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ISR et performance

La Financière de l’Echiquier présente une nouvelle étude sur ISR et performance

La Financière de l’Echiquier, qui revendique un rôle de pionnier de l’application à la gestion d’actifs des critères ESG en France, vient de réaliser une grande étude sur ISR et performance. Bonne nouvelle : l’extra-financier ne détruit pas de valeur !

« Faut-il, s’interroge Didier Le Menestrel, président de La Financière de l’Echiquier, se résoudre à un sacrifice de performance lorsque l’on choisit d’investir de façon responsable ? Telle est l’une des questions les plus largement débattues au sein de la gestion d’actifs. Dans l’imaginaire collectif, l’investissement responsable est resté figé à l’époque des Quakers ou des années 70, lorsque celui-ci se résumait à l’investissement éthique et à l’exclusion des valeurs du péché. Depuis, le chemin parcouru est considérable. L’investissement responsable est devenu un formidable outil de gestion des risques et un territoire riche en opportunités. ISR et performance ne sont pas incompatibles, bien au contraire ! Mais ne perdons pas de vue que, pour générer de bonnes performances, les critères ESG doivent nécessairement s’allier aux critères financiers. » Le ton est donné.

Création de valeur financière

Rappelons que, dès l’origine, en 1991, La Financière de l’Echiquier a mis l’accent sur la gouvernance des entreprises. Ces douze dernières années, elle a développé une approche ESG complète. Elle est donc en mesure d’affirmer qu’investir dans les entreprises dotées des meilleures notes produit, avec le temps, une performance supérieure à celles des grands indices, alors qu’investir dans les sociétés dotées des notes moyennes ou faibles n’apporte pas de valeur ajoutée. Le travail qu’ont réalisé Sonia Fasolo, gérante ISR, Luc Olivier, analyste financier et ISR, et Mamadou Bah, contrôleur des risques, le démontre éloquemment. Loin de détruire de la valeur, la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance favorise la performance dans la durée. L’étude met en lumière la relation qui existe entre les entreprises les plus vertueuses, européennes principalement, et leurs performances boursières. L’univers d’investissement rassemble 500 sociétés. « La grille de notation utilisée et les pondérations de chaque critère, précise la gérante, permettent de dégager une tendance de création de valeur financière sur le long terme. » Les notations sont exclusivement réalisées en interne. Le critère de gouvernance en représente 60 %.

Il faut surtout retenir que le portefeuille fictif des meilleurs profils ESG (Top 40) génère une performance 2,3 fois supérieure sur neuf ans à celui des pires profils ESG (Flop 40) et que, plus sa note ESG est élevée, meilleur est le parcours boursier d’une société. « Le portefeuille constitué des meilleures notes sociales surperforme celui des meilleures notes environnementales et celui des meilleures notes de gouvernance, expliquent les spécialistes. Sa performance reste néanmoins inférieure à celle du portefeuille des meilleures notes ESG. L’écart de performance annuel moyen entre le portefeuille d’entreprises constitué de mauvaises notes de gouvernance et celui des bonnes notes ESG est de – 13 %. »

Couple rentabilité/risque amélioré

Cela dit, le niveau de risque n’est pas significativement différent entre les portefeuilles théoriques constitués des bonnes et des mauvaises notes « investissables ». Mais, grâce à un important différentiel de performance, le ratio rentabilité/risque du portefeuille des meilleures notes ESG est, sur neuf ans, 1,7 fois supérieur à celui des plus mauvaises notes ESG.

Les valeurs détenant de bonnes notes sociales sont celles qui contribuent le plus à la performance. La prise en compte du volet social par les entreprises permet de rendre les salariés plus satisfaits et plus productifs. Leurs performances restent toutefois inférieures à celles des portefeuilles composés des meilleures notes ESG, ce qui souligne l’effet de synergie des trois composantes des notes. Les entreprises dotées de mauvaises notes de gouvernance générant le moins de performance, la surpondération de la gouvernance dans la note ESG permet de réduire le risque de sous-performance des portefeuilles à long terme.

Par ailleurs, plusieurs recherches empiriques ont démontré que les entreprises de croissance sont davantage représentées dans les fonds ISR. « Elles ne peuvent négliger les aspects ESG pour leur réussite et disposent de plus de moyens pour déployer en ce domaine des politiques ambitieuses, commente Sonia Fasolo. Les entreprises décotées ou en restructuration, c’est-à-dire des entreprises value, peuvent être moins soucieuses de certains éléments sociaux ou environnementaux. » L’étude est très approfondie. Y sont aussi examinés les aspects géographiques et sectoriels ainsi que les biais de taille de capitalisation et de méthode.

Les fonds Echiquier Major SRI Growth Europe et Echiquier Positive Impact investissent dans les entreprises auxquelles ont été attribuées les meilleures notes ESG. La Financière de l’Echiquier a réaffirmé la volonté de déployer l’intégration des critères extra-financiers à l’ensemble de ses fonds. Un objectif qui ne devrait plus mettre trop de temps à se concrétiser.

M. L.

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