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Allocation Stratégique d’Actifs de Barings

ER - Analyses de marchés
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Par Marino Valensise, Head of Global Multi Asset Group de Barings

 

Le contexte

Selon nous, l’économie américaine a fait preuve de résilience profitant maintenant d’une amélioration sur le front de l’emploi et d’un taux de croissance de son économie raisonnable. Pourtant, depuis la fin de l’été, un certain nombre de données font état d’un ralentissement de l’activité économique globale, et ce tout particulièrement en Europe. Pendant la deuxième quinzaine de septembre, les acteurs du marché ont pris acte de cette détérioration en vendant des actifs risqués. 

Mi-octobre, la publication des chiffres des ventes au détail aux Etats-Unis a accentué ce mouvement baissier. Compte tenu de la faiblesse de la déception (-0,3% contre  -0,1% escompté par le consensus), la réaction des marchés a été très violente. La crainte était que la faiblesse européenne ne se soit répandue aux Etats-Unis. Pour notre part, nous restons positifs sur les perspectives américaines. En ce qui concerne les données économiques, les Etats-Unis nous apparaissent comme un phare lumineux. Le pays devrait continuer à bénéficier d’un faible taux de chômage, ce qui est favorable au secteur de la consommation. La baisse des prix de l’énergie devrait également profiter à l’économie américaine. Outre Atlantique, le PIB enregistre une croissance de 3,5% en données annualisées pour le 3ème trimestre et nous pensons que les prochaines données resteront positives.

Parallèlement, en Europe, les politiques de soutien à la croissance n’ont pas été assez efficaces et l’atonie prolongée de nombreux établissements bancaires prive les entreprises des crédits dont elles auraient besoin. Dans un monde où l’activité économique ralentit, les exportateurs européens commencent eux aussi à souffrir, et cela se ressent notamment en Allemagne. Si l’Allemagne souffre suffisamment, le débat sur l’assouplissement quantitatif pourrait être soutenu par les politiques, permettant ainsi une action plus agressive de la Banque Centrale Européenne. L’assouplissement quantitatif, voire également un euro plus faible, pourraient venir à la rescousse. Cependant, nous estimons que les rendements obligataires sont déjà très bas et l’assouplissement quantitatif européen pourrait se montrer moins efficace pour la croissance que ne l’avait été l’action de la Fed. A court terme, aboutir à un consensus politique sur le sujet impliquerait aussi une nette dégradation en Allemagne. A nos yeux, tout ceci pèse sur les perspectives européennes, tant pour la croissance que pour les bénéfices des entreprises.

Au Japon, les bénéfices des entreprises restent bien orientés. Au sein du gouvernement, on commence à débattre de la deuxième phase de hausse de la TVA. Selon nous, cette mesure devrait être différée à moins d’être prise de façon conjointe avec d’autres réformes fiscales et ce afin d’alléger la charge fiscale des entreprises. Ceci constituera une décision majeure pour l’évolution de la croissance japonaise pour les six à douze prochains mois. Nous aurons plus de visibilité début décembre. Une décision positive ouvrirait la voie vers une croissance nettement supérieure et une amélioration des bénéfices des entreprises. 
La situation est contrastée sur les marchés émergents, avec certains pays confrontés à des défis structurels. Les données restent sombres en Chine et la situation pourrait être pire que prévue.

De notre point de vue, dans un monde où la croissance a ralenti, nous pensons que l’inflation américaine va rester faible et ce pour plusieurs raisons comme la hausse du dollar et la baisse des prix de l’énergie. Selon nous, la Fed n’a donc aucune raison de précipiter la hausse des taux et devrait au contraire conserver des taux plus bas plus longtemps, ce qui oriente notre allocation d’actifs.


Allocations d’actifs


Nous restons neutres sur les actions dans la mesure où, selon notre indicateur de risque, les valorisations ne sont pas très élevées. Compte tenu de la conjoncture actuelle, nous privilégions toujours les actions américaines et japonaises au sein de cette classe d’actifs. D’autre part, compte tenu d’un possible ralentissement de la croissance mondiale, nous avons revu à la hausse notre allocation sur les télécoms et au contraire à la baisse celle sur des secteurs plus cycliques comme l’industrie et les matériaux, maintenant neutres.

Nous avons revalorisé les actions liées à l’inflation (US TIPS). Même dans un environnement de faible inflation comme actuellement, nous estimons qu’il existe des opportunités et que de petites hausses inflationnistes suffisent à ajouter de la valeur.

Enfin, compte tenu des derniers mouvements de marché, les obligations à haut rendement américaines s’approchent de niveaux de valorisation raisonnables et nous les avons de ce fait revalorisées quelque peu.

www.barings.com

 

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