pour d'autres, ce choix est fait à leur place.
- La distribution des surplus alimentaires ne réparera pas un système alimentaire qui fonctionne mal, elle ne répondra pas aux problèmes environnementaux et ne fournira pas la motivation nécessaire pour réduire les surplus ou diminuer le gaspillage à long terme.
- Il n'existe pas assez d'études sur la santé des citoyens concernant l'impact des dons à long terme, ni sur l'insécurité alimentaire. En revanche, on sait que des bénéfices existent à court terme pour les individus.
- Le soutien à la redistribution dispenserait les gouvernements nationaux de l'obligation morale qui les contraint à fournir une sécurité sociale et transférerait cette responsabilité aux œuvres de charité et aux entreprises.
- L'offre de nourriture des supermarchés est imprévisible et les bénéficiaires seraient choisis en fonction des intérêts individuels des œuvres de charité.


Les recommandations :

Les auteurs déclarent que les problèmes de gaspillage et d'insécurité alimentaire doivent être traités en tant que problèmes distincts par les politiciens et les médias, avec des solutions systématiques développées pour chacun d'eux.
Ils ajoutent que l'incitation à produire moins de déchets, passant notamment par la mise en place de taxes de mise en décharge, pourrait être une piste de solution.

Pour répondre au problème d'insécurité alimentaire, les professeurs disent que seule une disposition globale sur la sécurité sociale peut fournir une solution, en argumentant que les gouvernements doivent s'assurer que les retards dans le paiement des allocations et les sanctions n'amènent pas les familles à chercher de l'aide auprès des banques alimentaires et que le fossé entre le revenu et le coût de la nourriture soit comblé.

La Food Research Collaboration est une initiative du Centre for Food Policy (Centre pour la politique alimentaire) à la City, University of London, qui publie des documents informatifs afin de soutenir leur objectif d'une meilleure collaboration entre les universitaires et les organisations de la société civile qui sont concernés, pour améliorer la politique alimentaire au Royaume-Uni.

*Consulter le rapport
http://foodresearch.org.uk/wp-content/uploads/2017/01/Final-Using-food-surplus-hunger-FRC-briefing-paper-23-01-17.pdf

**Food Research Collaboration, City, University of London : Université internationale idéalement située en plein cœur de Londres, qui s'engage à l'excellence académique, est axée sur le commerce et les professions.
http://foodresearch.org.uk/


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