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Les banques centrales des pays développés font face à un dilemme

ER - Analyses de marchés
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Par Percival Stanion, Head of Global Multi Asset Group de Barings  


En juin, Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a déclaré en juin que les taux d’intérêt pourraient monter plus tôt que ce qu’anticipent les marchés. Sa déclaration, suivie d’un démenti quelques jours plus tard, illustre le dilemme vécu par les banques centrales dans les pays développés. D’un côté, elles cherchent à gérer les attentes des marchés face à une fin éventuelle des politiques monétaires actuelles ultra-accommodantes. Mais, d’autre part, les données de l’économie réelle sont encore trop faibles sur de nombreux marchés pour envisager une hausse des taux. Dans chaque pays développé, les banques centrales doivent ainsi surmonter un problème de communication délicat et veiller à ne pas entamer leur propre crédibilité.

 

Aux Etats Unis, les rigueurs de l’hiver ont amplifié la confusion. La croissance de PIB du premier trimestre a été revue à la baisse à  2,9% ce qui va inévitablement faire baisser le taux de croissance global pour 2014. Selon nous, le rattrapage des dépenses au deuxième trimestre pourrait temporairement dynamiser les données mais cela pourrait retomber au deuxième semestre. Dans le cadre d’une activité économique faible, nous estimons que les pressions inflationnistes vont rester relativement modestes et que la Fed préférera maintenir ses taux inchangés jusqu’à au moins 2015. Son double mandat, qui consiste à favoriser croissance et plein emploi, oblige les politiques à créer les conditions favorables à la création d’emplois. En dépit d’une baisse du chômage, il reste un nombre considérable de chômeurs de longue durée. Néanmoins, une forte baisse du chômage ou une hausse de l’inflation pourraient obliger la Fed à intervenir plus tôt sous peine de risquer de porter atteinte à sa crédibilité.


Au Royaume-Uni,
Mark Carney est allé à l’encontre de ses propres orientations politiques en suggérant la possibilité d’une hausse des taux plus rapide. Cela a pu ébranler des positions surendettées. Mais, à présent, il va devoir veiller à préserver sa crédibilité auprès des marchés. Les premières données sur le marché immobilier font état d’un ramollissement après la mise en place de conditions plus strictes sur les prêts. Ceci pourrait suffire pour ralentir le taux de croissance de l’économie britannique qui vient d’atteindre un record de 3% mais aussi pour retarder la première hausse des taux jusqu’à l’an prochain.Cependant, à notre avis, si la hausse de l’emploi et des salaires se poursuit, la Banque d’Angleterre pourrait être contrainte d’agir plus vite sous peine de risquer une importante perte de confiance.


En Europe, Mario Draghi est en train de transformer avec succès la BCE en une institution plus pragmatique, par exemple en restant engagé dans un dialogue permanent avec les marchés. La reprise en Europe se confirme et la hausse du PIB pourrait atteindre 1,5% cette année. Cependant, les forces déflationnistes restent puissantes, et ce essentiellement dans les pays de l’UE les plus faibles. Mario Draghi a présenté un ensemble de mesures pour lutter contre cette tendance et en particulier pour trouver une solution au problème des coûts élevés du crédit pour les petites et moyennes entreprises du Sud de l’Europe. Les marchés ont bien réagi à la plupart de ces initiatives, mais avec bientôt la mise en place d’un programme tangible, les choses pourraient s’avérer plus difficiles.

 

Allocation d’actifs

Globalement, les politiques monétaires mondiales semblent encore très favorables à la croissance économique, ce qui conforte notre surpondération sur les actions. Cependant, nous avons enregistré une forte hausse des valorisations au cours des dix-huit derniers mois. Alors que les perspectives de croissance des bénéfices sont modestes, un nouveau bond des valorisations nous semble donc peu probable. La hausse pourrait donc être lente sur les marchés actions et ce même si leur évolution reste supérieure à celle des autres classes d’actifs.

Nous surpondérons les actions japonaises qui pourraient surprendre des investisseurs encore largement sceptiques. Par rapport à leurs pairs, leurs valorisations sont attractives avec de belles perspectives de croissance des bénéfices.

Ailleurs, nous avons revalorisé les actions émergentes de sous-pondérées à neutres. Les valorisations sont désormais raisonnables et les perspectives de croissance supérieures à celles des pays développés.

Nous avons rétrogradé les actions européennes, maintenant sous-pondérées compte tenu de la fragilité du système bancaire et des conséquences possibles des nouvelles règles de Bâle III qui pourraient faire dérailler les initiatives de Mario Draghi.

Nous n’avons pas changé nos notations sur les obligations gouvernementales. Nous avons en revanche rétrogradé le high yield à sous-pondéré. La valorisation baisse et les conditions de liquidité rendent les transactions plus difficiles. Nous trouvons plus de potentiel sur les obligations émergentes en monnaies locales sur lesquelles nous restons surpondérés.

Sur le plan sectoriel, nous avons revalorisé l’énergie désormais neutre. Nous avons rétrogradé les financières, également neutres, ainsi que les télécoms et services publics désormais sous-pondérés.

En ce qui concerne les devises, nous sommes maintenant sous-pondérés sur la livre sterling après son rallye et nous avons revalorisé le yen à neutre.

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