Adoption du Plan national pour renforcer et
coordonner la lutte sur l'ensemble du territoire.
Annie Genevrad,
ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté
alimentaire, et Mathieu Lefevre, ministre délégué chargé de la Transition
écologique, ont signé l’arrêté portant adoption du Plan national de lutte
contre le frelon « asiatique » à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax)
publié ce jour au Journal officiel.
Introduit
accidentellement en France en 2004, le frelon à pattes jaunes est aujourd’hui
présent dans tous les départements hexagonaux. Classé comme espèce exotique
envahissante, il constitue notamment un enjeu pour la filière apicole en raison
de la prédation exercée sur les colonies d’abeilles domestiques. Il peut
également, dans certaines situations, présenter un risque pour la sécurité des
populations. Ses impacts sur la biodiversité, notamment sur les pollinisateurs
sauvages, doivent par ailleurs continuer à être étudiés.
L’éradication complète
de l’espèce n’étant aujourd’hui plus envisageable compte tenu de sa dispersion,
le plan vise à limiter ses impacts grâce à une stratégie de gestion adaptée aux
réalités des territoires.
Trois axes pour une
lutte coordonnée et efficace
Le Plan national
s’articule autour de trois axes complémentaires :
• Développer la recherche et les connaissances, notamment sur les
impacts du frelon sur la biodiversité, les activités agricoles et la santé
humaine, et soutenir le développement de méthodes de lutte plus efficaces et
respectueuses de l’environnement ;
• Organiser la lutte en fonction de la pression
exercée localement,
en classant les départements selon quatre niveaux de pression et en adaptant
les mesures de gestion à cette classification ;
• Renforcer la gouvernance, avec un pilotage
national associant l’ensemble des acteurs concernés et une déclinaison dans
chaque département.
Selon la pression
observée, différentes mesures pourront être mobilisées : détection et
destruction des nids, piégeage des fondatrices au printemps ou dispositifs de
réduction du stress des colonies d’abeilles. Le plan insiste sur la nécessité
de privilégier des méthodes sélectives afin de limiter les effets sur les
espèces non ciblées.
En 2026, une enveloppe
exceptionnelle de 3 millions d’euros a été mobilisée par le ministère chargé de
la Transition écologique afin d’accompagner les territoires dans la lutte
contre le frelon asiatique, en apportant des moyens opérationnels immédiats tout
en soutenant, à moyen terme, le développement de solutions de lutte plus
efficaces et plus sélectives.
Une déclinaison
départementale
Dans les six mois
suivant l’adoption du plan national, chaque département élaborera un plan de
lutte sous l’autorité du préfet, en concertation avec les collectivités, les
acteurs sanitaires, les filières concernées, les associations
environnementales, l’Office français de la biodiversité et les usagers de la
nature.
Ces plans permettront
d’adapter les actions aux situations locales et d’organiser notamment le
signalement, l’évaluation du niveau de danger et la destruction des nids.
Avec ce plan, l’État
met en place un cadre national commun pour une lutte coordonnée, fondée sur les
connaissances scientifiques et proportionnée à la pression du frelon asiatique
dans les territoires.
Annie Genevrad rappelle
: «
La publication du Plan national de lutte contre le frelon asiatique marque une
nouvelle étape dans les actions et initiatives collectives déployées depuis
l’émergence en 2004 de cette espèce exotique envahissante sur notre territoire.
Très attendu, ce plan va permettre d’avancer concrètement en termes de
connaissance sur ce nuisible, pour une lutte plus efficace et ciblée, et une
meilleure protection de la filière apicole. »
Mathieu Lefevre poursuit : « Le plan national publié aujourd'hui offre un cadre d'action inédit de lutte contre le frelon asiatique. Il démontre l'engagement de l'Etat pour identifier et déployer des actions au plus près de la réalité de chacun des territoires pour réduire la pression de cette espèce invasive sur nos apiculteurs et sur notre biodiversité. La poursuite de la mobilisation des collectivités territoriales et des parties prenantes impliquées sera essentielle pour en assurer la réussite. »


