Le
DonUTT, déclinaison universitaire de la théorie du Donut de Kate Raworth, au
service de la transformation de l’UTT.
Jérôme Plain, directeur
adjoint de l’UTT, explique : « Et si l’on mesurait enfin, de manière
claire et rigoureuse, l’impact environnemental et social d’une université ?
L’Université de technologie de Troyes (UTT) a mis en place une démarche inédite
en France : la création de son propre « donut » de soutenabilité : le DonUTT.
Inspiré du modèle de l’économiste Kate Raworth, le DonUTT trace un espace idéal
: ni trop gourmand en ressources, ni insuffisant pour répondre aux besoins
humains. Cette initiative fait de l’UTT la première université française à
s’appuyer sur ce cadre pour piloter sa transformation écologique et sociale. À
l’échelle internationale, seule l’Université de Lausanne (UNIL) s’est jusqu’ici
engagée dans une démarche comparable. Le DonUTT est à la fois un outil de
gouvernance et un outil pédagogique. Il a été conçu pour rendre lisibles et
partageables des enjeux complexes, tout en permettant à l’université de
disposer d’un diagnostic structuré de ses impacts, d’identifier ses marges de
manœuvre et de guider ses choix stratégiques dans le temps.
Le DonUTT nous offre
une lecture lucide de notre impact environnemental et social et constitue un
véritable outil de pilotage : il permet de fixer des seuils, de définir des
priorités et de tracer une trajectoire claire pour rendre l’UTT plus soutenable
»
La théorie du Donut, un
cadre pour penser les limites et les besoins
Formalisée par
l’économiste Kate Raworth, la théorie du Donut définit un « espace sûr et juste
» pour les sociétés humaines, compris entre deux bornes : un plafond
écologique, fondé sur les limites planétaires à ne pas dépasser et un plancher
social qui garantit les besoins humains essentiels. Initialement conçue à
l’échelle globale, cette approche est adaptée par l’UTT à l’échelle d’un
établissement d’enseignement supérieur, avec des choix méthodologiques propres
au contexte universitaire.
Un diagnostic lucide
pour orienter les décisions
En croisant indicateurs
environnementaux et approche qualitative du social, le DonUTT dresse un
diagnostic de la situation de l’UTT. Les résultats, issus des données 2025,
montrent que certaines limites planétaires sont déjà dépassées, notamment en
matière de changement climatique, d’artificialisation des sols ou encore de
biodiversité.
Sur le plan social, la
situation apparaît globalement plus favorable, avec des conditions de travail
et d’études jugées soutenables. Toutefois, le DonUTT met en évidence des
fragilités persistantes, en particulier sur la santé mentale, à partir du
ressenti exprimé par les étudiants et le personnel. Ce choix assumé d’une
approche qualitative du social constitue l’une des spécificités fortes du
DonUTT, qui propose un remodelage du plancher social par rapport aux cadres
existants.
Loin d’un simple
constat, le DonUTT devient la boussole du Schéma Directeur Développement
Durable et Responsabilité Sociétale (DD&RS) de l’UTT, inscrit au cœur du
projet stratégique UTT2035. Il permet de hiérarchiser les priorités et
d’orienter les décisions, notamment en matière de mobilité, de gestion du
patrimoine et des espaces verts, de sobriété énergétique et de qualité de vie
au travail.
Un cadre appelé à
inspirer d’autres établissements
Issu d’un travail
collectif associant équipes, étudiants et personnels volontaires, sur une
période de plusieurs mois, le DonUTT a été construit comme une méthodologie
ouverte et reproductible, l’UTT souhaitant partager cette démarche afin de
contribuer aux réflexions en cours sur la transformation écologique et sociale
de l’enseignement supérieur.
« À terme, l’ambition est claire : faire du DonUTT un véritable outil d’aide à la décision, au service des transitions écologiques et sociales de l’université. En ce sens, l’UTT souhaite partager cette méthodologie afin de permettre à d’autres établissements d’enseignement supérieur de s’en inspirer et d’engager, à leur tour, une démarche structurée de mesure et de pilotage de leur soutenabilité », conclut Jérôme Plain.


