Par Marie
Janoviez, cofondatrice de Caravel.
Il suffit de taper «
PER ou assurance-vie » dans un moteur de recherche pour trouver des dizaines de
comparatifs promettant de trancher définitivement sur le placement à
privilégier. La réalité est plus nuancée. Avant de choisir, deux critères
restent trop souvent absents dans la conversation : le fléchage de l’épargne et
son coût réel.
La vraie question
oubliée : où va notre argent ?
Chaque euro placé sur
un PER ou une assurance-vie est investi quelque part : dans des entreprises,
des obligations, des infrastructures. Ces choix ont des conséquences réelles
sur l’économie, sur le climat et sur les générations futures. Pourtant, la grande
majorité des épargnants ignore ce que leurs contrats financent
concrètement.
À l’heure où les
engagements de l’Accord de Paris imposent une transformation profonde de nos
modèles économiques, l’épargne privée est un levier considérable, sous-utilisé.
Mobiliser les milliards nécessaires à la transition énergétique suppose
d’orienter massivement les capitaux privés vers les bons secteurs. Choisir des
supports d’investissement alignés sur les objectifs climatiques devrait être un
réflexe, pas une option réservée à une minorité conscientisée.
Les frais : le seul
rendement certain
Le second angle mort
concerne les frais. La performance d’un placement est par définition
incertaine. Nul ne peut promettre que les marchés monteront ou que tel fonds
surperformera. En revanche, une chose est sûre : les frais de gestion
amputeront le capital, quoi qu’il arrive. Sur une période de vingt à trente
ans, un différentiel de 1 % de frais annuels représente plusieurs dizaines de
milliers d’euros de capital en moins à l’arrivée. Ce n’est pas un détail.
Or, le marché de
l’assurance-vie et du PER reste très opaque sur ce sujet. Les frais
s’accumulent à plusieurs niveaux (frais de gestion du contrat, frais des unités
de compte, frais d'entrée), rendant toute comparaison complexe pour l’épargnant
ordinaire. Exiger la transparence et préférer des contrats aux frais les plus
bas possibles devrait être une priorité, au moins aussi importante que le choix
entre un PER ou une assurance-vie.
La complémentarité de ces deux placements
Ces deux critères pris
en compte, revenons à la question du choix : PER ou assurance-vie ? Ces deux
produits ne répondent pas aux mêmes besoins et ne jouent pas le même rôle.
Le PER permet de
déduire les versements des revenus imposables, en contrepartie d’une épargne
bloquée en principe jusqu’à la retraite. De son côté, l’assurance-vie permet de
conserver une épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée sur
les gains après huit ans de détention. L’un comme l’autre permet de transmettre
un capital dans des conditions fiscales avantageuses. La règle de bon sens est
alors simple : le PER pour préparer sa retraite, l'assurance-vie pour disposer
d’une épargne plus souple. Les deux ne s’excluent pas, ils se complètent.
La vraie question n’est plus de choisir entre les deux, mais de savoir comment être accompagné sans conflit d’intérêts avec des produits dont on comprend la logique d’investissement, le coût réel et surtout ce qu’ils financent.


