Les industriels du textile ont réalisé ces dernières années des efforts considérables pour réduire l’usage et les rejets de PFAS. Bien avant le mille-feuille réglementaire mis en œuvre en France à compter de 2022/2023, des projets étaient en cours pour cesser l’usage des PFAS dans les applications d’imperméabilité du quotidien. C’est pourquoi en 2024, lors des discussions autour de la loi adoptée le
27 février 2025, la profession
s’est positionnée favorablement pour des restrictions significatives d’emploi de
ces substances.
Les industriels ont financé des campagnes de surveillance de leur rejets, investi dans la modernisation de leurs procédés et développé des alternatives. Résultat : les émissions de PFAS dans l’eau et dans les boues ont diminué de 80 à 90 %, alors même qu’aucune norme n’existe encore pour les boues au niveau national.
Les entreprises qui
utilisent encore des PFAS le font essentiellement pour des usages stratégiques
et strictement autorisés par la loi, comme les équipements de protection ou
certains textiles industriels et de défense. Elles poursuivent actuellement leurs
efforts en expérimentant des technologies de traitement des PFAS, ainsi que la
gestion séparée des bains concernés pour tendre vers le « zéro rejet ».
Ce sont aujourd’hui ces
mêmes entreprises, déjà économiquement fragilisées, qui se retrouvent les plus
exposées aux exigences croissantes de l’administration.
Pourtant : les
ennoblisseurs ont déjà prouvé qu’ils étaient capables de réduire très fortement
leurs émissions de PFAS. Ils sont prêts à aller encore plus loin, mais les
investissements nécessaires dépassent aujourd’hui largement leurs capacités
financières.
Ce secteur représente des milliers d’emplois, des savoir faire uniques et une
production stratégique pour la souveraineté industrielle du pays. Le fragiliser
davantage reviendrait à affaiblir la filière textile française dans son
ensemble au profit d’acteurs étrangers qui, eux, ne seraient soumis ni aux
mêmes règles, ni aux mêmes exigences environnementales et dont les dérives en
la matière seraient impossibles à contrôler.
Soutenir les entreprises françaises, plutôt que les sanctionner, est la condition indispensable pour poursuivre la baisse des PFAS et atteindre les objectifs ambitieux fixés par les pouvoirs publics. Un accompagnement adapté permettrait aux ennoblisseurs, déjà engagés dans une démarche d’amélioration continue, de franchir une nouvelle étape dans la réduction des rejets, tout en préservant l’emploi et en évitant que la production textile stratégique ne soit délocalisée.


