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[Expertises] L’IA remplacera les humains ? Près de deux tiers des salariés français n’y croient pas

Dans le monde de l’entreprise, un quart des salariés français utilisent l’IA au moins une fois par semaine pour les aider au travail. Néanmoins, près de 30 % des répondants craignent que l’IA ne rende une partie de leurs missions redondantes. À mesure que l’IA se généralise, une forte demande en matière de transparence et d’utilisation responsable s’exprime de plus en plus de la part des salariés.

En effet, ils sont 64 % à estimer que les systèmes d’IA devraient être plus transparents sur la manière dont ils prennent leurs décisions. Ces préoccupations trouvent leur écho dans l’actualité, car à partir du 2 août, l’AI Act imposera des exigences plus strictes concernant la transparence de ce système.

 

Ces chiffres sont issus d'une enquête menée par le prestataire européen de services RH SD Worx auprès de 5 936 responsables RH et 16 500 salariés dans seize pays européens.

 

Si 26 % des travailleurs français utilisent l'IA de plus en plus fréquemment dans leurs tâches quotidiennes, les managers européens ont davantage recours à cette technologie. Si on dézoome, ces derniers sont 41 % à utiliser l’IA plus fréquemment, contre 26 % des non-managers en Europe. L’intérêt grandit également chez les salariés européens qui n’utilisent pas encore cette technologie : 8 % s’attendent à utiliser l’IA plus fréquemment dans leurs tâches quotidiennes dans un avenir proche.

 

63 % des salariés français estiment que l’IA ne peut pas remplacer les qualités humaines

 

En France, les salariés continuent de croire en leurs propres capacités. En effet, 63 % estiment que l’IA ne peut pas remplacer leurs qualités humaines. De plus, leurs attentes varient quant à la répartition idéale des tâches entre l’homme et l’IA. Près de la moitié de l’ensemble des salariés interrogés (49 %) s’attendent à continuer à effectuer eux-mêmes la majorité des tâches, avec un soutien limité de l’IA.

À l’inverse, près de quatre sur dix (39 %) s’attendent à partager davantage les tâches avec la machine.

 

En Europe, pour les salariés qui utilisent déjà cette technologie, les attentes sont nettement différentes de ceux qui ne l’utilisent pas. Par exemple, 72 % des non-utilisateurs européens pensent qu’ils continueront à réaliser eux-mêmes la plupart de leurs tâches, contre seulement 31 % des utilisateurs d'IA. Toujours en Europe, ces derniers sont plus enclins à envisager l’avenir comme une collaboration entre l’humain et l’IA (six salariés sur dix, contre 22 % des non-utilisateurs).

 

Si on revient en France, 64 % des répondants estiment que les systèmes d’IA devraient être plus transparents sur la manière dont ils prennent leurs décisions. Toutefois, dans leurs travails au quotidien, 41 % des salariés français estiment que leur entreprise fait un usage éthique et responsable de l’IA, un point important avec la mise en application imminente de l’AI Act.

 

En Europe, 52 % des utilisateurs d’IA sont accompagnés par leur employeur

 

Ceux qui utilisent déjà cette technologie en récoltent les fruits : 68 % des salariés européens affirment travailler plus efficacement grâce à l’IA. Pourtant, un peu plus de la moitié seulement (52 %) de ces utilisateurs reçoivent un soutien suffisant de la part de leur employeur pour développer les compétences nécessaires afin de tirer le meilleur parti de cet outil. L’IA offre donc clairement un potentiel, mais un soutien adéquat reste essentiel pour le concrétiser.

 

De plus, cet accompagnement est obligatoire. Avec l’AI Act (entrée en vigueur le 2 février 2025), les employeurs européens sont tenus de prendre des mesures pour s’assurer que les salariés et les autres personnes qui utilisent ou gèrent des systèmes d’IA pour leur compte, possèdent une culture de l’IA suffisante. Les salariés n’ont pas besoin d’être des experts en IA, mais toute personne travaillant avec cette technologie doit être capable de l’utiliser de manière responsable et d’en identifier les risques.

 

Le Digital Omnibus reporte certaines obligations de l’IA Act

 

Ces conclusions interviennent alors que les employeurs se préparent à la phase suivante de l’AI Act de l’Union européenne. Bien que les principales obligations pour les systèmes d’IA « à haut risque » aient été reportées à 2027 et 2028, les exigences de transparence s’appliqueront toujours à partir du 2 août 2026. Cela signifie que les utilisateurs doivent être en mesure de savoir quand ils interagissent avec une IA (via un chatbot par exemple), ou encore que certains contenus générés par IA devront être clairement notifiés comme tels.

 

Cependant, avec la publication du Digital Omnibus, il ne reste plus grand-chose de l’intention initiale prévue pour le 2 août 2026. Par souci d’exhaustivité, un accord de transition est également prévu pour un aspect technique limité. Concrètement, les fournisseurs de systèmes d’IA générative qui produisent du contenu synthétique audio, image, vidéo ou texte, et qui étaient déjà sur le marché avant le 2 août 2026, auront jusqu’au 2 décembre 2026, respecter l’obligation de marquer ces contenus dans un format lisible par machine.

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