Connexion
/ Inscription
Mon espace

4ème épisode de la saga estivale du Crédit Foncier, « Les années d’après-guerre : la reconstruction »

BE - Culture & Société
ABONNÉS

Après la publication la semaine dernière du 3ème récit « Les lieux connus associés à l’histoire du Crédit Foncier…», ce 4ème épisode retrace « Les années d’après-guerre : la reconstruction »

 


Au cours de ces récits, sont mêlés l’histoire de l’immobilier en France avec celle du Crédit Foncier.

Le 1er février 1954, l’abbé Pierre, qui avait fondé les communautés Emmaüs en 1949 quand il était encore député, lançait son célèbre appel à venir en aide aux sans-abris alors que de nombreux bidonvilles n’avaient pas encore disparu. Le Crédit Foncier de France y prit largement sa parten émettant, dès le 8 mars suivant, un million de bons à lots de 5 000 francs destinés à financer la construction de ces cités d’urgence.
Même près de 10 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la destruction partielle ou totale de près de deux millions d’immeubles qu’elle a engendrée, il y avait encore urgence à fournir des logements convenables à des millions de Français.

La guerre ne fut d’ailleurs pas la seule responsable de la pénurie de logements. La France, qui détenait alors la lanterne rouge de la natalité en Europe, avait accumulé du retard dans la construction de logements neufs durant toute la période de l’entre-deux-guerres, notamment en raison d’une règlementation des loyers décrétée en 1914. La fin du second conflit mondial donna le signal d’une explosion démographique, doublée d’un exode rural massif accentué par la rapide croissance économique. C’est donc à partir de 1945 que naquit la notion même d’aide à la construction et au logement dont le Crédit Foncier sera le maître d’œuvre à la demande de l’État. C’est tout le sens de la déclaration du gouverneur du Crédit Foncier, Henri Deroy, lors de l’assemblée générale du 6 juin 1945, moins d’un mois après la capitulation allemande : « Nous sommes fondés à penser que le Crédit Foncier est appelé à prendre une large part dans les vastes opérations de crédit que rendront indispensables la réparation des ruines accumulées et la restauration de la vie économique du pays ».

Trois semaines après cette assemblée générale est promulguée l’ordonnance portant création de ce qui deviendra le Fonds national d’amélioration de l’habitat (Fnah) et dont la gestion comptable est confiée au Crédit Foncier. Comme son intitulé l’indique, le Fnah, alimenté par un prélèvement sur les loyers des immeubles achevés avant la déclaration de guerre, subventionne les propriétaires engageant des travaux d’amélioration de leur logement.

Le Crédit Foncier pouvait même abonder la subvention  par un prêt à taux bonifié sur 3 ou 5 ans. C’est la première fois dans l’histoire qu’un propriétaire peut réaliser des travaux de rénovation sans avoir pratiquement à avancer la moindre mise de fonds.

Tous ces dispositifs ne suffirent pourtant pas, comme en témoigna le célèbre appel de l’abbé Pierre, 10 ans après la guerre, à résoudre la question du logement qui demeurait le souci majeur des Français de l’époque comme de leurs gouvernements. La simple reconstruction ou la réparation des dommages de guerre étant notoirement insuffisants, il fallait s’engager résolument dans une politique en faveur du logement social.

Des résultats intéressants avaient déjà été obtenus par la politique en faveur de l’investissement locatif privé engagée dès 1948, mais il fallait aller plus loin. Le 1er juin de cette année-là fut voté un texte de libéralisation des loyers des logements neufs avant l’instauration, 2 ans plus tard, de primes à la construction, largement distribuées par le Crédit Foncier. Dès la fin de l’année suivante, en 1951, plus de 60 000 primes, correspondant à autant de logements, avaient déjà été versées.

10 ans plus tard, une émouvante initiative consacra le succès de la formule : le gouverneur du Crédit Foncier d’alors, Adéodat Boissard, et le ministre de la Construction, Pierre Sudreau, organisèrent une cérémonie au ministère, en l’honneur d’un couple modeste qui faisait construire son pavillon.
Ils le dispensèrent de remboursement du crédit pour le remercier d’avoir été le millionième bénéficiaire de la prime, ce qui représentait, comme le fit remarquer Adéodat Boissard dans son discours, « quatre millions de Français logés décemment ou près de l’être ».

Le cap des 2 millions de logements mis en chantier grâce à ce système fut franchi seulement 8 ans plus tard, en 1969.
C’est au cours de cette période que l’établissement célébra son centenaire. Une médaille frappée d’un chêne centenaire fut mise en circulation après la cérémonie des 11 et 12 juin 1952, en présence des deux plus hauts personnages de l’État, le président de la République, Vincent Auriol, et le président du Conseil, Antoine Pinay. Cent ans après le décret de Louis-Napoléon Bonaparte, nous étions clairement dans l’après-guerre.

En 1953, une certaine catégorie de logements, les logécos - logements économiques - bâtis selon des normes techniques précises et commercialisés à des prix encadrés, fut alors lancée pour encourager les plus modestes à accéder à la propriété immobilière. Suivirent ensuite diverses dispositions encore bien connues aujourd’hui, telles que les prêts personnalisés sous conditions de ressources et, pour éviter la spéculation, l’interdiction de revente avant un certain délai.

En 1954, le Crédit Foncier lança donc pour 5 milliards de francs de bons à lots pour financer les cités d’urgence. Plus qu’une conséquence de l’appel spectaculaire de l’abbé Pierre, ce fut surtout le prolongement logique d’une évolution des aides depuis l’année précédente. Jusqu’alors bénéficiant à un large public, en premier lieu et fort logiquement les victimes de dommages de guerre, les aides furent réorientées progressivement vers les ménages à faibles revenus.

Accéder à l’intégralité du récit via :
http://creditfoncier.com/annees-d-apres-guerre-reconstruction/


 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

BE - Culture & Société
ABONNES
La nouvelle plateforme soClassiQ, un accès gratuit au répertoire de la musique classique et à l’opéra

Avec l'Intelligence Artificielle et la Data Science, soClassiQ met la musique classique à la portée du plus grand nombre et se positionne comme le site de référence en la matière. Après 2 ans de recherche et développement, la plateforme soClassiQ fait son entrée officielle dans le monde de la musique classique et de l'opéra. Grâce à la puissance de ses algorithmes et au travers d'une expérience utilisateur simple et épurée, soClassiQ donne accès :- à l'ensemble des œuvres du répertoire...

BE - Culture & Société
ABONNES
Les soft skills, des compétences déterminantes au cours des premiers mois de collaboration

Une étude* menée par le cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half auprès de directeurs généraux (DG) et de directeurs financiers (DAF) révèle que 76% d'entre eux admettent avoir embauché un collaborateur qui ne s'intégrait pas à l'équipe.* Enquête réalisée auprès de 305 DG et 200 DAF en décembre 2017 en France. Les raisons évoquées et les mesures jugées les plus efficaces Rejoindre une organisation implique d'emblée de mettre en avant un panel de compétences à la fois...

BE - Culture & Société
ABONNES
« Solutions solidaires », plateforme de fabrique des solidarités nouvelles

Lancé par le Conseil départemental de la Gironde et ses partenaires, Alternatives économiques, l'Avise, la Fondation Jean-Jaurès, Harmonie mutuelle, Terra Nova, Up et Usbek & Rica, « solutions solidaires » c'est : - Une plateforme pour animer un large débat autour des solidarités nouvelles, et organiser un foisonnement d'idées, expériences et initiatives afin d'inventer ensemble les protections de demain.- Un rendez-vous annuel pour croiser, comparer et projeter vers l'avenir ces idées et ces...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
[Les entretiens d'Esteval] Bruno Colmant, Degroof Petercam

« Nous devons retrouver une économie solidaire et basée sur l'intérêt général » Débats télévisés, émissions de radio, couvertures de presse : le livre de dialogue entre Bruno Colmant, chef économiste de Degroot Petercam, et le prêtre Eric de Beukelaer, ancien proche collaborateur du cardinal Lustiger à Rome, fait un carton en Belgique (1). Il est vrai que leur conversation aborde des sujets qui nous concernent tous, au croisement de la morale et de l'économie. « Le capitalisme anglo-saxon...