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Un CAC 40 résilient et conquérant en 2018

À partir de l’analyse des chiffres publiés par les sociétés du CAC 40, EY publie pour la 13ème année consécutive le Profil financier du CAC 40. Cette nouvelle édition dresse un bilan de l’année 2018, au regard de l’évolution de l’indice et des performances financières des sociétés qui le composent.

L’indice a clôturé l’année 2018 en baisse, à 4 731 points, -11% en dessous de la clôture 2017. Sur l’année 2018, le niveau de l’indice demeure proche des niveaux d’avant-crise, avant de chuter au 4ème trimestre.


L’activité reprend et l’internationalisation se stabilise

En 2018, le CA cumulé des sociétés du CAC 40 a crû de +2% et atteint son plus haut niveau depuis le début de cette étude : 1 336 Mds€.

« 28 sociétés ont publié une activité en hausse par rapport à l’exercice précédent en 2018, contre 32 sociétés en 2017. L’augmentation de +2,3% du chiffre d’affaires par rapport à 2017 est comme l’année dernière, principalement tirée par la croissance organique », commente Sonia Bonnet-Bernard, associée EY.

La répartition du CA par secteur fait toujours apparaître une prépondérance marquée du secteur Industries et BTP. Malgré la sortie de LafargeHolcim et Solvay en 2018, remplacés dans l’indice par Hermès et Dassault Systèmes, l’industrie représente encore 15 sociétés sur les 40 et 38% du CA total.

La répartition géographique du CA (hors banques et assurances) en 2018 confirme une légère reprise du poids de l’Europe, amorcée en 2017, à 57%, alors qu’elle baissait de manière continue depuis le début de notre étude en 2006, date à laquelle elle était de 72%. « La part de la France dans le chiffre d’affaires des entreprises qui publient cette information s’élève à 25% en 2018, un niveau stable par rapport à 2017 où elle s’élevait à 24% », ajoute Marc Lefèvre, associé EY.


L’investissement se ressaisit

« Après avoir atteint un plancher historique en 2017, l’investissement récurrent progresse en 2018. Toujours porté principalement par quelques acteurs des secteurs de l’industrie et de l’énergie, il s’établit à 71 Mds€ en 2018. Si la contribution des opérations de croissance externe à la croissance s’est ralentie depuis 2008, l’année 2018 marque un record pour le nombre d’opérations de fusions-acquisitions réalisées par les entreprises du CAC 40 : 72 acquisitions et 58 cessions », commente Marc Lefèvre.

La reprise de l’investissement récurrent (hors banques et assurances) reflète une tendance assez générale parmi les sociétés de l’indice, car celles qui augmentent leurs Capex sont 2 fois plus nombreuses (22) que celles qui les baissent (11).


La structure des bilans demeure solide

L’endettement net augmente en valeur absolue pour la 1ère fois après 6 années de baisse continue (+2%). À 161 Mds€, il demeure à un niveau historiquement bas. Le gearing (indicateur de l’endettement d’une entreprise et de mesure du risque de la structure financière) médian est stable à 25%. La dette nette est composée d’une dette financière brute de 355 Mds€ (dont 78% de dettes financières non courantes), d’une trésorerie nette de 166 Mds€ et d’instruments dérivés et autres pour 27 Mds€ d’actifs.

Les capitaux propres ont régulièrement augmenté depuis 2006. En 2018, ils ont progressé de +3% pour atteindre 974 Mds€ fin décembre. Cette augmentation est exclusivement due à la mise en réserve des résultats. En effet, aucune société du CAC 40 n’a réalisé d’augmentation de capital en 2018, contre 5 Mds€ levés en 2017.


La valorisation boursière est en baisse

L’année 2018 a clôturé sur une nette baisse de la capitalisation du CAC 40 (mesurée au 31 décembre). À 1 422 Mds€, elle est en repli de -5% par rapport à la clôture 2017, après 6 années consécutives d’augmentation.

Après une évolution à la hausse sur les trois premiers trimestres de l’année, le CAC 40 a chuté au quatrième, freiné par la conjonction des tensions commerciales sino-américaines, de la remontée des taux d’intérêt, du ralentissement de la croissance des bénéfices et des craintes liées au Brexit puis au « shutdown » américain.

L’incorporel non comptabilisé (l’écart entre la capitalisation boursière et la valeur comptable des actifs nets) est en baisse mais reste à un niveau élevé, même s’il n’atteint pas les niveaux d’avant-crise. Il mesure la valeur attribuée par le marché aux actifs non comptabilisés au bilan, notamment certains actifs incorporels comme les marques, qui ne figurent à l’actif que si elles ont été acquises et pas si elles ont été développées en interne. La valeur totale de l’immatériel (non inscrit et inscrit au bilan, y compris goodwill) représente 76% de la valeur boursière totale en 2018, contre 74% un an plus tôt.


Des dividendes en hausse

Les dividendes atteignent un montant record à 51 Mds€ contre 47 Mds€ en 2017, soit une hausse de +9%. Celle-ci entraîne une légère hausse du rendement du dividende à 3% en 2018 contre 2,7% en 2017. La part du résultat distribué reste stable pour la plupart des sociétés, avec un pay-out ratio médian de 49%. Le montant de dividendes distribués comprend à la fois les dividendes payés en numéraire et les dividendes payés en actions, ce choix étant proposé par plusieurs sociétés à leurs actionnaires.


Toujours à de hauts niveaux, les résultats nets sont en baisse

En 2018, les résultats se sont maintenus à un niveau élevé, mais en léger repli par rapport au record de 2017. Les résultats nets (part du groupe) publiés sont en baisse de -5% à 89 Mds€. Le niveau de la marge opérationnelle continue à se restaurer (à 8,7%) mais reste toujours très inférieur à celui d’avant crise (10,8%).

Les entreprises du CAC 40 ont déprécié pour 17 Mds€ d’actifs en 2018, un montant en hausse par rapport aux pertes de valeur comptabilisées en 2017 et 2016, mais toujours en-deçà des niveaux atteints en 2013 et 2015.

« La marge opérationnelle s’améliore en 2018 et atteint 8,7% contre 7,9% en 2017. Elle ne retrouve cependant pas les niveaux d’avant crise, à plus de 10%. En 2015, elle s’était fortement dégradée du fait de dépréciations élevées et du changement de composition de l’indice. En 2018, les changements de composition de l’indice n’affectent pas le niveau de marge opérationnelle (8,5% à périmètre constant) », conclut Sonia Bonnet-Bernard.

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