Une mobilisation scientifique majeure pour sauver
les herbiers marins tropicaux français.
La chaire OCEAN-LEAVES
(optimisation de la conservation et de l’engagement pour les herbiers marins),
portée par la Fondation UBO (Université de Bretagne Occidentale) et les
scientifiques Claire Hellio et Fanny Kerninon, a été officiellement lancée.
Une initiative
scientifique inédite d’envergure face à l’urgence environnementale
Face à l’urgence de
sauvegarder les herbiers marins, écosystèmes sous-marins formés de plantes à
fleurs qui jouent un rôle essentiel pour l’équilibre des écosystèmes marins et
terrestres, la chaire OCEAN-LEAVES va structurer la recherche en réunissant experts,
institutions et partenaires publics et privés.
Elle apportera des
connaissances et des expertises essentielles pour définir des actions
concrètes, éclairer les décisions politiques et renforcer les coopérations à
l’échelle régionale, nationale et internationale.
Les herbiers marins
doivent être mieux connus pour être sauvés
Les herbiers marins
d’outre-mer constituent des alliés essentiels du climat et de la biodiversité,
mais restent encore largement méconnus. Aujourd’hui, ils subissent de multiples
pressions : changement climatique, pollution, turbidité accrue, excès de nutriments,
sédimentation, piétinement ou encore déracinement.
L’artificialisation du
littoral et la dégradation de la qualité de l’eau aggravent leur fragilité.
Face à leur déclin, il
est urgent de produire des données scientifiques robustes pour mieux comprendre
et agir pour préserver ces écosystèmes.
Ils sont considérés
comme des écosystèmes prioritaires à protéger et restaurer. La France porte un
engagement fort pour la préservation des écosystèmes marins et côtiers
tropicaux.
Les herbiers marins
sont des écosystèmes végétaux formés de phanérogames marines.
Très productifs et
riches en biodiversité, ils jouent un rôle majeur pour le climat, la protection
des littoraux et le soutien à la biodiversité.
Ils remplissent de
fonctions essentielles pour :
- la biodiversité
marine, en servant d’habitat et de nurserie pour de nombreuses espèces ;
- la protection du
littoral, en stabilisant les sédiments et en limitant l’érosion ;
- le climat, grâce à
leur capacité à stocker du carbone dans les sols marins ;
- les activités
humaines, comme la pêche ou le maintien de la qualité des eaux côtières.
On recense 72 espèces à
l’échelle mondiale, pour environ 300 000 km² d’herbiers cartographiés.
En zone tropicale,
leurs services sont renforcés par leurs interactions avec les récifs coralliens
et les mangroves.
En France, ces
écosystèmes occupent une place importante, notamment dans les territoires
ultramarins (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, La Réunion,
Nouvelle-Calédonie, Polynésie française), où ils sont particulièrement bien
développés et diversifiés.
La chaire OCEAN-LEAVES,
un outil expert pour structurer les recherches et les actions de sauvegarde
Face à ces enjeux, la
chaire OCEAN-LEAVES vise à fédérer chercheurs, institutions et acteurs publics
et privés autour des herbiers marins d’Outre-mer autour de trois objectifs
principaux :
1 - structurer une
recherche opérationnelle et innovante au service des territoires ;
2 - renforcer l’interface
entre acteurs et la diffusion des connaissances ;
3 - soutenir des actions
de gestion et de préservation durables à différentes échelles.
Elle s’inscrit dans une dynamique public-privé visant à renforcer l’impact des actions menées sur les territoires, notamment en Outre-mer.
Elles et ils ont dit
Fanny Kerninon,
ingénieure de recherche en écologie marine, co-porteuse de la chaire : « Discrets mais
essentiels, les herbiers marins tropicaux sont de véritables alliés pour la
biodiversité et le climat. Cette chaire permettra de mieux connaître ces
écosystèmes et de rassembler les différentes parties prenantes pour renforcer
leur préservation. »
Claire Hellio,
professeure en biotechnologies marines et co-porteuse de la chaire : « Les herbiers
marins ne sont pas seulement des réservoirs de biodiversité : ils pourraient
aussi constituer une source précieuse de molécules innovantes pour la santé et
les biotechnologies. Mieux comprendre leur chimie ouvre des perspectives
prometteuses pour de nouvelles applications. »
Stéphane Piccioli -
Vice-président de l’UBO en charge des Alumni et du développement de la
Fondation UBO : « Le lancement de la chaire OCEAN-LEAVES illustre
parfaitement le rôle majeur de l'université dans la réponse aux défis
environnementaux. En réunissant partenaires publics et privés autour de la
recherche, les chaires universitaires permettent d’accélérer les collaborations
et de structurer des actions ambitieuses sur des sujets aussi cruciaux que la
connaissance et la préservation des herbiers marins. À travers la Fondation
UBO, nous faisons converger expertise scientifique, recherche de pointe et acteurs
et actrices de terrain pour protéger durablement la biodiversité. »
Anne-Gaëlle Baudoin -
Directrice générale des Outre-mer : « La création de cette chaire
OCEAN-LEAVES est une excellente nouvelle pour nos territoires ultra-marins et
les écosystèmes qu'ils abritent. Les herbiers de phanérogames sont un maillon
essentiel pour la bonne santé des espèces marines. Ils sont pourtant méconnus
et cette chaire va permettre d'accroître les connaissances scientifiques, de
fédérer les acteurs en impliquant les chercheurs, l’État, les collectivités,
les associations, les opérateurs publics comme privés. Il s'agit de poursuivre
et renforcer les actions en faveur de la protection des herbiers, je citerais
par exemple les éco-mouillages, le suivi et la bancarisation des données, les
solutions fondées sur la nature ou encore la lutte contre les espèces exotiques
envahissantes. Actions que nous soutenons au sein de l'Initiative française
pour les récifs coralliens, l'Ifrecor, réseau d'acteurs ultra-matins que j'ai
l'honneur de co-présider avec nos collègues du Ministère chargé de la
transition écologique ».
Partenaires et soutiens
Portée par la Fondation UBO, la chaire OCEAN-LEAVES est principalement soutenue par le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et le ministère des Outre-mer dans le cadre de l’Ifrecor. D’autres partenaires financiers s'intègrent à la démarche.


