Connexion
/ Inscription
Mon espace
ER - Acteurs du secteur financier
ABONNÉS

[Les entretiens d'Esteval] Jan Willem Berghuis, Kempen CM

Entretien avec Jan Willem Berghuis, co-gérant du fonds Kempen (Lux) Global Small Cap Fund

Quelle est votre philosophie d’investissement ?

Il s’agit d’une gestion fondamentale, bottom-up, de long terme. Nous privilégions une approche value, en appliquant le principe de marge de sécurité (margin of safety), et contrariante. Notre portefeuille est concentré. Il comprend environ 70 lignes. A l’heure actuelle, seulement 2% des positions de notre portefeuille sont communes avec notre indice de référence. Notre gestion est par ailleurs pleinement engagée en ce sens que nous entretenons un dialogue permanent avec les entreprises dans lesquelles nous investissons.

Quel est votre univers d’investissement et comment sélectionnez-vous les valeurs qui sont intégrées au portefeuille ?

Notre univers d’investissement est composé de quelque 4 000 petites et moyennes valeurs cotées sur les principales places de marché mondiales. Leur capitalisation varie entre 250 millions d’euros et 5 milliards d’euros. Pour chaque valeur, nous recherchons un point d’entrée attractif qui tient compte du prix et de la valeur réelle de l’entreprise. Nous attachons par ailleurs beaucoup d’importance au rendement que dégage l’entreprise sur le capital investi. Pour cela, nous scrutons les historiques financiers, ainsi que les rapports annuels afin d’avoir une vision précise de la stratégie mise en œuvre. L’analyse complète d’un dossier prend environ deux semaines. Il nous faut analyser l’environnement concurrentiel et confirmer la qualité du management. C’est pour cela que nous recherchons en permanence à être en contact direct avec les dirigeants des entreprises dans lesquelles nous investissons.

Vous portez une attention particulièrement aux aspects ESG ?

Tout à fait, les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance sont au cœur de notre analyse aux côtés des critères financiers, de valorisation et de rentabilité. En plus d’être un actionnaire engagé, nous procédons à une stricte due diligence qui nous amène à attribuer une note à l’entreprise. Celle-ci entre en ligne de compte lorsqu’il s’agit de procéder à des choix d’investissement ou à des arbitrages. Notez par ailleurs que nous excluons toute activité controversée au sens des principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (UNPRI). Pour chaque entreprise, nous avons recours aux scorings produits par MSCI ESG mais aussi à notre analyse interne car nous avons à cœur de nous forger notre propre opinion en la matière. Une entreprise dont la note est faible fera systématiquement l’objet d’un complément de documentation et de recherches et nous nous impliquerons à ses côtés pour apporter des réponses durables. C’est aussi ainsi que nous envisageons notre engagement : construire une relation de long terme avec les entreprises et les accompagner dans leurs démarches d’amélioration de leurs pratiques ESG.

Et comment construisez-vous le portefeuille ?

Le portefeuille comprend environ 70 valeurs diversifiées géographiquement et sectoriellement. Afin de maîtriser correctement les risques, chaque valeur ne peut représenter plus de 3% de l’actif global du portefeuille. De même, les surpondérations géographique ou sectorielle ne peuvent être supérieures à 15% par rapport à notre indice de référence, le MSCI World Small Cap Total Return en euros, dividendes réinvestis.

Quelle est votre allocation géographique actuelle ?

Elle correspond à celle de l’indice, à savoir environ 60 % de l’actif sur les marchés d’Amérique du Nord, 25 % sur les marchés européens et 12 % sur le marché japonais, le solde étant répartis sur les autres places de marché.

Et quels sont les secteurs qui émergent de votre sélection de valeur ?

Le secteur de la consommation discrétionnaire, un secteur diversifié qui inclut aussi bien les restaurants que les équipements automobiles ou encore les compagnies aériennes est bien représenté. A l’inverse et à titre d’exemple, les secteurs de la santé et des biotechnologies ne correspondent pas au profil de valeurs que nous recherchons. Néanmoins on peut mentionner une petite position sur la société Boiron, seule valeur française actuellement en portefeuille. Délaissée par le marché, elle a procédé à des investissements. Ceux-ci, combinés à de faibles niveaux de valorisation, laissent supposer un fort potentiel d’appréciation du titre.

Quel est votre horizon d’investissement ?

En moyenne, l’horizon d’investissement est de 5 ans.  Il en résulte que seuls 20 % du portefeuille font l’objet de modification chaque année, sachant par ailleurs que nous sommes pleinement investis en permanence. Nous ne détenons de petites positions en trésorerie que brièvement, le temps de saisir de nouvelles opportunités sur les marchés.

Quel regard portez-vous sur les performances du fonds ?

Depuis le lancement du fonds, c’est-à-dire depuis 4 ans, les marchés n’ont pas été favorables au style value, bien au contraire. Malgré cela, nous sommes parvenus à dégager un rendement annuel moyen voisin de 16% contre un peu plus de 12 % pour notre benchmark. Ces bons résultats confirment la pertinence de notre approche qui devrait bénéficier d’un prochain retour en grâce de l’approche value.

 

Lire la suite...


Articles en relation