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[Questions de gestion] Coronavirus : quelles répercussions économiques ?

Extraits du commentaire de marché hebdomadaire réalisé par le BlackRock Investment Institute

- La riposte massive enclenchée face au choc du coronavirus devrait empêcher une répétition de la crise financière de 2008 ; la bonne mise en œuvre des mesures annoncées demeure toutefois un point essentiel.

- Les cours du pétrole ont chuté à des plus bas historiques, alors que l’effondrement de la demande met sous pression une capacité de stockage limitée.

- Les chiffres de la confiance des consommateurs américains publiés cette semaine devraient refléter l’ampleur des répercussions du confinement sur les dépenses de consommation.


L'activité économique mondiale a été suspendue afin d’endiguer la pandémie de coronavirus ; les répercussions sur les prix des actifs vont dépendre de l'effet cumulé, au fil du temps, du déficit de croissance. Les mesures qui ont été prises pour parer aux retombées économiques du coronavirus sont proprement révolutionnaires : certes, leur mise en œuvre présente des risques mais, si elles rencontrent le succès escompté, l'effet global de la pandémie devrait être bien inférieur à celui observé au lendemain de la crise financière mondiale (CFM) de 2008 - et ce malgré la violence historique du choc initial.

La crise bancaire et la situation de surendettement des ménages ont donné lieu à une « décennie perdue » de désendettement à l’issue de la CFM. Cette fois, bien que le choc initial ait été beaucoup plus sérieux, le système financier n'a pourtant pas connu de crise pour le moment. La ‘‘contagion’’ économique nous paraît en effet être directement liée à l'évolution de la pandémie et à la durée des mesures de confinement adoptées. Les prévisions économiques à long terme, y compris les plus pessimistes, envisagent des conséquences économiques beaucoup moins graves que celles entraînées par la CFM, aussi bien aux États-Unis que dans la zone euro. La perte cumulée de PIB dans les années qui avaient suivi la crise avait représenté au total 50% du PIB de 2007 pour les États-Unis. Pour que le choc actuel provoque des répercussions d’une ampleur similaire, il faudrait auparavant qu'il se transforme en crise financière ; or, pour l'instant, la riposte budgétaire et monétaire nous semble être bien plus diligente et massive qu’en 2008, éloignant de fait un tel risque.

La pandémie a provoqué un arrêt brutal et délibéré de l'activité économique. L’idée de « récession » ne nous paraît pas pouvoir s’appliquer en l’espèce cependant, car la situation actuelle ne résulte pas de l'évolution d'un cycle économique classique. Le choc actuel s'apparente davantage à une catastrophe naturelle de grande ampleur qui perturberait gravement l'activité à court terme, mais entraînerait in fine une reprise économique. La perte significative et immédiate de revenus doit être traitée par une réponse politique globale, et notamment par une nouvelle série de mesures conçues pour parer aux difficultés de trésorerie en protégeant les revenus des ménages et des petites entreprises - l'économie pourrait subir sinon des dommages durables. De telles mesures, tant monétaires que budgétaires, ont bien été mises en place, avec une grande réactivité et à une échelle sans précédent ; cela a été en particulier le cas dans les principales économies développées. Une bonne coordination des politiques monétaire et budgétaire est également essentielle.

L'un des risques majeurs concerne la mise en œuvre de ces mesures. Un exemple récent montre la difficulté de fournir de l'aide à ceux qui en ont besoin : un programme de prêts de 350 Mds$ élaboré pour les petites entreprises en difficulté aux États-Unis a en effet rapidement montré ses limites, les entreprises les plus petites ayant le plus grand mal à pouvoir réellement en bénéficier. Il existe également le risque que l’économie subisse des dommages permanents si le gel de l'activité demeure pour une durée prolongée, et en particulier si le soutien actuel ne vienne à s’essouffler petit à petit. Une interruption de longue durée pourrait en effet se muer en crise financière en finissant par provoquer une vague sans précédent de faillites d'entreprises, mettant alors le système bancaire sous pression. L'effondrement des cours du pétrole la semaine dernière, qui résulte pour partie de la baisse continue de la demande due à la contraction de l'économie, est une bonne illustration des effets disproportionnés à court terme de la suspension de l'activité économique.

En résumé, la réaction première qu’ont eue les actifs risqués en 2020 - notamment une chute des actions de 30 à 40% dans le monde entier - a été d'un ordre de grandeur similaire à celle de la crise financière. Cependant, l’effet cumulé du choc économique actuel devrait être moindre qu’en 2008, étant donné le soutien budgétaire et monétaire massif qui a été mis en place cette fois-ci. La mise en œuvre réussie de ces mesures de soutien demeure toutefois cruciale, et nous restons prudents sur un horizon tactique en raison de l'incertitude majeure qui plane à court terme sur l'évolution de l’épidémie et sur les mesures de confinement. Nous conservons des positions de référence - pour l’essentiel - au niveau des classes d'actif, et privilégions les obligations par rapport aux actions, étant donné que les détenteurs des premières ont un droit préférentiel sur les flux de trésorerie des entreprises. Nous marquons une préférence envers les bons du Trésor américain au sein des portefeuilles, qui offrent une meilleure protection que leurs homologues à rendement plus faible. Enfin, mettre l’accent sur les actions de qualité, ainsi que sur le développement durable peut également renforcer la résilience du portefeuille.

 

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