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[Expertises] « La situation des assureurs en France fin 2025 »

Résumé de l’Analyse & Synthèse de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

 

En 2025, le secteur français de l’assurance bénéficie d’une dynamique favorable, porté par une forte collecte en assurance vie, une amélioration de la rentabilité en non vie et un renforcement des niveaux de solvabilité. Dans ce contexte, la structure des placements des assureurs demeure globalement stable au second semestre. La qualité des portefeuilles obligataires se dégrade toutefois, tandis que certaines expositions, bien que limitées, demeurent sensibles aux risques géopolitiques et sectoriels.

 

Les flux en assurance-vie atteignent un niveau exceptionnel en 2025 ainsi qu’au 1er trimestre 2026, qui coïncide avec une moindre collecte des dépôts bancaires.

 

Au 1er trimestre 2026, la collecte nette en assurance-vie s’accélère pour s’établir à 19,9 milliards d’euros (contre 13,3 Md€ au 1er trimestre 2025).

 

Cette progression est principalement imputable :

- aux supports en euros (+5,4 Md€ de surplus de collecte nette en un an, pour atteindre 5,9 Md€ de collecte au 1er trimestre 2026)

- aux supports en unités de compte (surplus de +1,2 Md€ sur un an, pour atteindre 14,0 Md€ au T1).

 

En assurance non-vie, la rentabilité technique se redresse. Le ratio combiné de l’ensemble des lignes d’activité non-vie atteint 95,3 % fin 2025, en baisse de 1,3 point sur un an. En 2025, les primes acquises d’assurance non-vie en affaires directes progressent de 5,6 %, tandis que les sinistres enregistrent une hausse plus modérée de 1,4 %. Cette croissance des primes est particulièrement marquée pour les deux principales lignes d’activité : l’assurance automobile (+7 %) et l’assurance incendie et dommages aux biens (+8 %).

 

Les placements des assureurs s’élèvent à 2 819 Md€ en valeur de marché fin décembre 2025 en hausse de 5,5% sur un an, bénéficiant notamment de la bonne performance des marchés actions.

 

L’exposition des assureurs français au Moyen Orient et à l’Iran est quasi nulle à 0,09%. Les émetteurs des titres en portefeuille sont principalement domiciliés en France et au sein de l’Union Européenne pour respectivement 48 % et 82 %. Cette stratégie d’allocation d’actifs leur permet de disposer d’une part très importante d’actifs liquides et de bonne qualité (51 %) pour faire face à de potentiels besoins accrus et soudains de liquidité. Elle permet notamment de limiter l’exposition aux risques de change et aux risques géopolitiques.

 

La multiplication des zones de conflit fait peser des risques accrus sur le secteur de l’assurance maritime. Son rôle est pourtant crucial dans un contexte de risque politique exacerbé. Ce marché est évalué à 40 Md$ de primes en valeur en 2024 au niveau mondial (source : IUMI) et près de la moitié du chiffre d’affaires est réalisé en Europe.

 

Les expositions des assureurs français au crédit privé sont limitées. Selon le périmètre retenu, allant d’une définition restrictive limitée aux seuls fonds de dette privée à une approche plus extensive comprenant les obligations non cotées, elles représentent entre 0,6 % et 3,4 % du total de leurs placements.

 

La qualité du portefeuille obligataire diminue en raison de la dégradation de la notation de la France passée de « AA » à « A » au second semestre 2025. Les obligations souveraines françaises représentent en moyenne 26% des actifs obligataires.

 

Le taux de couverture du capital de solvabilité requis (CSR) s’améliore : il s’établit à 250 % fin 2025, contre 238 % fin 2024.


Cette amélioration concerne tous les types d’organismes sauf les bancassureurs qui voient leur ratio diminuer de 3 points de pourcentage par rapport à fin 2024, pour s’établir à 221 % fin 2025.

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