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Conjoncture économique : analyses & perspectives à 12 mois de Lazard Frères Gestion

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1/ Conjoncture économique

Etats-Unis

> Scénario :
La croissance devrait se raffermir et la poursuite de la baisse du taux de chômage va permettre à la Réserve Fédérale de bientôt mettre un terme à ses achats de titres.

> Evolution récente :
- La croissance a rebondi à 4,6 % en rythme annualisé au 2ème  trimestre, après un trou d’air au 1er trimestre. L’activité a été soutenue par la demande domestique mais elle a été pénalisée par le commerce extérieur.
-  Les créations d’emplois dans le secteur privé ont ralenti à 132 000 au mois d’août après avoir été très dynamiques depuis le début de l’année. Le taux de chômage est passé de 6,2  à 6,1%.
- L’indice ISM manufacturier a progressé de 1,9 point à 59,0, un plus haut depuis mars 2011, et l’ISM non-manufacturier a augmenté de 0,9 point à 59,6, son niveau le plus élevé depuis août 2005.
- La consommation des ménages a diminué de 0,2% au mois de juillet mais les ventes au détail étaient bien orientées au mois d’août.

A surveiller : Lors de son discours à Jackson Hole fin août, Janet Yellen a reconnu que la baisse du taux de chômage est plus rapide qu’anticipée mais elle considère que le marché du travail est moins tendu que ce seul indicateur ne l’indique. Néanmoins, il a été précisé que si l’amélioration du marché du travail continue à être plus rapide que prévu, la hausse des taux d’intérêt pourrait arriver plus tôt et être plus rapide qu’attendu par le Comité. En l’absence d’une remontée du taux de participation, la baisse rapide du taux de chômage devrait se poursuivre si les créations d’emplois se stabilisent autour de 200 000 par mois.


Zone Euro

> Scénario :
La croissance accélère progressivement dans la zone euro, ce qui devrait limiter le risque de déflation.

> Évolution récente :
- Le PIB a progressé de 0,1% en rythme annualisé au 2ème trimestre ce qui est décevant par rapport au message des enquêtes. Le déstockage et la correction de l’investissement en Allemagne expliquent l’essentiel de la déception.

- L’indice PMI composite de la zone est passé de 53,8 en juillet à 52,5 en août, ce qui reste cohérent avec une accélération de la croissance au troisième trimestre.

- L’inflation a ralenti à 0,3% sur un an en estimation avancée pour le mois d’août après 0,4% en juillet. L’inflation sous-jacente a accéléré modérément pour s’établir à 0,9% sur douze mois.

- Les ventes au détail hors automobiles ont reculé de 0,4% en juillet sur un mois mais demeurent sur une tendance haussière.

A surveiller : Dans un contexte de faible croissance du crédit et face à la dégradation des anticipations d’inflation et à la faiblesse de l’activité, la BCE a annoncé, en septembre, de nouvelles mesures d’assouplissement. Les taux d’intérêt de la politique monétaire ont été abaissés de 10 points de base chacun et le taux de refinancement a ainsi été ramené à 0,05%. Ces mesures viennent renforcer et compléter celles qui avaient été prises en juin en y ajoutant un plan d’achat d’obligations sécurisées et de titres adossés à des actifs (ABS). Celles-ci devraient permettre une poursuite du mouvement de dépréciation de la devise.


Royaume-Uni

Le PIB britannique a progressé de 3,4% en rythme annualisé au 2ème trimestre et les indices PMI sont restés bien orientés au mois d’août. L’indice PMI composite est passé de 58,6 à 59,3, l’amélioration des indices PMI dans les secteurs des services et de la construction ayant plus que compensé le recul du PMI manufacturier. Le taux de chômage a poursuivi sa baisse en juin pour s’établir à 6,4% au 2ème trimestre mais la croissance des salaires reste faible. Les salaires nominaux ont en moyenne reculé de 0,2% sur un an au cours des trois derniers mois.

 

2/ Perspectives économiques et financières à 12 mois

Globalement, la situation économique est meilleure, tirée par les Etats-Unis, avec une croissance autour de 3%. Mais cela masque des évolutions contrastées dont les conséquences vont se retrouver dans les politiques monétaires. Matthieu Grouès, Associé-Gérant et Directeur des gestions, détaille son analyse et fait part de ses perspectives.


Aux Etats-Unis, après un accident de parcours au 1er trimestre, la croissance a fortement rebondi. Pourquoi ?

L’investissement est bien orienté, alors que la construction de logements reste en deçà des besoins, laissant une marge de croissance à l’avenir.
Les créations d’emplois se maintiennent à un niveau élevé, ce qui devrait amener la Réserve Fédérale à remonter ses taux l’année prochaine.
Nous entrons dans une nouvelle phase du cycle économique qui pourrait, selon nous, durer encore au moins trois ans, avant que la hausse des taux ne provoque un ralentissement de la croissance. La Réserve Fédérale devrait progressivement normaliser sa politique monétaire et pourrait ainsi assurer un « soft landing ».


Zone euro, quels facteurs devraient aider l’activité à décoller ?

La stagnation du 2ème trimestre sous-estime la situation réelle de l’économie de la zone euro. En Allemagne, après un accident au 2ème trimestre, la croissance devrait se redresser. L’activité accélère en Espagne, en Irlande et au Portugal. L’enjeu porte sur la France et l’Italie qui devront réformer leur économie afin de soutenir la croissance et gagner la clémence de la Commission Européenne concernant le budget.
L’activité économique se redresse progressivement. La probabilité de déflation nous semble limitée. Baisse de la devise, croissance du crédit et politique budgétaire plus favorable devraient permettre une accélération de la croissance.


Reste du monde, situation satisfaisante mais hétérogène ?

Effectivement, les indicateurs de conjoncture sont globalement mieux orientés, mais des divergences marquées subsistent ; le Brésil souffre, l’Asie résiste bien. Les exportations vers les pays développés sont en hausse. Certains pays pourraient cependant pâtir d’une remontée trop rapide des taux américains.


Marchés obligataires et change : la baisse des taux longs n’est-elle pas exagérée ?

En effet, les fondamentaux ne justifient plus des taux si bas. La Réserve Fédérale devrait rapidement normaliser sa politique monétaire et remonter ses taux. Cette remontée aux Etats-Unis aura un impact à la hausse sur les taux longs européens, les taux courts restant bas.


Maintenez-vous vos recommandations sur le marché actions européennes ?

La baisse de l’euro devrait soutenir les entreprises par la revalorisation mécanique du chiffre d’affaires et les gains de compétitivité. Les prévisions de résultats sont en baisse, mais c’est dans la zone euro que les prévisions de croissance de résultats sont les plus élevées sur 2 ans. Aux Etats-Unis, les profits des entreprises ont fortement augmenté et la nouvelle phase du cycle pourrait être moins favorable à leur croissance.

www.lazardfreresgestion.fr

 

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