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Point de vue : Zone euro : le risque systémique s'éloigne

ER - Analyses de marchés
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Ce commentaire daté du 19 octobre 2012 est signé Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France

Les marchés boursiers européens ne se portent si mal. Les échéances de la semaine, entre publications de résultats et Sommet Européen, lors duquel  les dirigeants politiques doivent ressortir le bleu de chauffe pour statuer sur la crise de la dette, ne semblent pas altérer la relative sérénité des indices. Après avoir gagné quasiment 4% lors des trois premières séances de la semaine, l’indice Cac 40 a résisté aujourd’hui (+0.22%) pour se maintenir au dessus de la barre des 3.500 points, un niveau encore inespéré au début du dernier été. La différence essentielle avec la configuration de marché qui prévalait à l’époque ? La disparition du risque systémique, grâce au volontarisme de la banque centrale.

La pause boursière du jour s’explique par l’attentisme des investisseurs qui vont observer attentivement les avancées du Sommet Européen, aujourd’hui et demain. Plusieurs dossiers chauds seront sur la table de l’Union Européenne, en premier lieu desquels la supervision bancaire, processus jugé indispensable pour permettre la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme Européen de Stabilité (MES).

Concernant les pays européens les plus « attaqués » sur leur dette, l’accalmie remarquée sur les taux souverains espagnols lors des dernières émissions obligataires (taux à 10 ans désormais à 5.45%) a contribué à rassurer les marchés et convaincu l’agence Moody’s de maintenir la notation ibérique.

Il n’empêche que  l’Espagne ne pourra faire l’économie d’un au recours au plan de sauvetage de la BCE. Longtemps attendu par les acteurs des marchés financiers, la sollicitation du programme de rachats d’actifs de la BCE, via le MES, pourrait intervenir la semaine prochaine ou début novembre. 

Parallèlement, la « Troika » (UE,FMI,BCE) vient d’achever sa mission à Athènes et espère voir le gouvernement hellène imposer de nouvelles réformes d’austérité, condition indispensable pour obtenir la tranche d’aide de 31.5 Mds d’euros promise en juin par les bailleurs de fonds internationaux.  Ces mesures doivent être entérinées au Parlement grec, à une date non définie.  Aujourd’hui, la perspective d’une cure d’austérité encore plus sévère a fait réagir la population et paralysé le pays.

Si la donne politique européenne inspire la prudence, les récentes publications d’entreprises (Ebay, Goldman Sachs, Bank of America, LVMH) peuvent être accueillies avec optimisme. Certes ces résultats ne sont pas tonitruants, mais ils ont le mérite d’être plutôt conformes aux attentes, ce qui ne produira pas de déception particulière en bourse. Autre « newsflow » rassurant, les chiffres encourageants de la croissance chinoise au troisième trimestre. Conforme aux attentes, le rythme de croissance du PIB à +7.4% s’est nourri de la progression des ventes de détail (+14.2%) et de la production industrielle (+9.2%) en septembre. Une bonne nouvelle qui pourrait permettre aux marchés boursiers chinois de repartir de l’avant après la forte correction concédée au cours des mois précédents.

 

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