Depuis le début de la
crise au Moyen-Orient, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, les
prix de l’énergie sont marqués par une volatilité accrue difficilement
prévisible. Le pouvoir d’achat des Français, déjà fragilisé par plusieurs
années d’inflation, reste sous pression.
Fidèle à son rôle
d’amortisseur confirmé par l’Observatoire de la formation des prix et des
marges des produits alimentaires, la grande distribution s’est tenue à un cap :
proposer chaque jour le prix le plus juste, pour préserver le budget de tous
les consommateurs.
Dans ce contexte, les
demandes de réouverture des négociations commerciales apparaissent aujourd’hui
prématurées. Elles restent d’ailleurs, à ce stade, limitées. Surtout, des
outils existent déjà pour s’adapter : les clauses de révision permettent de rouvrir
la discussion dès lors que les hausses de coûts sont réelles, justifiées et
difficiles à absorber. C’est dans ce cadre que les situations seront examinées
avec discernement, dans le respect du principe de révisibilité des conditions à
la hausse comme à la baisse.
Durant cette période
complexe, l’enjeu est d’abord collectif : chacun doit prendre ses
responsabilités pour contenir les coûts quand c’est possible. Le soutien au
monde agricole doit à ce titre rester une priorité.
Mais certains appels
posent question. Des industriels, parfois parmi les plus rentables, demandent à
rouvrir les négociations, tout en défendant le principe d’une date butoir
stricte. On ne peut à la fois soutenir un cadre et s’en affranchir dès qu’il devient
moins favorable. Une règle que l'on écarte quand elle gêne n'est plus une
règle.
Le vrai problème est
ailleurs, c'est la date butoir, outil qui n’est plus adapté. Elle concentre la
pression sur quelques semaines. Elle désigne le distributeur comme seul
responsable d'une négociation qui en engage deux. Et elle enferme les deux
parties dans un calendrier rigide, à rebours d'une économie qui ne l'est plus.
Dans un environnement volatil, ce modèle figé apparaît en outre de plus en plus
en décalage avec la réalité économique.
Le constat est clair :
le système est à bout de souffle. Il doit désormais évoluer vers des
négociations plus souples, adaptées au contexte fluctuant, pour tenir ensemble
trois exigences : la juste rémunération des producteurs, la compétitivité des
filières et la protection du pouvoir d’achat des Français.
Conforme à ses engagements, la grande distribution continuera à soutenir le pouvoir d’achat des Français, tant sur les prix alimentaires que sur les carburants. Elle appelle l’ensemble des acteurs, pouvoirs publics, parlementaires, industriels, à faire preuve de responsabilité pour contenir toute nouvelle poussée inflationniste.


