Face à nos crises actuelles, une
délégation autochtone Kogi (Colombie) vient diagnostiquer nos territoires du 18
septembre au 13 octobre en France et en Suisse.
Un contexte propice
La crise agricole
frappe de plein fouet les territoires viticoles et céréaliers.
L'artificialisation des terres et la crise du logement interrogent les projets
de territoires périurbains et ruraux : comment aménager sans détruire ? Comment
concilier urbanisation et agriculture soucieuse de la qualité des sols ? Le
débat sur l'eau, ressource rare, enjeu géopolitique, bien commun menacé, monte
dans les agendas politiques et citoyens. L'impuissance face à la crise
écologique génère une demande sociale forte pour de nouveaux récits et de
nouvelles pratiques.
À l'automne 2026, une
délégation de représentants autochtones Kogi, gardiens de la Sierra Nevada de
Colombie, héritiers de 4 000 ans de connaissances ininterrompues, parcourra la
France et la Suisse aux côtés de scientifiques pour croiser leurs diagnostics
autour de territoires en tension.
Ce troisième Diagnostic Croisé (DC3) de santé des territoires est organisé par l'association Tchendukua – Ici et Ailleurs, du 18 septembre au 13 octobre 2026 (voir calendrier). Il fait suite à deux précédentes expériences (Drôme, 2018 ; bassin du Rhône, 2023) qui ont réuni plus de 4 000 personnes,
50 scientifiques et ont été documentées dans un film diffusé sur Ushuaïa TV et un livre publié aux
éditions Actes Sud.
Un dialogue né d'une
multi-crise partagée
Nos sociétés modernes
disposent de plus de données environnementales que jamais. Pourtant, les sols
s'érodent, les cours d'eau s’assèchent, la biodiversité s’effondre. La
multiplication des plans et des rapports ne comble pas un fossé plus profond :
nous avons perdu notre lien et mémoire du territoire.
Réfugiés dans les
hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta depuis cinq siècles de
violence coloniale, Les Kogis ont maintenu une relation intime avec un
territoire qu'ils considèrent comme vivant, doté d'une mémoire et d'une parole.
Pour eux, la rivière raconte, la montagne enseigne, le sol ressent. Leur
capacité à percevoir les "trames invisibles" qui relient les êtres
vivants, le Shikwakala, n'est pas une métaphore : c'est un outil de diagnostic.
Ce que les précédentes
expériences ont montré
Le premier Diagnostic
Croisé a révélé une information inattendue : les Kogis ne sont pas de simples
témoins poétiques de notre monde. Leurs connaissances sont opératives et leurs
analyses recoupent, complètent et parfois précèdent les diagnostics scientifiques.
Le Diagnostic Croisé 3
entend donc aller plus loin, en passant du dialogue à l'expérimentation. Pour cette troisième
édition, l’enjeu est de s’inscrire dans la durée, au-delà de la venue de la
délégation Kogi. Après leur venue, les liens entre les sites se poursuivront
dans le temps pour voir ce que cette rencontre aura fait émerger. L’enjeu est de
mettre en œuvre des changements opératifs dans les cultures, les politiques, le
rapport aux savoirs, les relations aux territoires et à l’aménagement, dans
chacun des sites pilotes, puis plus largement à partir de leur retour
d’expérience. Ce sont donc des laboratoires expérimentaux qui s’ouvrent pour,
peut-être, transformer nos regards et nos pratiques et trouver de nouvelles
voies face aux enjeux de notre temps.
Le calendrier
|
Dates |
Site |
Enjeu |
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18 au 23 septembre |
La Comtesse, Val
Maravel (Drôme) |
Régénérer une forêt
de moyenne montagne |
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24 au 27 septembre |
Abbaye Saint-Maurice
(Valais, Suisse) |
Mémoire d’un
territoire et source sacrée |
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28 au 30 septembre |
Vignoble de Chablis
(Bourgogne) |
Sols vivants et
viticulture face au changement climatique |
|
1 au 3 octobre |
Brie et Deux Morin
(Seine-et-Marne) |
Eau, agriculture et
pression urbaine |
|
4 au 7 octobre |
Fontaines du Planté
(Loire-Atlantique) |
Eaux dites
thérapeutiques, radioactivité naturelle |
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8 au 9 octobre |
C2N Paris-Saclay |
Nanosciences et
savoirs ancestraux |
|
10 au 12 octobre |
Bruxelles |
Institutions
européennes et restitution |
|
13 octobre |
Paris |
Entreprises et
gouvernance vivante |
Des temps d’échange sur
chaque site
Des échanges seront organisés en clôture de chaque étape, ainsi qu'une conférence publique de restitution à Bruxelles en fin de parcours. Ces moments d’échange pourront accueillir des journalistes et faire l’objet d’images et vidéos.


