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[Etude] Défaillances d’entreprises : près de 57 000 procédures collectives enregistrées en 2023 ; quelles perspectives pour 2024 ?

TOP 5 des entreprises ayant fait l'objet d'une procédure collective en 2023 en région Grand Est

AU Group, courtier-conseil en garantie et financement du poste client, cautions et risques politiques, et EY publient les résultats de l’étude sur les défaillances des entreprises françaises. Cette nouvelle édition propose une analyse qualitative portant sur les entreprises et les secteurs d’activités les plus impactés par ces défaillances.
- Comment se portent les entreprises françaises dans un contexte de crise à la fois économique et géopolitique ? - Une hausse des défaillances est-elle à prévoir en 2024 ? Focus sur les tendances attendues.

Les grands enseignements de l’étude réalisée par AU Group/EY

Avec une augmentation de plus de 35% des défaillances par rapport à l’exercice précédent, 2023 est l’année de la « normalisation », avec un retour à un niveau légèrement supérieur à la situation pré-covid avec près de 57 000 procédures collectives enregistrées. Les TPE sont les plus impactées par ces procédures collectives (plus de 90% des défaillances). La part des PME-ETI dans les dépôts de bilan en 2023 a également augmenté significativement par rapport aux exercices précédents. D’un point de vue sectoriel : la construction (et notamment la promotion immobilière), la distribution et les services sont les secteurs ayant enregistré le plus d’insolvabilités en 2023. Le retail est également touché avec plusieurs enseignes placées en redressement judiciaire.

Principales défaillances 2023 en région Grand Est

  1. SITEK INSULATION Fabrication d'autres produits minéraux non métalliques n.c.a.
  2. VELCOREX SINCE 1828 Tissage
  3. PARFUMERIE ET CHIMIE Fabrication de parfums et de produits pour la toilette
  4. LANA PAPIERS SPECIAUX II Fabrication de papier et de carton
  5. CHOPIN Commerce de gros (commerce interentreprises) de boissons

Le nombre de défaillances va continuer d’augmenter

« La conjonction économique et politique continue de peser sur l’avenir. La nouvelle hausse des matières premières, notamment celles du plastique, des produits chimiques et des métaux, sans compter l’inflation salariale qui a connu une augmentation de 4,5% selon l’INSEE en 2023 risquent de se poursuivre sur 2024. À cela s’ajoute le remboursement des PGE et des autres dettes historiques. Il sera alors nécessaire d’anticiper un refinancement à un coût plus élevé du fait de la montée des taux d’intérêt. » explique Olivier de La Pontais, Directeur chez AU Group.

« Les élections présidentielles prévues cette année dans de nombreux pays (USA, Taiwan, Inde, Russie…) qui viennent s’ajouter au conflit qui se poursuit entre l’Ukraine et la Russie risquent également d’entraîner des répercussions sur la stabilité des entreprises. Pour toutes ces raisons, les dirigeants doivent anticiper leurs besoins de financement et engager les discussions avec leurs partenaires financiers le plus tôt possible sur la base d’un business plan robuste intégrant notamment tous les leviers opérationnels pour optimiser leur rentabilité et leur trésorerie », ajoute Guillaume Cornu, associé EY, responsable de l’activité Restructuring.

En France, comme ailleurs, le rebond des faillites d’entreprises n’est pas terminé

Selon Ana Boata, Head of Economic Research chez Allianz Trade « deux pays sur trois devraient voir en 2024, les faillites d’entreprises dépasser leur niveau pré-pandémie ».

En 2023, la remontée des défaillances d’entreprises s’est faite à vive allure en France (+35%), se propageant à toutes les tailles d’entreprises et tous les secteurs, en particulier l’hôtellerie/restauration, le commerce de détail et la construction. Le rebond des faillites d’entreprises qui s’est accéléré en 2023 n’est pas achevé. Pour une majorité de pays, la normalisation des défaillances qui était attendue, après des années exceptionnelles à plusieurs titres, signifie à la fois rattrapage des niveaux passés et retour aux fondamentaux du risque crédit. De fait, 2024 s’annonce délicat, avec la menace d’une croissance économique plus faible, des marges sous pression et des conditions de financement appelées à ne s’assouplir que progressivement.

« Nous attendons une nouvelle poussée des faillites en 2024 (+8% mondialement), en particulier en Amérique du Nord (+21%) et Europe de l’Ouest (+8%) », précise Ana Boata.

La promotion immobilière en situation précaire

Selon Jacques Ehrmann, Directeur Général du Groupe Altarea « Les défaillances seront nombreuses vers
2024 -2025 et les repreneurs ne se bousculeront pas au portillon »

Le secteur de la promotion immobilière de logement est entré courant 2022, dans une crise profonde et durable. La crise de l’offre, des coûts de production mais aussi de la demande avec une hausse soudaine et importante des taux d’intérêt ainsi que la raréfaction du crédit immobilier empêchent le marché de redémarrer.

Selon Florence Lafargue-Pautrat, associée EY « L’immobilier a beau avoir toujours été cyclique, la crise actuelle n’en est pas moins particulièrement brutale. La hausse de l’inflation comme celle des taux d’intérêt marquent actuellement une pause, ce qui peut laisser espérer un retournement de tendance »

Après de nombreuses années de croissance, le marché immobilier a connu un premier repli sous l’effet conjugué de la pandémie, l’augmentation des coûts de construction et la montée en puissance des normes environnementales. Alors que les acteurs s’adaptaient, la hausse des taux d’intérêt et le resserrement des conditions de crédit sont venus donner un nouveau coup de frein. Quant aux bureaux et commerces, ils affichent les plus forts reculs, alors que l’hôtellerie, portée par des flux touristiques importants, présente un volume quasiment stable (1,5 Md€).

  • La promotion immobilière tertiaire est quasi à l’arrêt, les équations économiques ne rendant plus les projets rentables.
  • Les agences immobilières ne sont pas épargnées : plus 500 ont été placées en redressement ou en liquidation en 2023 (soit 1,6% du total).

La résilience des entrepreneurs à l’épreuve des crises économiques

Audrey Louail, Dirigeante d’Ecritel, Présidente chez CroissancePlus explique : « Il est désormais essentiel de soutenir la compétitivité de nos entreprises non pas à coup de subventions, mais par le maintien de la politique de l’offre telle qu’elle a été menée depuis plusieurs années »

Depuis près de 4 ans, les entrepreneurs traversent des crises qui s’enchainent et parfois se cumulent : colère sociale, Covid, guerre en Ukraine, hausse des coûts énergétiques, inflation, restriction de la politique monétaire, pénurie de main d’œuvre. Une bonne partie de ces facteurs de risques définissent désormais une réalité économique dans laquelle l’entrepreneur doit s’adapter en permanence. Ces instabilités ont un impact fort sur la vie des entreprises, atténuées toutefois par les dispositifs de soutien public durant la pandémie. Les défaillances d’entreprise sont ainsi restées basses, permettant aux entreprises, même lorsqu’elles n’étaient pas viables, de maintenir leur activité. Ces aides prennent logiquement fin, ouvrant une période de correction. En 2024, les menaces qui pèsent sur l’économie restent fortes et fragilisent les entreprises, mêmes lorsqu’elles sont robustes.

« L’année 2024 dépendra beaucoup de cette capacité à mener une politique économique centrée sur la production plutôt que de céder aux sirènes du court-terme, qui alourdissent les charges des entreprises et pénalisent le pays », poursuit-elle.

Risques politiques et faillites

Selon François Delteil, Directeur Grand Comptes chez AU Group, expert en risques politiques « Des décisions politiques peuvent aussi être directement à l’origine de défaillances d’entreprises, notamment dans des pays soumis au « Fait du Prince »

Pour 2024, des scrutins électoraux auront lieu dans 70 pays, dont les Etats-Unis, la Russie, Taïwan, l’Iran, le Royaume-Uni et l’Inde. Ils seront dominés par des vents nationalistes et protectionnistes, et concernent directement trois foyers de conflits réels ou potentiels : l’Ukraine, Taïwan et le Proche-Orient.

Si la nature et l’ampleur des risques économiques que portent en germe ces scrutins est difficile à quantifier, on sait néanmoins que de nouveaux chocs sont possibles pour les entreprises, tant pour leurs approvisionnements que leurs débouchés.

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