22ème Baromètre «
Women in Business » Grant Thornton.
Un effet « loi Rixain »
pour la parité femme/homme au sein des instances de direction dans les ETI
françaises. Mais pas de parité au niveau international avant 2051.
Grant Thornton, groupe
d’audit et de conseil, publie, à l’occasion de la Journée internationale des
droits des femmes, les dernières tendances de son baromètre « Women in Business
».
Depuis 2004, cette
enquête étudie l’évolution des femmes à des postes de direction ou à
responsabilité dans les ETI. Lors de cette 22ème édition, 4265 personnes, dont
1572 hommes et 2690 femmes, dans 35 pays à travers le monde, ont été
interrogées entre juillet et l’automne 2025. Pour la France, 174 chefs
d’entreprise, 46 femmes et 128 hommes ont participé à cette étude.
Accession des femmes
aux postes de responsabilité : stagnation au niveau international
Le rapport Women in
Business 2026 s’inscrit dans la tendance déjà observée l’an passé : le nombre
de femmes accédant à des postes de direction ou à responsabilité dans les ETI
se contracte légèrement. Un poste à responsabilité sur trois est occupé par une
femme (33 % contre 34 % en 2025). Ce taux n’était que de 19 % lors de la
publication du premier rapport en 2004.
En 2026, avec 24 % (+2
points), la part des femmes dans les fonctions de top management (présidente,
directrice générale) au sein des 35 pays participants à l’étude, a sensiblement
progressé par rapport à 2025 (22 %) et 2024 (19 %), même si ce chiffre reste
inférieur au pic atteint en 2023 (28,5 %).
Au sein de l’Union
européenne, la part de femmes occupant des postes d’encadrement progresse
légèrement pour s’établir à 35 % en 2026 (contre 34,5 % en 2025). Au niveau
international, le pourcentage de femmes managers est particulièrement élevé
dans les directions des ressources humaines (43 %), financières (39 %) et
marketing (30 %).
Si ce rythme se
maintenait dans les prochaines années, la parité ne serait atteinte qu’en 2051
: un trop long chemin reste encore à parcourir.
L’engagement en faveur
de la diversité, un élément déterminant pour les parties prenantes
En 2026, 93 % des
entreprises de taille moyenne ont mis en place une démarche DE&I. 76 %
déclarent être engagées dans des initiatives en faveur de l’égalité
femmes-hommes et 37 % prévoient de renforcer leurs dispositifs dans les mois à
venir.
Parmi elles, 42 % ont
mis en place une stratégie d’égalité salariale (+3 points), 41 % agissent sur
le recrutement et la sélection (+2 points) et 41 % travaillent sur l’accès aux
postes de direction (+3 points).
Ces dynamiques
s’expliquent également par des sollicitations croissantes des parties
prenantes, qui souhaitent connaître le niveau de parité au sein des équipes de
direction ou obtenir la preuve d’un engagement dans un programme de diversité
favorable à l’égalité femmes-hommes.
Au cours des douze
derniers mois, 35 % des dirigeants participants à l’étude déclarent avoir été
interrogés sur la parité de leur équipe de direction par un investisseur
potentiel, 23,5 % par un client existant et 24 % par un conseiller externe.
Enfin, 27 % des chefs d’entreprise ont été questionnés par une organisation
partenaire.
Une parité
femmes-hommes en progression au sein du top management des ETI françaises
En France, la part des
femmes occupant des postes de responsabilité atteint 38 % en 2026, un niveau
stable par rapport à 2025, et se maintient à son plus haut niveau historique
depuis le lancement de l’étude en 2004.
Ce chiffre est
supérieur à la moyenne des pays membres de l’Union européenne (35 %, +0,5
point) ainsi qu’à celle des 35 pays participants à l’étude (33 %).
Depuis 2020, cette
proportion s’est nettement accrue, passant de 28 % à 38 %, soit une évolution
plus rapide que dans l’UE (35 % en 2026 contre 30 % en 2020). La France a ainsi
rattrapé une grande partie de son retard !
En 2026, le pourcentage
de femmes occupant des fonctions de top management (présidente/CEO, DG/COO et
DAF/CFO) au sein des ETI françaises s’établit à 28 % et reste stable.
On observe toutefois une baisse de la part des femmes CEO (22 % en 2026 contre 27 % en 2025).
À l’inverse, la proportion de celles exerçant les fonctions de DG/COO progresse, passant de 21,5 % à
26 %. La situation est quasi stable dans les directions financières,
avec 37 % en 2026 contre 36,5 % un an plus tôt.
L’indicateur se
rapproche désormais des obligations fixées par la loi Rixain, qui impose aux
entreprises de plus de 1 000 salariés un quota de 30 % de femmes dans les
instances dirigeantes à partir de mars 2026, puis 40 % en 2030, sous peine de
sanctions financières pouvant atteindre 1 % de la masse salariale, avec un
délai de deux ans pour se mettre en conformité. Pour rappel, ce taux n’était
que de 8 % en 2012. Les dispositifs réglementaires et législatifs instaurés
depuis 2010 se sont donc révélés efficaces.
La France a ainsi
comblé son décalage et se positionne désormais comme le 4ème pays européen en
matière de féminisation des instances dirigeantes, devant les États-Unis. Elle
reste par ailleurs le seul pays à disposer d’une loi contraignante sur ce sujet,
concernant environ 1 500 entreprises.
La part des femmes
accédant à des postes de management a progressé dans 46 % des ETI françaises.
En 2026, le pourcentage de femmes occupant des fonctions de responsabilité est
particulièrement élevé dans les directions des ressources humaines (37,5 %), financières
(37 %) et marketing (34,5 %).
Enfin, pour ce qui concerne les décideurs français ayant participé à l’étude Women in Business 2026,
29 % déclarent avoir été interrogés sur la parité dans leur équipe de
direction par un investisseur potentiel, 27 % par un client existant et 24 %
par un tiers externe ou une organisation partenaire.
Françoise Méchin, associée chez Grant Thornton en charge des régions au sein de la leadership team, conclut : « L’étude Women in Business 2026 met en lumière la lente mais constante progression des femmes vers des postes de responsabilité en entreprise depuis 2004. Malgré ces avancées notables, le chemin vers une équité parfaite à l’échelle internationale reste encore trop long. En France, la dynamique est encourageante depuis plusieurs années et permet de rattraper progressivement le retard, grâce à des dispositifs législatifs efficaces et à une évolution significative des mentalités et des comportements. Nos ETI prennent conscience que la diversité constitue un élément de performance supérieure dans les entreprises qui l’intègre conjuguant ainsi performance économique et progrès sociétal. »


