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Le tryptique pétrole, croissance et déflation

ER - Analyses de marchés
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Une note de Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque

Tout indique que la dépréciation des prix du baril va se poursuivre dans les prochains mois sous l’effet de la conjonction d’une baisse de la demande mondiale et d’un reflux du risque géopolitique. La prime de risque liée aux évènements de l’été dans le croissant mésopotamien et en Europe de l’Est n’est désormais plus intégrée dans les cours, le marché se tournant maintenant vers les indicateurs macroéconomiques, notamment en Chine et outre-Atlantique.

Bien que la reprise de l’activité soit indéniable, de nombreuses zones de stagnation subsistent, au premier rang desquelles la zone euro. On aurait pu croire que la demande de pétrole soit soutenue dans un premier temps par les bonnes perspectives de croissance américaine pour 2014 et 2015 mais c’est sans compter le fait que les Etats-Unis soient devenus exportateurs nets de pétrole à la faveur de lourds investissements à la fois dans le pétrole conventionnel mais surtout non conventionnel.

Du point de vue de l’OPEP, il parait improbable que l’organisation commence à s’inquiéter du niveau des prix tant qu’ils sont au-dessus des 80 – 85 USD le baril. C’est  la zone à ne pas franchir pour ne pas nuire au développement économique des membres du cartel. D’ici là, tout au plus, peut-on s’attendre à un léger ajustement  à la baisse de la production dans les prochains mois, en particulier de l’Arabie Saoudite, pour faire face à cette nouvelle donne. Pour l’instant, à en juger par leurs derniers commentaires, les principaux représentants de l’OPEP ne croient pas à un mouvement de reflux durable.

Ce repli des prix du baril constitue en tout cas une véritable opportunité pour renforcer la croissance. Depuis 2011, les économies mondiales se sont habituées à un prix du baril autour des 110 dollars, pénalisant souvent la sortie de crise. Une dépréciation durable de l’ordre de 15 à 20% serait une véritable bouffée d’air frais pour de nombreux pays et permettrait de retrouver une marge de manœuvre significative. En revanche, la baisse des prix de l’énergie, si elle est pérenne, va entretenir les craintes de déflation et souvent mettre en difficulté la politique monétaire, en particulier dans la zone euro, qui est souvent seule apte à lutter contre ce risque. C’est le revers de la médaille.

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