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L’heure de vérité se rapproche en Grèce…

ER - Analyses de marchés
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… les marchés ne s’en inquiètent pas.

Par Vincent Guenzi, Responsable de la stratégie d'investissement et du comité de gestion de Cholet Dupont.

Le 9 avril, la Grèce doit rembourser 450 M$ au FMI. D’autres échéances suivront en avril. Les caisses de l’Etat semblent vides. Les négociations avec le Gouvernement grec sur les réformes à mener sont tendues et progressent avec lenteur. Nul  ne sait si le déblocage des fonds européens interviendrait à temps en cas de nécessité. Mais les marchés ont confiance et ne semblent guère s’en émouvoir…

Le mois de mars aura apporté de nombreuses confirmations des tendances macro-économiques en œuvre dans le Monde. Celles-ci continuent d’influencer le comportement des marchés financiers dans le même sens qu’en janvier et en février. Mais, les deux interventions de la BCE puis de la FED, l’une mettant en œuvre son programme d’achat d’emprunt  d’Etat, l’autre repoussant son relèvement de taux en l’allégeant probablement, vont peut-être modifier la donne à court terme.
La BCE a poussé l’euro à son maximum de baisse à court terme (1,05 $/€) La poursuite de son repli dépend maintenant du dollar. Or, en temporisant davantage, à cause du ralentissement de la croissance,  la FED a laissé  l’euro remonter vers 1,10 €/$. Ainsi, l’un des moteurs de la surperformance économique et boursière de l’Europe faiblit.
Dollar trop fort ou ralentissement temporaire, dans les deux cas, nous semblent devoir brider la hausse des actions américaines. A l’inverse, la prudence de la FED protège aussi les marchés d’un repli trop prononcé.

C’est pourquoi nous pensons que les actions européennes peuvent encore bénéficier d’un court répit pour enregistrer une petite hausse supplémentaire. 
Comme il est probable que le ralentissement américain ne soit que conjoncturel, le retour à la normale au cours du 2ème trimestre ne manquerait pas de raviver les craintes au sujet de la politique monétaire et d’augmenter les risques d’un repli plus prononcé pour les actions.

A moyen terme,  les marchés actions devraient bénéficier des facteurs positifs. En Europe, c’est la confirmation de la reprise qui s’accompagne dorénavant de la hausse des crédits. Aux Etats-Unis et au Japon,  la hausse des salaires se diffuse et c’est un  nouveau facteur encourageant. Il semble même que l’écueil des valorisations ait été franchi et n’inquiète plus. C’est l’effet du retour de la confiance que nous avons maintes fois mentionné.

Tous ces éléments nous incitent à relever encore le potentiel de hausse des actions pour la fin d’année d’environ 5%  en Europe ou au Japon. Nous relevons les actions japonaises  à Surpondérer à moyen terme.
En revanche, le relèvement de nos objectifs à fin juin, ne fait qu’entériner les hausses du trimestre. A court terme, nous avons relevé notre position sur les actions européennes à Surpondérer et abaissé les actions américaines, privées du soutien du dollar, à Sous pondérer. Tactiquement, il faut toujours rester un peu vigilant compte tenu du risque grec et plutôt privilégier les achats sur repli. La rotation sectorielle se poursuit. Globalement les secteurs domestiques et cycliques sont favorisés mais ils commencent à subir des prises de profits temporaires qui nous renseignent sur la maturité de la hausse.
Nous avons abaissé à Neutre la note à Court Terme de l’Immobilier et des Biens de Consommation non cycliques et la note à Moyen Terme du secteur Alimentation/Boissons.
Nous avons relevé à Surpondérer la note à Moyen Terme du secteur Banque, qui va bénéficier de la reprise du crédit, et de la Chimie.

Sur le marché des devises, si la parité €/$ devrait osciller à court terme entre 1,05 et 1,12, le potentiel de hausse  à moyen terme reste non négligeable.
Alors que les taux souverains sont souvent négatifs en zone euro,la recherche de rendement devrait encore soutenir les emprunts d’Etats d’Europe du Sud, les obligations privées du secteur bancaire et les titres à haut rendement. Nous surpondérons à court terme les obligations convertibles de la zone euro. En revanche nous avons réduit les recommandations sur plusieurs autres classes de produits de taux (souverains AAA euro, obligations d’entreprises américaines et européennes).

www.cholet-dupont.fr

 

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