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Gestion flexible : trois moteurs, sinon rien !

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Par Christian Jimenez, Président de Diamant Bleu Gestion, Professeur agrégé d’économie

La principale vertu d’une authentique gestion diversifiée flexible est de protéger le capital investi, pour lui faire traverser tous les cycles de marché sans embuche. Exigée par les investisseurs, cette capacité d’adaptation et de robustesse vis-à-vis d’éventuels accès de volatilité n’est pourtant pas innée. En effet, les gérants d’actifs ont à leur disposition trois moteurs essentiels qu’ils doivent exploiter avec justesse en permanence, souvent simultanément, pour tirer parti des conditions de marché.

Le premier s’appuie sur une lecture des tendances longues, liée aux fondamentaux des marchés et au contexte macroéconomique. Il s’agit dans ce cas de régler l’exposition aux actions (delta) en capitalisant sur des convictions structurelles à un horizon de un à trois ans. Une fois le niveau d’exposition déterminé, il convient d’en suivre la sensibilité, plus communément appelée « beta ». En effet, un niveau d’exposition donné peut être atteint de différentes manières, par exemple en surexposant le portefeuille avec une sensibilité faible ou en le sous-exposant avec une sensibilité forte. Ce paramètre, le delta ajusté du beta, est généralement prépondérant dans le sens où il explique à lui seul une grande partie de la performance. Lorsqu’un marché dit « de tendance » se dessine, comme cela a été particulièrement le cas en 2012 et en 2013, avec le mouvement de rattrapage des actions qui a alimenté un remarquable rally haussier, c’est évidemment ce moteur qu’il faut essentiellement actionner.

Le deuxième, catalyseur potentiel, le moteur « volatilité ». Le pilotage actif de la volatilité dans un portefeuille permet non seulement de gérer constamment le niveau de risque de celui-ci en fonction des objectifs de préservation du capital et du profil rendement/risque prédéfinis, mais aussi de profiter du contexte de marché pour générer des performances à court terme. Ce levier est particulièrement attractif lorsque le marché subit des amplitudes marquées, souvent inexpliquées (ou expliquées par de mauvaises raisons, comme le rachat de positions shorts par des hedge funds). L’exploitation de la volatilité fait ses preuves dans un marché dit de trading range, où il faut tirer parti des variations à court terme, à l’échelle d’une ou de quelques séances (day-trading). C’est dans ces conditions que la volatilité offre le plus d’opportunités de gains.

Le troisième mise sur le portage obligataire. Dans un marché neutre où peu de tendances longues et robustes émergent sur les actions, cette stratégie consiste à profiter de la rémunération offerte par les obligations souveraines ou corporate à long terme. Il s’agit alors de privilégier les signatures d’émetteurs de notation correcte mais présentant une décote substantielle, sur des maturités longues et à conserver jusqu’à échéance. L’optimisation du portage permet – hors accident de défaut contre lequel il faut se prémunir – des rendements élevés et un remboursement au pair.

Aujourd’hui, sur quel(s) moteur(s) de gestion le curseur doit-il être positionné ? A la différence de 2013, les trois premiers mois de l’année ont été marqués par davantage de secousses sur les marchés boursiers et la progression des actions s’est avérée moins soutenue, faute d’orientation haussière aussi tranchée qu’auparavant. Cet environnement a justifié la mise en place de stratégies de trading de court terme, via l’exploitation de la volatilité. Depuis quelques semaines, on observe néanmoins une évolution. Le retour d’un marché de tendance semble se matérialiser laissant un peu plus de place aux positions actions longues. Il est donc judicieux d’activer simultanément les moteurs « volatilité » et « tendances longues » actuellement.

En revanche, le portage est aujourd’hui bien moins attrayant. Avec le risque de hausse des taux qu’induit la fin de la politique monétaire expansionniste aux Etats-Unis, la conservation de titres obligataires jusqu’à leur remboursement peut devenir pénalisante. La partie longue de la courbe de taux est plus exposée aux contreperformances.

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