L’Impact Tank publie
son premier ouvrage collectif.
Le 13 avril 2026, à
l’occasion du 4e Sommet de la Mesure d’Impact, l’Impact Tank, premier
think-and-do-tank dédié à la mesure d’impact et aux innovations sociales créé à
l’initiative du Groupe SOS et de quatre universités (Sciences Po, Sorbonne
Université, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine-PSL),
publie un livre intitulé « Ce qui compte vraiment : un autre modèle social est
possible », aux éditions « Le Bord de l’Eau », dans la collection « Un.e autre
est possible… »
Le livre a été rédigé
sous la direction de Tony Bernard, Directeur général de l’Impact Tank, Maître
de conférences associé en science politique à l’Université Lyon 3, et Timothée
Duverger, Responsable de la Chaire Territoires de l’économie sociale et solidaire
(TerrESS) à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Emile Durkheim.
Au travers de six
chapitres, des personnalités reconnues du monde de la recherche, de l’action
publique et de l’économie sociale et solidaire (ESS) appellent à redéfinir ce
qui compte vraiment dans notre modèle social. Leur ambition : renforcer notre
cohésion sociale pour nous donner les moyens de faire face aux défis majeurs de
notre temps – la transition écologique, la transition démographique
(vieillissement de la population, migrations), la révolution de l’intelligence
artificielle ou encore la fin de l’hégémonie occidentale.
Pour y parvenir, ils
proposent un changement de méthode radical : mieux compter. Mieux évaluer le
coût des dispositifs de solidarité pour les plus vulnérables, par exemple dans
la lutte contre les inégalités environnementales, la réussite scolaire de tous
les jeunes, l’accès à la santé et au logement. Mais aussi mieux mesurer ce
qu’ils produisent en valeur économique – directement dans les caisses de l’Etat
– et surtout en valeur sociale : amélioration du bien-être, renforcement du
lien social, estime de soi, consolidation du sentiment d’appartenance.
Ce qui compte vraiment
• L’investissement social : préparer l’avenir
plutôt que réparer le passé. En renforçant le capital humain, en favorisant
l’égalité des chances et en soutenant la participation de tous au marché du
travail, les politiques d’investissement social sont conçues comme de
véritables investissements productifs. Plutôt que d’intervenir principalement a
posteriori pour réparer les conséquences des risques sociaux, il s’agit d’agir
en amont, afin de prévenir ces risques et de renforcer les capacités des
individus tout au long de leur parcours de vie. – Par Bruno Palier, Directeur
de recherche au CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po
• La transition juste : œuvrer ensemble pour
un nouveau projet de société. Comme souligné dans le 6e rapport du GIEC, la
notion de transition écologique juste renvoie à l’importance de penser
conjointement enjeux sociaux et environnementaux. La question sociale est
d’autant plus centrale que les personnes les plus vulnérables sont à la fois
les moins responsables de la crise climatique, les plus affectés par celle-ci
et les moins à même de faire face aux coûts de la transition – Nicolas Duvoux,
Professeur, Université Paris 8 Vincennes, Directeur du Centre en philanthropie
de l’université de Genève, Président scientifique du Conseil national de lutte
contre la pauvreté et l’exclusion sociale & Anne Monier, Docteure en
sciences sociales, chercheuse au Centre en Philanthropie, Université de Genève.
• Mixité sociale et coopération : un projet d’école pour
demain. De nombreuses recherches internationales et françaises ont prouvé les
effets des politiques de luttes contre la ségrégation scolaire sur la réussite
des élèves de milieu populaire, la baisse de la délinquance et des comportements
discriminatoires. Pourtant la France peine à mener une réelle politique de
mixité sociale, impliquant l’enseignement publique et privée vers un objectif
commun. Après des années de lutte contre les inégalités scolaire, inefficaces,
il s’agit de mettre la mixité sociale et la coopération entre élèves au cœur
d’un projet pour l’école de demain. – Aude Kerivel, Docteure en sociologie,
Directrice du LEPPI (Laboratoire d’évaluation des politiques publiques et des
innovations).
• Mieux accueillir. Les cohortes
nombreuses nées en France jusqu’au début des années 1970 continueront de peser
sur les comptes sociaux pendant une quarantaine d’années tandis que la chute
des naissances, marquée depuis une quinzaine d’années, ne permettra pas le
renouvellement de la force de travail. À rebours de ce qui est suggéré par le
raisonnement simple à base d’offre et de demande, le consensus qui émerge des
travaux empiriques est que l’immigration n’a globalement que peu d’impact sur
le chômage et les salaires : soyons plus hospitaliers afin de bénéficier du
talent et de la soif de réussite de ces millions de jeunes, car la
soutenabilité de notre modèle social en dépend. – Hippolyte d’Albis, Professeur
d’économie, ESSEC Business School, et chef économiste à l’Inspection générale
des finances.
• L’aide au développement : la promesse toujours à
tenir d’un monde plus juste. En crise, l’aide au développement est sujette à de
nombreuses critiques : tendances néocolonialistes, manque de responsabilisation
des pays bénéficiaires ou trajectoires de développement calquées sur les pays
développés et donc non-durables. L’aide au développement est amenée à se
réformer, par un suivi plus poussé de son efficacité, son alignement sur les
priorités stratégiques nationales et son inscription dans des stratégies de
développement à long terme. – Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des
Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Professeur,
UCLouvain et Sciences Po.
• Faire du bien plutôt que du chiffre : l’ESS trace la voie.
Dans ce texte, Benoît Hamon défend le rôle central de l’économie sociale et
solidaire (ESS) dans la prise en charge des publics vulnérables, notamment en
EHPAD et en crèche. Il dénonce les dérives structurelles du secteur lucratif, mises
en lumière par les enquêtes de Victor Castanet, qui ont révélé des logiques de
rentabilité nuisibles à la dignité des personnes âgées et des jeunes enfants.
Face au vieillissement démographique et aux besoins croissants de financement,
il plaide pour réserver progressivement ces activités au secteur public et au
privé non lucratif. L’ESS, déjà fortement implantée, offrirait selon lui un
modèle plus éthique, fondé sur la primauté de l’humain sur le capital. Il
propose enfin des mesures concrètes pour renforcer, financer et développer ces
structures de l’ESS à long terme. – Benoît Hamon, Président d’ESS France,
ancien ministre.
L’Etat, souvent perçu
comme opaque et bureaucratique, doit retrouver une boussole : l’efficacité et
le temps long. Face à des défis majeurs – transition écologique, démographie,
cohésion sociale – l’urgence ne peut dicter seule nos choix. Il faut anticiper,
planifier et mesurer. La mesure d’impact n’est pas un simple indicateur
technique. Elle constitue un outil pour interroger nos politiques : comment
garantir que les politiques décidées démocratiquement trouvent leur pleine
efficacité dans leur mise en œuvre ? Cette exigence de preuve permet de fixer
des priorités, corriger ce qui ne marche pas et légitimer les investissements
sociaux. Elle éclaire et apaise le débat public par des faits, des scénarios et
des comparaisons – Postface de Clément Beaune, Haut-Commissaire à la Stratégie
et au Plan, et Jean-Marc Borello, CoPrésident du Directoire du Groupe SOS
« À l’heure où s’imposent à l’agenda les objectifs, d’une part de réduction des déficits publics et, d’autre part de renforcement de la compétitivité de nos entreprises et de la défense, il nous a paru crucial de rappeler que c’est aussi en redéfinissant ce qui compte (vraiment) dans notre modèle social que nous pourrons affronter ces défis, expliquent Tony Bernard et Timothée Duverger dans l’introduction du livre. Les experts doivent favoriser l’accès à la connaissance et éclairer le débat. Mais la décision politique, les clivages comme les compromis qui permettent d’emporter l’adhésion des citoyens, lutter contre les frustrations et les ressentiments, appartiennent au débat démocratique. A fortiori dans notre époque où la désinformation et l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle peuvent brouiller la distinction entre le vrai et le faux, notre responsabilité collective est de redonner toute sa place à la démarche scientifique comme au débat contradictoire et à la parole des citoyens pour garantir la qualité de la délibération collective et de la prise de décision. Ce sont là les premières bases d’un contrat social renouvelé. »


