Par
Eric Buhagiar chez ASC Technologies.
L’intelligence artificielle est incontestablement une véritable rupture technologique qui a d’ores et déjà été largement adoptée dans un contexte personnel orienté productivité individuelle.
Si cette appropriation est aujourd’hui une réalité, force est de constater qu’une adoption massive est encore loin d’être le cas au niveau de l’entreprise. Alors, comment passer d’une logique de productivité individuelle à une logique de productivité globale ?
Un objectif important
pour l’entreprise est d’améliorer en continu ses performances et d’accéder à un
réel retour sur investissement au niveau des actions mises en œuvre. En ce
sens, l’IA ne fait pas exception et doit démontrer pragmatiquement ses apports.
Pour ce faire, les projets intégrant l’IA doivent être parfaitement cadrés et
budgétés. Dans les faits, cela n’a pas été le cas et nombre d’initiatives ont
été lancées à la hâte sans étude d’impact et se sont soldées par des échecs
dans la majorité des cas. Ce constat est particulièrement frappant pour les TPE
et PME qui ne bénéficient pas de ressources extensibles pour expérimenter l’IA.
Une attente forte des
collaborateurs en termes de gains opérationnels
A ce stade, il faut
prendre en compte deux niveaux. Tout d’abord, l’IA mise à la disposition des
collaborateurs doit leur permettre de mesurer des gains opérationnels, de
travailler mieux, plus facilement et plus vite que s’ils le faisaient sans IA. Sur ce point, on note que les gains ne sont
pas toujours au rendez-vous dans la mesure où le collaborateur doit s’investir
fortement et qu’il n’a pas nécessairement le temps de le faire. Vient ensuite
la nécessité de faire évoluer ses processus organisationnels en y intégrant
l’IA. Ici encore, il s’agit de projets structurels complexes qui peuvent
prendre du temps. Les projets d’IA ne
peuvent s’improviser à grande échelle. Il faut prendre le temps, se donner des
objectifs clairs et embarquer les collaborateurs dans le projet en leur
expliquant clairement les avantages visés à terme. Il faut une réelle
gouvernance de l’IA portée par le TOP management.
Lancer ses projets d’IA
au bon moment
Sur ce point, rappelons
d’abord que l’IA doit s’inscrire dans une vision stratégique globale. Il faut
en effet l’inclure dans un plan de transformation digitale. Mais à quel moment
la mettre en place ? Ici, la réponse est évidente : lorsque l’entreprise a
achevé sa transformation digitale et non avant, car cela n’aurait aucune
cohérence à l’échelle globale et ne permettrait pas de standardiser la
démarche.
Former les équipes à
l’IA
Comme nous l’avons vu,
l’IA ne s’improvise pas. Il est donc clé de former ses équipes sur les
technologies envisagées. En effet, l’IA professionnelle n’est pas celle
proposée par ChatGPT ou autre. Elle répond à des règles métiers et des usages
spécifiques. Un plan d’accompagnement est alors nécessaire et doit être
structuré dans le temps : initiation, atelier de définition des usages,
évangélisation sur les prompts, etc. Ce faisant, l’adoption de l’IA sera
vertueuse et les freins au changement limités.
Comme nous l’avons vu, il est donc fondamental de bien encadrer son projet d’IA et de lever les freins indispensables pour accéder à des bénéfices mesurables et appréciés par les équipes. En cadrant de vrais besoins et en répondant à des usages concrets, l’IA pourra ainsi augmenter la productivité des équipes, les accompagner efficacement dans leurs tâches et générer de véritables bénéfices mesurables à tous les niveaux. Accompagner la révolution de l’IA et faire évoluer sa gouvernance est donc un enjeu clé pour les entreprises.


