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VIX : l’indice de la « peur »

ER - Analyses de marchés
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Par Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d’IG France

Le plus populaire des indices de volatilité, le VIX, qui s’applique sur l’indice américain SP500, a récemment fait une nouvelle incursion sous 12, atteignant ainsi ses plus bas niveaux annuels et rampant sur les plus bas niveaux de 2013, année de forte détente du risque sur les marchés.
Historiquement, cette zone entre 10 et 15 est une zone dans laquelle le marché n’a fait que quelques incursions par le passé. Ce fut le cas entre 2004 et 2006 avant que n’apparaissent les premières tensions liées au marché des subprimes. Avant ça, il faut remonter au milieu des années 90, plus précisément entre 1993 et 1995, bien avant la bulle internet, pour remarquer une telle absence de volatilité sur les marchés…
Nous vivons donc une période « historique » de faible volatilité sur les marchés actions et notamment sur les marchés actions américains. Un membre de la FED, Richard Fisher, s’en est récemment ému, se disant « préoccupé par le manque de volatilité » tout en estimant que les actions US « n’étaient pas surévaluées »… ce qui semble plutôt paradoxal pour un banquier central dont l’action et la communication visent en partie à éviter les mouvement erratiques sur les marchés financiers.
La phase récente de faible volatilité trouve ses origines en 2012, au second semestre lors du lancement du 3ème plan d’assouplissement de la FED (QE3). Depuis cette période, le VIX s’est contenté d’évoluer entre 10 et 25… alors qu’il avait connu deux pics au-dessus de 45 en 2010 et 2011, sans oublier l’envolée au-dessus de 80 en 2008, quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers, au plus fort de la crise des subprimes. L’annonce du ralentissement des achats d’actifs pas la FED fin 2013 aurait pu provoquer un retour de la volatilité sur les marchés américains mais il n’en a rien été, la volatilité s’est contentée de se déplacer sur les marchés émergents, par crainte de voir l’abondance de liquidités se tarir rapidement.
La volatilité reste faible en raison du discours toujours accommodant de la FED qui, malgré la poursuite du tapering, laisse entrevoir la possibilité d’une pause si la situation économique le nécessite. Alors que les marchés auraient pu s’inquiéter du ralentissement du PIB US au 1er trimestre, la FED l’a attribué aux évènements climatiques, qualifiant la situation de « transitoire », donc pas d’inquiétude apparente.

Pourtant le risque est bien réel : le risque d’avoir une volatilité trop basse trop longtemps est de créer l’environnement favorable à des mouvements de marchés correctifs violents, surtout lorsque cette étonnante stabilité perdure après une hausse de 270% sur le Nasdaq 100 entre 2009 et 2014 (dont un mouvement exponentiel entre 2012 et 2014) ou encore 185% sur le SP500.
Cette stabilité peut paraître d’autant plus « surprenante » que plusieurs statistiques ces derniers mois montrent un tassement du momentum du secteur immobilier déjà durement touché lors de la crise des subprimes. Sans oublier les risques géopolitiques toujours présents sur l’Ukraine ou encore le ralentissement de l’activité en Chine et les risques crédits associés…

Actuellement à 13, un retour du VIX dans la zone 15/20 pourrait marquer le début d’une phase de correction de plus grande ampleur sur les marchés actions américains et européens, sachant que la volatilité sur le CAC40 est similaire à celle observée sur le SP500 depuis 2012.

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