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[Question de Gestion] Il ne faut pas négliger le risque de réinvestissement mature

Commentaire de Catherine Reichlin, responsable de la recherche financière chez Mirabaud

« Selon certains il est possible de lire l’avenir dans les cartes, dans le marc de café et dans d’innombrables autres supports, mais saviez-vous que les courbes de taux ont également un caractère prédictif ?

Pour mémoire, les taux de référence fixés par les banques centrales sont des taux de très court terme. De ceux-ci, et en fonction de divers facteurs, les rendements des autres maturités sont dérivés. Placer son argent à 3 mois ne rapporte donc pas la même chose que le placer à 10 ans. La courbe de taux relie les points constitués par les différentes maturités et, en règle générale, plus un investisseur immobilisera son capital pour une longue période, plus il sera rémunéré.

Cela explique pourquoi les pentes de ces courbes sont habituellement croissantes. Il arrive cependant que les courbes se déforment et deviennent soit cabossées, soit plates, soit inversées. Dans ce dernier cas, les échéances longues « rapportent moins » que les échéances courtes, c’est le cas notamment aux Etats-Unis : placer de l’argent à 10 ans sur les emprunts du Trésor vous rapportera 3.77% alors que le placer à 2 ans vous permettra de recevoir 4,18%. Est-ce à dire qu’il ne faut investir que sur la partie courte de la courbe ?

Avant de répondre à cette question, regardons ce qu’indique une courbe de taux inversée. Traditionnellement, les inversions du segment 2 ans – 10 ans ont été annonciatrices de récession. Comment cela s’explique-t-il ? Les banques centrales ne peuvent influencer que la partie courte des courbes, les parties plus longues reflètent les anticipations de conjoncture et d’inflation du marché. Lorsqu’une banque centrale débute un cycle de resserrement monétaire, elle remonte son taux de référence dans une tentative de ralentir la machine économique et/ou pour contrer l’inflation avant qu’elle ne devienne hors de contrôle. Les échéances obligataires jusqu’à la maturité 2 ans intègrent les futures hausses de taux et leur rendement monte souvent plus rapidement que celui des échéances longues. Une courbe inversée nous indique que les rendements des échéances courtes sont remontés plus rapidement que ceux des échéances longues. Une indication que le marché commence à intégrer la fin du cycle de hausse mais aussi le début du prochain cycle : celui d’une baisse des taux.

Alors pour en revenir à la question, ne faut-il investir que sur la partie courte puisqu’elle rapporte plus ? La réponse est non ! En effet dès que le scénario de ralentissement économique se matérialisera, les rendements repartiront à la baisse et les investisseurs n’ayant acheté que des échéances 2 ans seront doublement pénalisés. Non seulement ils ne bénéficieront pas de la baisse des rendements longs mais ils devront réinvestir à des conditions bien moins attractives. Le risque de taux a été prédominant ces dernières années mais il ne doit pas faire oublier le risque de réinvestissement. Et lorsque le rendement du 10 ans grimpe à des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis plus de 12 ans, c’est un risque qui pour certains en vaut la chandelle... »

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