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[Question de Gestion] Vers un cycle économique stagflationiste ?

L’analyse de Ewout van Schaick, responsable Multi Asset de NN Investment Partners

Les marchés boursiers et obligataires ont subi des corrections importantes cette année, sous le coup de pressions stagflationnistes. Toutefois, le terme "stagflation" n'est pas utilisé de manière cohérente par les économistes. L'éventail des définitions implique un affaiblissement ou une faiblesse structurelle de l'activité économique, mesurée par le PIB, le chômage ou la productivité, en combinaison avec une inflation ou des anticipations d'inflation élevées ou en hausse. Bien qu'une diversité de descriptions soient applicables pour la période traditionnelle de stagflation de 1973 à 1980, atteindre une définition exacte est aujourd'hui particulièrement important.

Les marchés s'inquiètent actuellement de la double menace d'une récession et d'une inflation élevée, bien supérieure à l'objectif des banques centrales. Les données économiques récentes, notamment en provenance de Chine et d'Europe, suggèrent que la probabilité d'une récession augmente. Aux États-Unis, la politique agressive de hausse des taux de la Fed est le principal facteur de risque. La grande question est de savoir si les chiffres de l'inflation resteront élevés même en cas de récession. Selon nous, il faudrait de nouveaux chocs inflationnistes et une spirale salaires-prix persistante pour que l'inflation reste durablement élevée. Si les données suggèrent une croissance des salaires supérieure à la moyenne aux États-Unis, en Europe, le phénomène n'est pas démontré. Notre scénario de référence prévoit un pic d'inflation au deuxième trimestre, sauf nouveaux chocs inflationnistes.

Dans le contexte actuel, les investisseurs ont peu d'endroits où se réfugier. La hausse des matières premières a déjà atteint un palier il y a plusieurs semaines, quoiqu'une certaine exposition au marché pétrolier puisse encore servir de couverture contre une nouvelle escalade du conflit en Ukraine. Le dollar américain s'avère être une monnaie refuge dans ce cycle ; en effet, contrairement à la crise financière de 2008, l'économie américaine reste relativement dynamique et n'est pas confrontée à une crise systémique. Dans le domaine des actions, les sociétés ayant un pouvoir de fixation des prix, un profil défensif et des valorisations modérées affichent des performances supérieures en termes relatifs. Par conséquent nous privilégions les secteurs des biens de consommation, de la santé et de l'énergie. Les marchés du crédit n'anticipent pas encore de récession, c'est pourquoi nous maintenons une sous-pondération sur le crédit européen. Une hausse des taux modérée est à prévoir dans les semaines à venir, mais cette hausse devrait être limitée par l'affaiblissement de l'économie mondiale.

« Les prévisions d'inflation extrêmement élevées représentent un signal d'alarme pour les banquiers centraux et les investisseurs cette année. La hausse des prix résulte des tensions sur les chaînes d'approvisionnement liées au Covid et du conflit en Ukraine. Bien que des tendances telles que la démondialisation et la pénurie de jeunes travailleurs dans le monde développé puissent favoriser une hausse des prix future, les habitudes de consommation des générations plus âgées et la faible productivité souligne le potentiel d'un scénario contraire. Il semble que nous soyons au début d'un nouveau cycle économique, mais il est encore trop tôt pour dire si l'inflation sera structurellement élevée dans les années à venir », conclut Ewout van Schaick.

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