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Cet outil estime la croissance dans la zone euro

Récession ou léger repli, CRAFT (Coface Research Activity Forecasting Tool), donne les clés du ralentissement de la zone euro

Depuis le début de l’année 2019, les signaux précurseurs d’un ralentissement de la croissance mondiale se sont multipliés. Si l’ensemble des économistes s’accordent sur cette tendance baissière, après le haut de cycle atteint en 2017, le point d’interrogation réside désormais dans l’ampleur de ce ralentissement, en particulier en zone euro. Tandis que certains évoquent une récession en 2020, la majorité des économistes prévoit « seulement » un léger ralentissement.

Pour y voir plus clair, Coface a développé CRAFT, son propre outil de prévision. Cet indicateur est le fruit d’une démarche innovante, qui repose à la fois sur des techniques de machine learning et sur un modèle statistique de référence permettant de prendre en compte un très large spectre de variables.


Un outil précieux pour détecter les grandes tendances

La sélection des variables est issue de modèles de machine learning permettant d’analyser une centaine de variables et de ne conserver que les plus pertinentes pour modéliser la croissance du PIB, variables qui seront ensuite utilisées dans l’Analyse en Composantes Principales (ACP).

Ces dernières, entre 30 et 50 pour chaque pays, peuvent être regroupées en 5 catégories distinctes :
- variables réelles ;
- données d’enquêtes ;
- variables monétaires et financières ;
- indicateurs internationaux ;
- taux de défaut des entreprises sur leurs créances commerciales assurées par Coface.

Si les 4 premiers types de variables sont communément utilisés dans la construction d’indicateurs d’activité, le cinquième est propre à Coface.

Développé pour l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, cet indicateur montre une forte corrélation au taux de croissance trimestriel du PIB de ces pays ces dernières années. Il se révèle par ailleurs être un outil de prévision efficace pour le trimestre en cours (nowcasting) et pour le trimestre suivant (forecasting).


Résilience des économies française et espagnole, tandis que l’Allemagne entrerait en récession et que l’Italie stagnerait

D’après les résultats de ce modèle, l’Allemagne entrerait en récession au 3ème trimestre (-0,1% après déjà -0,1% au trimestre précédent), avant de stagner au cours des trois derniers mois de l’année. L’économie allemande, particulièrement dépendante de son industrie, elle-même exposée aux turbulences extérieures en raison du poids des exportations, a particulièrement souffert de la dégradation de l’environnement économique international depuis le début de l’année 2018. Dans la mesure où les Etats-Unis, la Chine et le Royaume-Uni figurent parmi les 5 principaux débouchés à l’exportation de l’Allemagne, l’évolution de ces dossiers sera primordiale pour l’orientation de la croissance de l’activité.

L’économie française ralentirait également au 3ème trimestre (+0,2%) avant de rebondir en fin d’année (+0,3%), faisant preuve de résilience dans ce contexte difficile. Le PIB progresserait ainsi de 1,3% sur l’année. Bien que l’activité connaisse une phase de ralentissement depuis 2017 (+2,4% puis +1,7% en 2018), la croissance française est restée positive et constamment supérieure à 0,2% en termes trimestriels, loin des soubresauts de la plupart de ses voisins, la France étant moins dépendante de la demande extérieure.

La croissance rebondirait légèrement au 3ème trimestre en Italie à 0,1% avant de stagner à nouveau au dernier trimestre de l’année. Cependant, l’économie italienne aura enregistré la plus mauvaise performance des pays de la zone euro en 2019, pour la deuxième année consécutive.

Dans le même temps, la croissance du PIB devrait repartir à la hausse en Espagne au 3ème trimestre (+0,6%) avant de ralentir légèrement au cours des trois derniers mois de l’année (+0,5%). Si l’activité est moins dynamique qu’en 2017, où elle atteignait entre 0,8% et 0,9% chaque trimestre, elle reste solide et ralentit très progressivement. En dépit d’un taux de chômage toujours très élevé (14% de la population active à fin juin) et de son instabilité politique, l’économie espagnole fait preuve d’une remarquable régularité depuis la reprise amorcée fin 2013.

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