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En 2030, le vieillissement de la population sera ressenti en 1ère ligne par les hôpitaux

Pour Cap Retraite, 1er service français d’aide à la recherche de maison de retraite, d'ici 2030, en France, les personnes âgées devraient atteindre une population record de 8,34 millions d'individus. Cette évolution démographique aura un impact direct sur l’hôpital : 5 millions d’hospitalisations seront dédiées aux aînés, soit 1 prise en chargesur 3.

Contacté chaque année par des milliers de familles dont le proche ne peut regagner le domicile suite à une hospitalisation, Cap Retraitea analysé cette situation :

- Les personnes âgées ont-elles recours à l’hôpital de manière équitable aujourd’hui en France ?

- Dans quels territoires les hôpitaux seront-ils les plus exposés au vieillissement de la population ?

- Quels seront alors les besoins en personnel et en financement ?


I -  Hospitalisation des personnes âgées : offre manquante et demande pressante

En France, les personnes âgées ont fortement recours à l’hôpital pour des cas souvent complexes, poly-pathologiques. Et si 1 hospitalisation sur 5 leur est dédiée actuellement, d’ici 15 ans, il s’agira d’1 hospitalisation sur 3En 2013, seront particulièrement exposés face à cette évolution démographique, les hôpitaux des départements vieillissants comme
- la Creuse : 44,1%
- le Lot : 39,7%
- le Cantal : 39,7%

A terme, le public âgé pourrait devenir le cœur de métier de l’hôpital. Les services d'urgence, toujours en première ligne, devraient voir les demandes dédiées s'accroître de 42%, pour atteindre plus de 3 millions de consultations en 2030. Sans initiatives à court terme, les départements en manque de médecins généralistes ou de gériatres, comme la Lozère ou l’Ariège, risquent de connaître des engorgements sans précédentsavec +54% de consultations.


II - Capacité d’accueil dédiée aux personnes âgées à l'hôpital : une carence exponentielle.

Sur les 241 359 lits ou places disponibles en France, seuls 4,8% sont dédiés à la gériatrie. Pour répondre aux exigences qui s'imposent démographiquement, il faudrait augmenter d'au minimum 102 178, le nombre de possibilités d’accueils en hospitalisations dédiées aux personnes âgées d’ici 2030.

Les régions qui devront fournir les efforts les plus importants en termes de possibilités d’accueil sont l’Occitanie (+10 439 lits ou places), les Pays de la Loire (+6 163) et la Bretagne (+6 045).
A la suite de soins aigus, l’hôpital peut continuer à prendre en charge les aînés en convalescence au sein d'unités de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) ou d’Unités de Soins de Longue Durée (USLD).

D'ici à 2030, ils représenteront une population globale de 558 499 personnes âgées devenues dépendantes. Et une solution devra être trouvée pour les 10% de ces patients ne pouvant plus regagner ledomicile de manière autonome. Si rien n’est fait, nous compterons une carence de 60 970 lits de convalescence. Le Rhône et le Nord, qui subissent déjà le manque de places en maison de retraite, seront les plus exposés.

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III - Vision 2030 : Moyens humains et financiers, de fortes inégalités territoriales et une implication nécessaire de l'Etat

Pour garantir une qualité de soins identiques à celle d’aujourd’hui, il faudrait augmenter le nombre de fonctionnaires hospitaliers de 107 911 (près de +43%) pour atteindre l'équivalent de 362 812 postesdédiés aux hospitalisations de personnes âgées en 2030.

- Paris (3 988 fonctionnaires hospitaliers), le Nord (3 231) et le Rhône (2 879) devront recruter massivement.
- Les Alpes-de-Hautes Provence (+56,3%) et l’Aude (+56,1%) auront les efforts les plus importants à fournir.

Le budget associé au travail de ces fonctionnaires en lien avec le Grand-âge serait alors de 13,4 Mds€ (contre 9,9 Mfds€ en 2016), financés par les cotisations sociales et les impôts. Dès lors, le rôle de l’État reste primordial pour maintenir un équilibre entre les régions.

Si le financement était décentralisé, les habitants des départements à faible dynamisme économique subiraient de plein fouet cette augmentation de cotisations, soit, par actif : la Creuse 1 110€, la Haute-Vienne 1 008€ et l'Allier 910€.


IV - Un constat sérieux menant à sensibiliser sur les déséquilibres entre les régions et les risques afférents

Par cet observatoire, on constate que la répartition des forces et des faiblesses est en déséquilibre en fonction des régions. Face aux récentes coupes budgétaires à l’hôpital, il semble que le bien-être des seniors, aujourd'hui en déclin, est fortement menacé. L'organisation hospitalière, qui est l'affaire de tous, est aujourd'hui considérée comme un acquis que nous ont transmis les générations précédentes. Respectons-les !

Bernard Lasry, Fondateur de CapRetraite, commente cette analyse : « Depuis 1994, nous avons soutenu plus de 900 000 familles ayant été confrontées à la perte d'autonomie d'un proche âgé. En 22 ans, le profil de ces familles a évolué. La dépendance, plus lourde, survient aujourd'hui à un âge de plus en plus avancé. Cette réalité place dès à présent l'hôpital au centre de la prise en charge et de l'orientation du public âgé. Face aux forts déséquilibres déjà constatés entre les régions, il faut se poser les bonnes questions et trouver des solutions pour réinventer un hôpital qui pourra prendre en charge de manière équitable les nouveaux retraités. C'est un défi national d'une importance capitale pour permettre à chaque citoyen d'accéder au bien-vieillir dans le futur.»

Fiches d’information régionales et départementales :
https://www.capretraite.fr/observatoire-prise-en-charge-hospitalisation/

 

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