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Les différences en matière de politique monétaire se traduiront par une volatilité structurellement élevée

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« Une allocation dynamique et active des actifs occupera une place de plus en plus importante », affirme Hans Rademaker, Directeur des investissements de Robeco et membre du Directoire depuis 2010

Alors que l'année 2014 marquée par une volatilité croissante approche de son terme, Hans Rademaker dévoile ses prévisions pour l'année prochaine. Hans Rademaker, préfère adopter un horizon d'investissement à long terme, ce qui ne l'empêche pas d’avoir une opinion pour 2015. Selon lui, la croissance économique structurelle sera un thème clé pour les investisseurs. Il estime également que la volatilité des marchés sera élevée et que la performance des actifs présentera des écarts importants. Dans ce contexte, une allocation d'actifs dynamique et active des portefeuilles sera de plus en plus nécessaire.


Questions à
 Hans Rademaker

Comment décririez-vous les marchés financiers en 2014 ?

L'année a été marquée par une nouvelle baisse inattendue des taux d'intérêt. Le début du mois de janvier a été caractérisé par de faibles taux avant que ceux-ci ne continuent de diminuer, permettant ainsi de stimuler les cours de l'ensemble des grandes classes d'actifs à l'échelle mondiale. Durant les deux derniers mois, nous avons observé une hausse de la volatilité sur les marchés obligataires et des actions ainsi qu'une correction, ce qui n'a pourtant pas totalement surpris les observateurs. Début 2014, il me semblait que les valorisations de plusieurs classes d'actifs étaient tendues et qu'une telle correction n'était pas à exclure. 


Qu'est-ce qui occupe l'esprit des clients ?

Une question importante est de savoir comment les clients peuvent bénéficier de performances convenables sur les marchés obligataires durant une période marquée par des taux d'intérêt proches de zéro. Ils recherchent une forme de préservation du capital assortie d'un niveau de rendements et d'un degré de risque acceptables. Ils souhaitent également savoir combien de temps durera cette période de faibles taux. Une question associée à cet environnement est celle des différences croissantes entre les politiques monétaires des principales économies. La Fed et la Banque d'Angleterre prennent des mesures plus restrictives alors que la BCE et la Banque du Japon maintiendront probablement leurs politiques extrêmement accommodantes à court terme. 


Quelles sont les répercussions de ces différences de politiques monétaires ?

D'après moi, les différences de politique monétaire entraîneront une volatilité persistante et des écarts de performance croissants entre les diverses classes d'actifs aux États-Unis, en Europe et dans le reste du monde. Par ailleurs, dans la mesure où les marchés ont généralement perdu en attractivité, les protections permettant d'absorber les déceptions seront moindres. La situation géopolitique a également changé. Les tensions ont augmenté et le nombre de zones apparentées à des poudrières est élevé dans le monde. Citons par exemple l'Irak, la Syrie, la Corée du Nord, l'Afrique de l'Ouest et l'Ukraine.
Je table également sur d'importants écarts de performance entre les pays, ainsi qu'entre les actions des marchés émergents. L'allocation géographique jouera un rôle essentiel afin de générer une performance satisfaisante. Ces différences en matière de politique monétaire ont déjà eu des répercussions majeures sur les marchés des changes. Le dollar a progressé cette année alors que l'euro et le yen se sont dépréciés. D'après moi, cette tendance se poursuivra. 


Comment les investisseurs peuvent-ils faire face à une hausse de la volatilité des marchés et des écarts de performances ?

L'allocation d'actifs dynamique et active est plus importante que jamais. Une approche prudente consistant à maintenir des réserves de trésorerie peut également permettre aux investisseurs de saisir les nouvelles opportunités créées par ces marchés volatils. Nous disposons de stratégies particulièrement adaptées à ces contextes de marché car elles sont libres de dévier de l'indice de référence. Prenons par exemple Rorento, notre stratégie obligataire à performance absolue, ou Conservative Equities, notre stratégie à faible volatilité qui vise à limiter le risque baissier. 
La diversification reviendra au premier plan car la volatilité des marchés est en hausse et les corrélations entre les cours des actifs devraient être inférieures l'an prochain. L'époque durant laquelle il suffisait de déterminer si le marché traversait une phase d'appétit ou d'aversion pour le risque est passée. La diversification permettra de renforcer les portefeuilles des investisseurs. 


D'après vous, les marchés actions et obligations sont-ils actuellement surévalués ?

Sur la base d'indicateurs objectifs de valorisation, nous pouvons affirmer que de nombreux marchés obligataires sont onéreux, les taux d'intérêt et les spreads de crédit étant très faibles. S'agissant des marchés d'actions, la situation est plus nuancée. Certains titres de très grandes capitalisations, essentiellement des valeurs du secteur des technologies de l'information aux États-Unis, présentent des valorisations très élevées alors que de nombreuses moyennes et petites capitalisations affichent des valorisations plus neutres. 

Quel sera le thème d'investissement dominant en 2015 ?

Tout signe de croissance économique structurelle au sein des grandes économies restera un facteur clé à suivre cette année. Les différences en matière de politiques monétaires sont un thème nouveau qui influera sur les cours des actifs et qui génèrera davantage d'incertitudes.
Il a été beaucoup plus facile pour les États-Unis de restructurer leur secteur financier que pour l'Europe d'assainir ses bilans. Toutefois, celle-ci a démontré certaines capacités puisqu'elle est parvenue à assurer le maintien de la zone euro. Mais le processus de prise de décision est lent par rapport à celui des États-Unis.
La Fed donnera un signe de fermeté si elle commence à relever ses taux d'intérêt, une décision qui témoignera de la persistance de la croissance économique. A court terme, les tensions pourraient s'accroître sur les marchés de capitaux car les instruments sans risque présentent des valorisations plus attractives. Toutefois, cette réaction restera temporaire. La croissance contribuera à augmenter les revenus des entreprises qui permettront de couvrir facilement toute hausse des paiements d'intérêts. 


Quels seront les autres thèmes principaux de l'année prochaine ?

H.R : Les fonds de pension ont enregistré une croissance significative de leurs actifs attribuable à la sensibilité de leurs portefeuilles aux taux d'intérêt. Ils détiennent des obligations afin d'honorer leurs engagements futurs. Il serait dommage que ces gains viennent à disparaître lorsque les taux d'intérêt augmenteront sachant qu'il existe d'autres stratégies d'investissement disponibles. Nous avons initié un dialogue avec nos clients afin de les aider à prendre des décisions judicieuses.
Il en ressort que l'importance de la durabilité progresse clairement. Les investisseurs ne s'intéressent plus seulement au risque et au rendement, mais également à la durabilité. Nous pourrions décrire ce phénomène comme la troisième dimension de l'investissement. Et nous sommes convaincus qu'il est possible de conjuguer avec succès ces trois dimensions.

 

« L'importance de la durabilité progresse clairement »

Par durabilité, nous entendons l'abandon du contrôle passif du profil de durabilité d'un portefeuille au profit d'un renforcement actif de ces profils. Cette forme d'investissement activiste pourrait être baptisée « investissement à impact ». Certains clients exigent un portefeuille plus concentré composé d'environ 30 à 35 valeurs afin d'avoir plus d'impact sur la durabilité des entreprises dans lesquelles ils investissent. Ce style de gestion suscite de l'intérêt en Scandinavie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni particulièrement. 

Quelles évolutions de l'investissement quantitatif prévoyez-vous au sein de Robeco ?

Nous assisterons à de nouveaux développements dans le domaine de l'investissement factoriel, ce qui est très important pour Robeco car nous considérons ce type de gestion comme une troisième voie d'investissement, entre gestion active et gestion passive. Premièrement, s'agissant des actions, nos solutions factorielles offrent une exposition diversifiée à de multiples facteurs. L'intérêt des investisseurs pour de telles solutions est voué à se renforcer. Deuxièmement, l'investissement factoriel occupera également une place plus importante dans le segment des crédits. Troisièmement, je pense que sur le long terme les stratégies factorielles seront de plus en plus mises en œuvre selon une approche ‘top-down’ au sein des différentes grandes classes d'actifs. Il s'agit d'un domaine prometteur pour le département Robeco Investment Solutions. 
Par ailleurs, il est possible de conjuguer des stratégies quantitatives et fondamentales distinctes afin d'offrir de la diversification, ce qui renforce également le concept d'investissement quantitatif. A titre d'exemple, il existe des stratégies « value » fondamentales qui peuvent être combinées avec des stratégies « value » quantitatives. Ces combinaisons auront des répercussions majeures pour les investisseurs. Un nouveau cadre d'allocation d'actifs est en cours d'établissement. 


« Nouveaux développements dans le domaine de l'investissement factoriel » 


Quelles seront les tendances de la gestion d'actifs l'an prochain ?

Les clients feront des choix plus fondés en comparant les coûts et les avantages des différentes alternatives d’investissement. Les stratégies de fortes convictions et leurs portefeuilles plus concentrés deviendront de plus en plus populaires en plus des stratégies indicielles. La conjugaison de stratégies de convictions et de stratégies indicielles baptisée investissement « barbell » (haltères) pilotées par un budget de coût explicite rencontrera également du succès.
L'investissement factoriel poursuivra sa croissance aux dépens de stratégies indicielles qui ne créent pas de valeur-ajoutée. 


Quel est le positionnement de Robeco par rapport à d'autres gestionnaires d'actifs ?

Nous disposons d'une large gamme de produits de qualité qui répondent aux besoins de nos clients. Les conditions de base pour obtenir une performance future élevée sont réunies. Les équipes d'analystes et de gérants de portefeuilles fonctionnent de manière optimale. Nous ne cherchons pas à faire de gros profits à court terme et ne dépendons pas d'un seul gérant star.
Ces équipes fonctionnent efficacement sur le plan humain et les efforts individuels parviennent à contribuer au résultat général. Nous ne souhaitons pas devenir une « grosse machine bureaucratique » où les employés travaillent dans l'anonymat. Robeco adopte un programme destiné aux jeunes talents qui leur offre de nombreux défis à relever. Et nous nous devons d'innover en permanence. A titre d'exemple, nous renforcerons nos efforts dans les stratégies d'allocation quantitative.
Tout compte fait, Robeco mène plusieurs objectifs de front et je suis convaincu que nous parviendrons à prospérer dans des conditions de marché plus volatiles et divergentes. Nous sommes un groupe solide. 

www.robeco.fr

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

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